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Grippe : les femmes mieux protégées que les hommes face aux virus

Les œstrogènes ont des effets antiviraux protecteurs contre un virus de la grippe, le virus influenza de type A. Ces hormones féminines, ainsi que d’autres molécules se liant aux mêmes récepteurs, limitent la réplication du virus dans des cellules nasales des femmes mais pas des hommes.

Des hormones féminines permettent de lutter contre la grippe. © Wolfgang Zwanzger, Shutterstock Des hormones féminines permettent de lutter contre la grippe. © Wolfgang Zwanzger, Shutterstock

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Au cours d’une infection grippale, le virus entre dans les cellules épithéliales respiratoires, où il se réplique. Lorsqu’ils sont libérés par les cellules infectées, les virus peuvent se répandre dans l’organisme. Plus un virus se réplique, plus l’infection est sévère. Chez les femmes, la sévérité de la grippe et d’autres maladies respiratoires varie au cours de la vie et pendant la grossesse, ce qui suggère un rôle des hormones sexuelles comme les œstrogènes.

Pour savoir comment les œstrogènes affectent la réplication du virus de la grippe, des chercheurs de la Johns Hopkins University ont utilisé des cellules épithéliales nasales provenant d’hommes et de femmes adultes. Ces cultures cellulaires ont été exposées à l’œstradiol et à d’autres molécules qui peuvent se lier au récepteur des œstrogènes : le bisphénol A (un perturbateur endocrinien) et des modulateurs sélectifs du récepteur des œstrogènes (SERM). Les cellules ont été infectées avec le virus influenza de type A. Les résultats paraissent dans American Journal of Physiology – Lung Cellular ans Molecular Physiology.

Les chercheurs ont observé que les œstrogènes, le raloxifène (SERM) et le bisphénol A réduisaient la réplication du virus de la grippe dans des cellules nasales de femmes mais pas d’hommes : l’œstradiol et les molécules testées avaient donc des effets antiviraux contre l’infection par le virus influenza de type A. L’effet était spécifique du sexe. D’après Sabra Klein, auteur de cette étude, « d'autres études ont montré que les œstrogènes ont des propriétés antivirales contre le VIH, le virus Ebola et le virus de l'hépatite ».

Les œstrogènes contrôlent le fonctionnement cellulaire de différents types de cellules en se liant à des récepteurs des œstrogènes, comme ERα et ERβ. Ces deux récepteurs sont tous les deux présents dans les voies respiratoires inférieures et supérieures et ils sont nécessaires au développement et au fonctionnement du poumon. Ici, les scientifiques ont constaté que l'effet antiviral nécessitait le récepteur bêta des œstrogènes.

Début janvier 2016, le seuil épidémique de la grippe n’était pas atteint.
Début janvier 2016, le seuil épidémique de la grippe n’était pas atteint. © Réseau Sentinelles

Les œstrogènes, une protection contre les maladies respiratoires

Cependant les femmes sont-elles vraiment mieux protégées que les hommes vis-à-vis de la grippe ? Ce n’est pas si simple, car les concentrations d’œstrogènes peuvent varier : « Parce que les niveaux d'œstrogène sont cycliques chez les femmes préménopausées, il peut être difficile de voir cet effet protecteur dans la population générale ».

Certaines femmes, comme celles qui suivent une thérapie hormonale, pourraient être mieux protégées pendant les épidémies de grippe saisonnière. « Nous voyons un potentiel clinique dans la découverte que les œstrogènes thérapeutiques utilisés pour traiter l'infertilité et la ménopause peuvent également protéger contre la grippe. »

Ainsi, les maladies respiratoires comme l’asthme et la grippe peuvent finalement être plus sévères chez les femmes que les hommes, mais cela dépend de l’âge et du statut hormonal des femmes. Chez la souris, les jeunes souris femelles ont une infection plus sévère avec le virus de la grippe A, par rapport aux mâles ; cette sévérité serait liée à la réponse inflammatoire dans les poumons. Une exposition continue à l’œstradiol, mais non cyclique, chez des souris femelles prolonge leur survie lors d’une infection avec le virus de la grippe A.

De même, chez les femmes, il existe une forme d’asthme prémenstruel et des contraceptifs oraux contenant de l’œstradiol peuvent réduire l’inflammation allergique dans les voies respiratoires. De manière générale, un maintien des concentrations d’œstradiol est associé à une amélioration des maladies respiratoires comme l’asthme.

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