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Des drones pour un usage de surveillance civile ?

Dossier - Les drones miniatures espions, mythe ou réalité ?
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Daniel Ichbiah

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Les drones de petite taille nous surveilleront-ils demain ? Des projets universitaires se penchent sur la question, avec des prototypes qui s'inspirent du vol des mouches. Avec peut-être des applications inédites à la clé.

  
DossiersLes drones miniatures espions, mythe ou réalité ?
 

Une chose est sûre : les recherches sur les drones à des fins militaires sont avérées. Certains chercheurs de la Darpa sont allés jusqu'à insérer des puces dans des larves de papillon afin d'observer comment celles-ci pourraient se transformer en cyberpapillons. L'objectif militaire est clairement défini, même si les chercheurs évitent comme par pudeur de le signaler.

Le drone militaire Barracuda, construit par EADS. © Jean-Patrick Donzey

La question de l'utilisation des drones

De fait, Michelson dit envisager des applications de surveillance dans un bâtiment mais aussi le sondage de Mars, tout en reconnaissant par ailleurs que le financement vient de la Darpa comme de l'Air Force. C'est un même credo qui est soulevé au Microrobotics Labs de Robert Wood : on pourra lâcher ces insectes artificiels dans des environnements périlleux ou à des fins de sauvetage. Pourtant, dans une interview au Daily Mail, Wood reconnaît que ses MAV pourraient servir à des fins moins humanistes. « Étant petits et agiles, d'un point de vue militaire vous ne les remarqueriez point. » Michael Dickinson estime que l'on pourrait utiliser les robots volants pour des opérations de sauvetage, d'exploration de planètes. Pourtant, la Darpa a été l'un des premiers investisseurs du Dickinson Lab et actuellement, deux organismes liés au secteur militaire contribuent à son financement : l'Air Force Office of Scientific Research et l'Institute of Collaborative Technologies of the Army Research Office.

Se pourrait-il alors que de tels robots insectes soient utilisés à des fins moins glorieuses telles que la surveillance de la population, comme l'ont affirmé les manifestants évoqués précédemment ? Il n'est pas impossible de l'écarter. Depuis les années 1990, l'utilisation de drones à des fins non militaires a souvent été mentionnée. Dès février 1995, la police de l'Oregon s'est vantée d'avoir pu déjouer un réseau de trafic de drogue à l'aide d'un drone baptisé Pointer qui a permis de surveiller un centre sans se faire repérer. En France même, la brigade des sapeurs-pompiers de Paris compte bientôt mettre à profit un drone muni de caméras, le MiniRec de Bertin Technologies, afin d'aider aux manœuvres : cet appareil de 2,5 kg pourrait accéder aux divers étages d'un immeuble en feu et indiquer où se trouvent les victimes à sauver.

Pourrait-on les utiliser à d'autres fins ? Le Chicago Tribune y croit et n'a pas hésité à reproduire une vidéo émanant de l'Air Force Research Laboratory sur un projet de robots insectes kamikazes qui seraient capables de se poser sur un sniper et se faire exploser ! Des utilisations individuelles pourraient même émerger. Un logiciel open source de pilotage de drones, ArduPilot, est disponible sur le site éponyme. Ce qui laisse à penser qu'une fois que la technologie sera généralisée, bien des usages inattendus pourraient émerger.

Ainsi donc, tôt ou tard, ce petit insecte qui vole au-dessus d'une foule parisienne pourrait être un microespion envoyant des images des participants. Ceux qui mettraient à profit de tels engins devront toutefois affronter une amère réalité : un claquement de main ou de tapette sur une mouche espion suffira à réduire à néant une haute technologie fort coûteuse !