Une information préventive sur les risques d’exposition au radon doit désormais être fournie à tout locataire ou acquéreur potentiel. En cas de présence de radon dans un logement, il reste toutefois possible de recourir à un système de ventilation mécanique par insufflation pour s’en protéger. © Francesco Scatena, Fotolia

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Se protéger du radon grâce à la ventilation mécanique par insufflation

Question/RéponseClassé sous :Bâtiment , exposition au radon , radon

Le radon est un gaz incolore et inodore. Il est surtout radioactif. Et reconnu comme cancérigène. Un problème notamment lorsqu'il est présent dans l'air intérieur des lieux publics que nous fréquentons, et même de nos propres maisons. Heureusement, il existe aujourd'hui des systèmes tels que la ventilation mécanique par insufflation qui permettent de se protéger du radon. Explications.

Dans le Finistère - et plus largement en Bretagne -, le radon menace la santé publique. Mais si ce gaz à la fâcheuse tendance à se concentrer dans les sous-sols et les rez-de-chaussée des maisons, une bonne ventilation permet d'éviter son installation dans les domiciles. C'est pourquoi certains spécialistes locaux de l'aération des maisons ont décidé de se saisir du problème. Ainsi Le Goff BTR, une entreprise spécialiste du traitement de la maison, travaille aujourd'hui en collaboration avec Ventilairsec, le fabricant de ventilations VMI®, et NEOSFAIR, son bureau d'étude dédié à la remédiation du radon. Leur objectif : protéger les particuliers du radon grâce à une solution de ventilation mécanique par insufflation.

Mais le radon, qu'est-ce que c'est exactement ? Le radon est un gaz radioactif d'origine naturelle. Il résulte de la désintégration de l'uranium et du radium présents dans la croûte terrestre. Et certaines roches en contiennent plus que d'autres. Le granit, par exemple, ce qui explique pourquoi l'on en trouve particulièrement en Bretagne. L'ennui, c'est que la porosité des roches laisse filtrer le radon qui se mélange à l'air que nous respirons. Une fois inhalé, le radon se désintègre en descendants solides, eux-mêmes radioactifs, qui se fixent sur les cellules pulmonaires.

De manière générale, la concentration en radon de l'air libre est faible. Dans les lieux fermés que sont les lieux publics ou nos maisons, le radon peut toutefois s'accumuler et sa concentration atteindre les milliers de becquerels par mètre cube (Bq/m3) ! Or, plusieurs études épidémiologiques se rejoignent à ce sujet, une exposition domestique prolongée expose à un risque avéré de développer un cancer du poumon. Un risque qui augmente avec la concentration de radon dans l'air respiré et avec la durée pendant laquelle on le respire (augmentation de 16 % du risque tous les 100 Bq/m3 selon le Bulletin épidémiologique hebdomadaire publié par Santé publique France). Ainsi une exposition de longue durée à des concentrations relativement faibles est plus nocive qu'une exposition courte à des concentrations nettement plus élevées.

L’exposition au radon serait la deuxième cause de mortalité par cancer du poumon après le tabac et avant l’amiante. Depuis le 1er juillet 2018 d’ailleurs, l’état des risques et pollutions établi au moment de vendre ou louer un bien immobilier inclut les risques d’exposition au radon. L’Institut de radioprotection et de sureté nucléaire (IRSN) propose une carte qui permet d’en savoir un peu plus sur le potentiel radon de la commune dans laquelle vous vivez. © Institut de radioprotection et de sureté nucléaire

La ventilation mécanique par insufflation, une solution simple

Le constat fait peur. Pourtant, pour remédier rapidement et efficacement au problème de l'exposition au radon, il existe des solutions. La ventilation mécanique par insufflation (VMI®) - aussi connue sous le terme de VMC par insufflation - est l'une d'entre elles. Une technologie d'autant plus intéressante qu'elle se montre également efficace contre les autres polluants de l'air intérieur tels que les particules fines ou les composés organiques volatils (COV) par exemple. Comment ? L'idée de la VMI® est de prendre de l'air neuf à l'extérieur, de le filtrer puis de l'insuffler en un ou plusieurs points de la maison. La légère surpression générée permet alors de s'opposer aux remontées du radon qui s'infiltre depuis le sous-sol. La VMI® renouvelle aussi l'air des différentes pièces de la maison avant d'être évacué par ses ouvertures (grilles d'aération au-dessus des fenêtres), emportant avec lui les différents polluants intérieurs (COV, humidité excessive, etc.).

L'avantage de ce système de ventilation mécanique par insufflation, c'est qu'il est relativement simple à installer. Y compris en rénovation. Une ouverture dans la toiture avec installation d'un chapeau de toit s'il est localisé dans les combles. Ou alors un carottage sur un mur avec pose en applique apparente. Et pour encourager la circulation de l'air dans la maison puis l'évacuer vers l'extérieur, quelques réglettes d'aération au-dessus des fenêtres et le rabotage des portes feront l'affaire.

Selon les données de Le Goff BTR, un tel système de VMI® permet de faire baisser le taux de radon dans l'air intérieur de manière radicale en seulement quelques heures. Ainsi dans une maison de Quimper, les appareils de mesure affichaient avant installation près de 6.000 Bq/m3 et après travaux, quelque 125 Bq/m3 seulement. Une belle performance sachant que depuis l'été 2018, les établissements recevant du public et certains lieux de travail se doivent de maintenir un niveau inférieur à 300 Bq/m3 - contre 400 Bq/mauparavant.

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