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Avec ses puces Haswell, Intel mise sur l’autonomie et la mobilité

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Intel vient de présenter officiellement sa gamme de processeurs dotés de la nouvelle architecture Haswell. Destinées principalement aux ultrabooks, ces puces viennent réduire la consommation d'énergie de moitié par rapport au modèle actuel Ivy Bridge, et optimiser la puissance graphique des ordinateurs. La société compte également sur son nouvel Atom Silvermont pour se faire une place parmi les smartphones et les tablettes.

Avec sa puce Haswell, Intel affirme que les performances augmentent de 11 % par rapport au modèle précédent, le Ivy Bridge, tout en consommant 25 % d’énergie en moins. En pratique, selon le site Extremetech qui a pu réaliser un test du nouveau processeur Core i7-4770K, les performances augmenteraient en fait de 6 à 10 % et les économies d’énergie sont effectivement flagrantes. © Intel

En septembre dernier, Intel dressait déjà le portrait de sa quatrième génération de processeurs lors de l'Intel Developer Forum 2012 (IDF), son rassemblement annuel de développeurs à San Francisco (États-Unis). On devrait trouver les premières machines équipées du nouveau processeur Haswell, le remplaçant du Ivy Bridge, dès cet été.

Le processeur Haswell reprend la finesse de gravure en 22 nm du Ivy Brigde, et fait évoluer cette fois-ci l'architecture du processeur. En langage Intel, c'est ce que l'on appelle le « tick » et le « tock » : le tick correspond à l'année où est employée une nouvelle finesse de gravure, et le tock, à celle d'une amélioration de l'architecture du processeur. Celle de la famille Haswell n'est pas révolutionnaire, comme cela avait pu être le cas avec le Sandy Bridge. En revanche (comme nous l'expliquions dans un précédent article), le fondeur a travaillé l'augmentation de puissance et, surtout, la réduction de la consommation d'énergie.

Avec ses quatre cœurs (core) dotés de 1,4 milliard de transistors Tri-Gate 3D d’une finesse de 22 nm, le processeur Haswell n’est pas vraiment révolutionnaire en matière d’architecture, comparé à son prédécesseur Ivy Bridge. En revanche, il optimise considérablement la gestion de l’alimentation du processeur. La mémoire cache L3 (shared L3 cache) est à la fois disponible pour les quatre cœurs, mais aussi pour le processeur graphique intégré (processor graphics) capable d'afficher les jeux les plus récents du marché sans encombre. Le contrôleur de mémoire (memory controller) se trouve en bas à droite. © Intel

Le nouveau processeur vient quasiment doubler l'autonomie du Ivy Bridge, de cinq heures sur un ultraportable, pour offrir neuf heures avec un Windows 8 au repos. En lisant des vidéos HD, elle s'élèverait à six heures. Pour cela, la gestion des sous-états de repos du processeur a été améliorée, on trouve quatre modes : S0ix, S0, S3 et S4. À titre d'exemple, le S0ix fait croire à l'OS que le processeur est en activité même quand il est presque au repos. Le système reste donc actif avec une consommation minimale. Une fois en veille, le processeur fait redémarrer l'ordinateur en moins de trois secondes, alors qu'il en fallait sept avec la génération précédente.

« La plus grande amélioration d'autonomie de l'histoire d'Intel »

Intel est très fier de ces améliorations sur l'autonomie, qu'il considère comme « les plus importantes de [son] histoire ». Il faut dire qu'elles pourraient bien redonner du tonus aux constructeurs d'ordinateurs, notamment à ceux répondant au cahier des charges d'Intel pour ce qui est des ultrabooks. En effet, avec ces puces tout en un qui consomment peu, il n'y a quasiment plus besoin de système de refroidissement, puisqu'elles ne chauffent pas, ou très peu. À l'instar de ce qui existe pour les tablettes et les smartphones, les ordinateurs seront totalement silencieux et de surcroît plus fins et plus légers qu'auparavant.

C'est pour cela que lors de sa conférence de presse, le fondeur a souligné que Haswell allait permettre de « réinventer » le portable et notamment l'ultrabook. Et c'est bien ce dernier segment que la société vise, avec une nuée de 21 puces sur la quarantaine de déclinaisons disponibles. Pour le reste, lntel souhaitait obtenir la puce la plus polyvalente possible. En plus des ultrabooks, elle sera donc déployée sur les ultraportables, les netbooks, les PC portables, les tablettes convertibles ou encore les ordinateurs tout en un, et même les serveurs de data center pour réduire la facture énergétique.

Les netbooks et les ultrabooks vont d'ailleurs profiter de nouveautés supplémentaires apportées par le Haswell. Celui-ci embarque le chipset (ensemble des puces) et gère en plus de l'énergie de la puce, l'USB, les ports Sata et PCIe. Et au niveau graphique, le GPU, directement intégré aux notebooks (HD 4600 et Iris Pro 5200) et aux ultrabooks (HD 4200/4400/5000 et Iris 5100), est désormais capable d'atteindre des images en Ultra HD (4K) et des jeux gourmands en ressources. Il supporte DirectX 11.1, l'OpenGL 4.1 ainsi que l'OpenCL 1.2. Les petits ultrabooks ne se contenteront donc plus du seul usage bureautique dans lequel on les confine.

L’Atom Silvermont pour ne pas rater le virage de la mobilité

En plus de ces nouveautés, Intel tente une offensive dans le secteur de la mobilité (smartphones, tablettes) où règnent les processeurs ARM. Pour remplacer son processeur mobile Atom, il présentait il y a un mois le Silvermont. Comme le Haswell, il est gravé en 22 nm et, selon Intel, ses performances seraient équivalentes alors qu'il consomme cinq fois moins d'énergie. Ce processeur basse consommation sait désormais gérer le 64 bits, le SSE 4.1/4.2 ou l'AES-NI. Il devrait servir de base de conception pour les SoC destinés aux smartphones et tablettes, mais aussi à l'électronique embarquée dans les automobiles ou les infrastructures réseau. La sortie de ces SoC est prévue d'ici la fin de l'année.

Avec cet arsenal, Intel a de quoi redonner du souffle aux constructeurs d'ordinateurs historiques, qui commencent à éprouver des difficultés face à la montée des tablettes.

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