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Traduire une conversation via ses lunettes avec TeleScooter

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Que faire lorsqu'on ne maîtrise pas la langue de la personne en train de parler ? Mettre ses lunettes. C'est ce que propose Nec.

Se repérer dans un entrepôt grâce à des patterns, reconnus par le logiciel grâce à la caméra embarquée, ou la réalité augmentée au service de la productivité. © NEC

Petit à petit les nouvelles technologies prennent d'assaut la tour de Babel. Sur le plan logiciel, divers services en ligne proposent une traduction des contenus avec une rapidité et une qualité qui se bonifient avec le temps. Par exemple, de plus en plus de sites japonais adoptent la barre de traduction Google pour ouvrir leurs contenus locaux au reste du monde. Cependant la traduction reste un processus qui implique l'utilisation d'un outil informatique, tant pour l'acquisition que pour la retranscription.

Il est aujourd'hui possible d'accéder à ces services via un simple smartphone assorti d'une connexion 3G. Mais une telle application ne permet pas de converser naturellement avec son interlocuteur. Aussi les avancées techniques au Pays du soleil levant pourraient aider la progression de ce domaine. Ainsi la firme Nec souhaite créer une informatique mobile, sans qu'aucune interface physique ne soit requise. De cette volonté est né le projet TeleScouter.

Un nouveau type d'interface

Le dispositif mis au point par Nec résulte d'une collaboration avec l'entreprise Brother, connue principalement dans le domaine de l'impression. Depuis plusieurs années le constructeur d'imprimantes, fort de son expérience en matière de laser, cherche à mettre au point une nouvelle technologie d'affichage. Appelée RID (Retinal Imaging Display), elle consiste à former une image sur la rétine par un balayage de rayons laser. Soumis à une fréquence de 60 Hz, le balayage exploite la persistance rétinienne naturelle de l'œil humain, lequel perçoit une image complète. Le principe exploité ici s'illustre, par exemple, dans la vie quotidienne, par la perception du mouvement au cinéma alors que 24 images fixes se succèdent à grande vitesse.

Simulation de l'affichage délivré à l'utilisateur. © Brother

Ce système prend la forme d'une paire de lunettes surmontée d'un curieux appendice sur le côté droit. Lequel contient un système de micro-miroirs mobiles qui sont mus par des Mems qui s'occupent de balayer la rétine de l'utilisateur. Un boîtier relié aux lunettes génère l'image par fragments et la transmet par fibre optique. Il embarque aussi l'alimentation du système. Pour lors, le boîtier mesure 95 x 170 x 30 mm et pèse 350g.

Le dispositif placé sur les lunettes pèse 35 g et propose un angle de vision, compris entre 18° et 13,5°. Le tout propose une image d'une résolution de 800 x 600 pixels. L'utilisateur a l'impression de voir les images affichées à un mètre de distance sur une surface virtuelle de 41 cm². L'avantage du dispositif par rapport à des lunettes écran de type Vuzix est qu'il n'interfère pas avec l'environnement de l'utilisateur, puisque le tout est translucide.

(Cliquer pour agrandir.) Schématisation de la circulation de l'information dans le système TeleScooter, l'utilisateur, le boîtier et le serveur sont facilement discernables. © NEC

Une interface visuelle mobile visible seulement par son utilisateur, une aubaine pour de nombreuses entreprises. Les applications sont vastes, visualisation de données sensibles, réalité augmentée ou encore des interfaces sociales de collaboration comme une application de traduction.

C'est précisément au niveau de l'infrastructure de traitement et de la génération des applications et données que Nec intervient. Son projet TeleScouter complète les lunettes RID de Brother par des minis systèmes d'acquisition d'image et de son. Les données obtenues sont transmises au boîtier optique des lunettes, lui-même relié sans fil à un serveur de traitement. Ainsi le micro et les caméras sont les yeux et les oreilles de cet ordinateur central. En plus du RID, des écouteurs sont ajoutés aux lunettes.

A l'image du cloud computing, le traitement des données et le rendu de l'affichage est décentralisé. D'un point de vue pratique, les applications sont vastes.

Rangez vos claviers

Côté client, nul besoin d'un clavier, la reconnaissance vocale du microphone suffit. De la même manière, l'identification est systématique avec une reconnaissance rétinienne intégrée. A terme, l'échange de données privées au sein d'une entreprise, l'assistance lors d'interventions techniques ou encore la traduction en temps-réel sont envisageables. En effet, au-delà des commandes vocales, le micro peut permettre à une application du serveur de restituer une conversation sous la forme d'un texte, qui une fois traduit peut être affiché sur les lunettes RID.

Pour des handicaps comme la surdité le simple affichage de l'imperceptible serait un véritable progrès. Dans un entrepôt, des motifs placés sur des colis, appelés aussi patterns, pourraient contenir des informations accessibles aux opérateurs. Ainsi lors de l'inspection du lieu la caméra embarquée capture des images des patterns, identifiés sur le serveur qui leur associe les informations correspondantes pour les mettre à disposition de l'employé via les lunettes. En résulte un gain de confort et de productivité important.

Toujours grâce à la réalité augmentée, une assistance de terrain dans le cadre d'une maintenance mécanique pourrait s'avérer appréciable. Les progrès de l'analyse et de la reconnaissance des données photographiques et vidéo pourraient permettre de réduire le facteur risque de certaines interventions, pour un astronaute comme pour un garagiste. De quoi faire crier notre rocker national pendant quelques décennies...

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