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Architecture écologique : l'écovillage BedZED

Dossier - Architecture : les grandes idées révolutionnaires
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L’architecture, c’est avant tout construire un espace de vie pour s’y sentir bien. Certaines structures ont particulièrement marqué les esprits par leur audace. C’est le cas du musée Guggenheim de New York ou de l’opéra de Sydney. Pierre, béton, verre, bois : au fil des siècles, l’Homme s’est approprié ces matériaux pour créer des styles architecturaux très variés. Retour sur ces grandes idées révolutionnaires.

  
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De nos jours, les architectes sont plus sensibles à l'empreinte écologique des bâtiments qu'ils construisent et essayent d'économiser l'énergie. Plusieurs projets allant dans ce sens ont vu le jour, comme c'est le cas de l'écovillage BedZED, situé au sud de Londres.

L'écovillage BedZED est sorti de terre en 2002, au sud de Londres. © Tom Chance, CC by-nc 2.0

C'est avec la publication en 1987 du rapport de la commission mondiale sur l'environnement (ou commission Brundtland), intitulé Notre avenir à tous, que les inquiétudes à propos de la capacité de la planète à soutenir une population en croissance rapide sans dégradation environnementale ont fait la Une dans le monde.

Achevé en 2002, le Beddington Zero Energy Development (universellement connu sous le nom de BedZED) est l'un des écoquartiers phares du Royaume-Uni. Situé à Hackbridge, au sud de Londres, il a été conçu par Bill Dunster Architects.

Le rapport suggère que le développement durable est la clé d'un avenir prospère, donnant au concept une célébrité mondiale. Ce type d'inquiétude, pourtant, n'est pas nouveau : on en retrouve la trace dans les premières réactions face à la Révolution industrielle et à l'essor de la consommation de masse des carburants fossiles.

L'académie des Sciences de Californie (États-Unis) mise sur le naturel. © Dunod, tous droits réservés

Le siècle passé a vu une croissance exponentielle de la consommation des ressources naturelles, et avec elle une meilleure compréhension scientifique de l'interdépendance de tous les domaines de la vie, ce qui a donné lieu à l'émergence de l'écologie comme discipline séparée.

En 1962, paraît le livre de Rachel Carson, Printemps silencieux, qui dénonce en détail la montée en puissance des technologies destructrices, depuis les pesticides comme le DDT jusqu'aux matériaux synthétiques en passant par le nucléaire. Beaucoup y voient l'acte de naissance des mouvements actuels de défense de l'environnement, comme Greenpeace ou Les Amis de la Terre.

Le toit végétalisé de Renzo Piano

En 1972, une importante organisation internationale non gouvernementale, le Club de Rome, publie le célèbre rapport traduit par « Halte à la croissance », et attire ainsi l'attention sur les dangers de la déplétion des ressources. L'année suivante, l'économiste E. F. Schumacher publie un livre à succès, Small is Beautiful, qui remet en cause les présupposés des économies modernes.

Le toit végétalisé de l'académie des sciences de Californie (1998-2008), par Renzo Piano, comporte une tapisserie vivante faite de plantes locales et des bandeaux de panneaux solaires. Il réduit énormément la quantité de chaleur absorbée par le bâtiment.

Le toit de l'académie des Sciences de Californie est entièrement végétalisé. Il comporte également des panneaux solaires. © Tim Griffith, tous droits réservés

Économiser les énergies dans l'habitat

Les problèmes de développement durable sont un casse-tête pour l'architecte. Le secteur du bâtiment utilise près de la moitié de l'énergie consommée dans le monde et émet donc énormément de gaz à effets de serre, responsables du réchauffement climatique. Outre l'énergie utilisée pour le fonctionnement d'un bâtiment, les évaluations de son empreinte totale incluent à présent :

  • l'énergie nécessaire pour le construire (y compris, par exemple, la distance parcourue par les artisans, etc.) ;
  • l'énergie intégrée dans ses matériaux à travers les processus d'extraction, de traitement, la fabrication et la livraison sur site ;
  • la pérennité écologique des matériaux eux-mêmes.

Dans les pays développés, les codes de la construction sont remis à jour en permanence pour assurer le respect des bonnes pratiques, mais ces ajustements portent sur les nouvelles constructions et le bâti existant reste un problème gigantesque à l'échelle mondiale.

On admet à présent que la dimension environnementale du développement durable est inséparable de ses aspects économiques et sociaux. Pourtant, les gouvernements ne cherchent jamais à résoudre, ni même à prendre en compte, la tension entre le développement durable et la croyance en une économie de marché impliquant une croissance illimitée. Face à la menace du réchauffement climatique, le développement durable est clairement l'enjeu majeur de notre époque, et il a un impact direct sur l'architecture.

Malgré cela, même s'il change la manière de travailler des architectes et la construction technique des bâtiments, il est encore difficile de déterminer quelles en seront les conséquences sur les qualités expressives de l'architecture, hormis pour les bâtiments ouvertement écologiques, qui affichent leurs titres.