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Mars, notre voisine, notre soeur

Dossier - Mars, à l'approche d'un nouveau monde !
DossierClassé sous :Astronomie , mars , lune

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Voilà presque 40 ans, avec le retour d'Apollo 17 du site lunaire de Taurus-Littrow, l'humanité achevait la plus extraordinaire entreprise de toute son histoire, réalisant un de ses vieux rêves et touchant au symbole même de l'inaccessible, la Lune… Bientôt quatre décennies que nous attendons la suite logique de ce premier pas, l'arrivée cette fois non plus sur un astre mort de la proche banlieue, mais sur une véritable planète, sur un autre monde, l'arrivée de l'Homme sur Mars.

  
DossiersMars, à l'approche d'un nouveau monde !
 
  • La vagabonde

Aucun astre ne mérite mieux que Mars le nom de planète, qui signifie vagabonde. En effet, sa distance à la Terre peut varier de 399 millions de km (Mkm) à 56 Mkm (la distance moyenne de la Terre au Soleil est de 149,6 Mkm). Et si elle n'apparaît la plupart du temps que comme une banale étoile, son éclat s'accroît considérablement lors de ses rapprochements.

Mars la vagabonde... Crédits : APM

Ceux-ci se produisent (à l'occasion de ses oppositions) selon un cycle d'un peu plus de deux ans, temps que la Terre, plus rapide dans sa course autour du Soleil, met à « gagner un tour» sur sa voisine. Mais ils se succèdent dans des conditions toujours différentes car, alors que la Terre décrit sagement une orbite presque parfaitement circulaire, Mars dessine une ellipse, à peu près dans le même plan, sa distance au Soleil variant considérablement, de 207 à 249 Mkm. Ainsi, lorsqu'on se rapproche d'elle alors qu'elle se trouve à son point le plus éloigné du Soleil, sa distance ne descend guère en dessous de 100 Mkm. Alors que dans le cas inverse, comme en août 2003 (on parle alors d'opposition périhélique), cette dernière tombe à 56 millions de km (environ 150 fois la distance Terre - Lune). Mars trône alors, dans les nuits d'été, comme un fanal rouge dont l'éclat intense et envoûtant semble nous lancer un appel.

  • Un indéniable air de famille

Pour autant, Mars est bien notre sœur, tant sont nombreuses les similitudes entre nos deux mondes. Jugez plutôt. En premier lieu, Mars est, comme la Terre, une planète « tellurique », c'est-à-dire dotée d'une surface solide, où l'on peut prendre pied, contrairement aux planètes géantes gazeuses, telles que Jupiter ou Saturne. Sur cette « terre », la durée du jour est pratiquement la même que chez nous (24h37mn). L'axe des pôles y est incliné de 24°, valeur étonnamment voisine de nos 23,5°, ce qui confère à la planète un régime de saisons semblable au nôtre, compliqué, il est vrai, par la forme elliptique de l'orbite. On y observe de ce fait l'extension et la régression de calottes polaires. Enfin, si son diamètre est environ la moitié de celui de la Terre, sa superficie égale quand même celle de l'ensemble des continents terrestres.

Crédits : NASA, STScl
  • Vivante, morte et ressuscitée

A vrai dire, ces traits de ressemblance astronomique avaient été largement extrapolés au 19ème siècle, sur la base des premières observations télescopiques minutieuses. On conféra alors à Mars une atmosphère certes plus raréfiée que la nôtre mais autorisant dans les esprits la présence d'eau liquide, d'êtres vivants et même d'une civilisation ! Le mythe des martiens était né ... Sans aller à ces extrêmes, la science continua, jusqu'au début de l'ère spatiale, à considérer qu'au moins une forme de vie végétale primitive pourrait bien exister là-bas...

Cependant, les premières missions de reconnaissance robotique (à partir de 1965), montrèrent un monde désolé, à l'atmosphère ténue et terriblement déshydratée, qu'on compara aussitôt à la Lune, astre mort s'il en est. Par la suite les cartographies globales permises par les premiers engins d'observation placés en orbite autour de Mars (Mariner 9 en 1971, puis les deux Viking en 1976) remirent à nouveau tout en cause ! L'histoire géologique de la planète se révélait en réalité riche et intense. Mais, surtout, des traces nombreuses d'écoulements conduisaient à admettre que l'eau avait, au moins à certaines périodes, circulé en abondance à sa surface, constat qui soulevait la grande question d'une possible apparition de la vie sur cet autre monde. Enfin, plus récemment encore, les observations de la sonde Mars Global Surveyor (MGS), avec leur finesse de l'ordre du mètre, ont fait surgir des indices d'activité volcanique et fluviale très récente, ainsi que des traces d'écoulements localisés étonnamment fraîches, amenant à réviser la vision que nous avions d'un monde qui se serait progressivement éteint au cours du dernier milliard d'années. Mars ne serait en fait pas morte, mais endormie ! Mars Odyssey, par ailleurs, a confirmé que le sous-sol de la planète regorgeait de glace d'eau, pratiquement jusqu'en surface sur de vastes régions.Une belle revanche pour notre compagne qui, tout comme elle se complait à nous fuir puis à nous approcher, ne fait, au fil du temps et de nos efforts pour la mieux connaître, qu'accroître la force et le mystère de ses attraits.