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Satellites spatiaux : la Terre livrée à domicile

Dossier - Satellites : plus fort que Big Brother
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Devons-nous craindre les techniques spatiales de surveillance de la Terre, ou bien pouvons-nous les considérer comme les instruments d’un principe de responsabilité et de vigilance des humains les uns à l’égard des autres et de leur planète ?

  
DossiersSatellites : plus fort que Big Brother
 

Celui qui accède aujourd'hui à Google et aux services qui lui sont associés ou concurrents se trouve en possession d'un incroyable pouvoir : à défaut de l'avoir créé, il peut prendre le monde au bout de ses doigts, le manier à sa guise, l'observer à son gré, voire le faire entrer dans le champ de la virtualité pour le transformer ou en créer un autre.

Earthrise. © WikiImages, CCO

Ce pouvoir, il le doit avant tout à l'émergence et aux fantastiques progrès du domaine de l'informatique ; mais n'oublions pas que, si Google a aujourd'hui des yeux, c'est en partie aux satellites qu'il le doit et, en tout premier lieu, à ceux qui tournent autour de la Terre.

Qui ne connaît pas les deux clichés de la Terre, Earthrise et The Whole Earth, pris respectivement en décembre 1968 et en décembre 1972, par les équipages d'Apollo 8 et d'Apollo 17, alors qu'ils étaient en route vers la Lune, ou tournaient autour d'elle. Deux vues splendides et impressionnantes de notre planète dont les teintes bleues et blanches tranchent sur le fond noir du cosmos.

The Whole Earth. © Domaine public

La révolution des photos satellite : la Terre vue de l'espace

Comment rester insensible à l'impression mêlée de beauté et de fragilité, de majesté et de fragilité qui émane d'elles ? Grâce à ces deux photos, l'Homme a pu enfin voir à distance sa propre planète, la Terre ; bien plus, il est parvenu à s'observer lui-même. Désormais, aussi, la Terre est mise à la disposition de tous, sur les rayons des supermarchés aussi bien qu'en ligne.

Contemplée depuis la surface lunaire, survolée à 400 kilomètres d'altitude ou encore scrutée à l'aide d'une mosaïque d'images satellitaires, la Terre apparaît comme une singularité au sein de l'univers cosmique. Cette expérience conduit, invite, contraint aussi à revoir de nos repères à priori habituels, à relativiser nos références. À la possibilité d'offrir une observation accélérée des territoires terrestres, les satellites ajoutent celle, plus rare pour les vols habités, de réitérer régulièrement le passage au-dessus d'une même zone et, ce faisant, de mettre en évidence le caractère évolutif, dynamique, de l'environnement terrestre : alternance du jour et de la nuit, alternance des saisons, modification des conditions géographiques, biologiques, hydrologiques, etc. Or, cet aspect dynamique n'est pas aussi simple à accepter que nous pourrions le croire.

Dans l'esprit de beaucoup, la nature est souvent encore perçue comme une sorte de cosmos, autrement dit comme une réalité fixée une fois pour toutes, ou, pour le moins, aux variations connues et limitées ; toute évolution, tout mouvement de quelque importance sont vécus, compris comme une atteinte à la majestueuse et (prétendue) inaltérable beauté du monde. Quelle surprise dès lors qu'il convient de reconnaître un changement climatique global, une augmentation des zones désertiques, une raréfaction des ressources naturelles !