Une étude a analysé le placenta de plusieurs femmes atteintes du coronavirus lors de leur grossesse. Des lésions pathologiques ont été analysées sur plusieurs d'entre eux, sans que le nouveau-né ne soit contaminé.


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    Avec la pandémie de coronavirus, vivre sereinement sa grossesse peut être un véritable défi. De plus, les effets de l'infection au SARS-CoV-2 chez les femmes enceintes sont très peu documentés. Par exemple, un cas de fausse couche au second trimestre d'une femme infectée a été décrit fin avril.

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    Une étude parue le 22 mai dernier dans l'American Journal of Clinical Pathology apporte sa pierre à cet édifice encore modeste. Elle décrit des lésions placentaires chez plusieurs femmes atteintes de la Covid-19.

    Exemple de lésions pathologiques observées au microscope optique sur le placenta de femmes infectées le coronavirus. A : artériole maternelle avec athérose et nécrose fibrinoïde. B : des lymphocytes présents dans les villosités fœtales. C : un thrombus intervillosité. D : un œdème et une chorangiose dans les villosités fœtales. © Elisheva D. Shanes et al. AJCP
    Exemple de lésions pathologiques observées au microscope optique sur le placenta de femmes infectées le coronavirus. A : artériole maternelle avec athérose et nécrose fibrinoïde. B : des lymphocytes présents dans les villosités fœtales. C : un thrombus intervillosité. D : un œdème et une chorangiose dans les villosités fœtales. © Elisheva D. Shanes et al. AJCP

    Différentes lésions placentaires

    Parmi les 16 femmes considérées dans cette étude, 14 ont accouché normalement à la date du terme. Une autre a mis au monde son enfant après 34 semaines de grossesse. Enfin, un fœtusfœtus est mort in utero à 16 semaines de grossesse. Les placentasplacentas de ces seize femmes ont été comparés à des placentas sains et pathologiquespathologiques collectés entre 2011 et 2018.

    Des anomaliesanomalies provoquées par l'infection du SARS-CoV-2 ont été observées pour treize des placentas étudiés. La plus fréquente est la malperfusion vasculaire d'origine maternelle, qui a été observée sur douze des placentas étudiés. Derrière ce terme se cachent plusieurs types de lésions qui touchent les vaisseaux sanguins d'origine maternelle. Ici, c'est l'artériopathie déciduale qui a été le plus souvent observée.

    Le diagnosticdiagnostic du coronavirus a été fait alors que la plupart des femmes approchaient du terme. Sept ont été diagnostiquées positives le jour de l'accouchementaccouchement, cinq dans la semaine précédant l'accouchement et seulement quatre entre 25 et 34 jours avant l'accouchement. Seules deux femmes ont eu besoin d'une assistance respiratoire, les autres étaient asymptomatiques ou présentaient une forme légère de la maladie.

    Ces lésions sont connues pour limiter la croissance du fœtus, provoquer des naissances prématurées ou la mort à la naissance. Habituellement, la malperfusion vasculaire d'origine maternelle est provoquée par de l'hypertensionhypertension ou le diabète gestationnel. Seule une femme souffrait d'hypertension. Le SARS-CoV-2 n'a pas été retrouvé chez les nouveau-nés, ce qui suggère que la transmission verticale du coronavirus semble très rare. Difficile de conclure formellement sur le lien direct entre ces lésions et la Covid-19 au vu du faible nombre de femmes considérées.