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Les centaines de satellites OneWeb ne produiront pas de débris spatiaux

ActualitéClassé sous :Constellation de satellites , OneWeb , Utilisation de l'espace

Les projets d'immenses constellations de satellites de diffusion d'Internet se multiplient : 900 pour OneWeb, 4.000 pour SpaceX et Google, 4.600 pour Samsung... Mais ce peuplement intensif de l'orbite terrestre risque d'aggraver le problème des débris spatiaux. Pour la constellation OneWeb, qui devrait être déployée à partir de 2017, des solutions viennent d'être présentées.

Les 900 satellites de la constellation OneWeb (720 en activité, les autres en secours) seront lancés par Arianespace à 500 kilomètres d'altitude. Ils rejoindront leur orbite définitive à 1.200 km et se positionneront dans 18 plans orbitaux. © Airbus Defence and Space

OneWeb, qui a prévu de mettre en service dès 2019 une constellation de 720 petits satellites en bande Ku, se voit reprocher que son idée de permettre l'accès à Internet sur toute la planète depuis l'espace pourrait aggraver le problème des débris spatiaux. Un risque que prend au sérieux la direction du projet, aucun des partenaires (Airbus, Coca-Cola, Virgin...) ne voulant passer pour un pollueur. S'exprimant lors du 66e Congrès mondial d’astronautique de l'IAF qui vient de se tenir à Jérusalem, la société a tenu à rassurer investisseurs et utilisateurs de l'espace.

En effet, elle s'est engagée à respecter les mesures de préventions édictés par le le Comité de coordination inter-agences sur les débris spatiaux (IADC) qui prévoit notamment deux mesures de prévention pour limiter le nombre de débris spatiaux. La première limite à 25 ans le temps qu'un satellite peut rester dans l'espace après la fin de sa mission. La deuxième prévoit la passivation des étages supérieurs après utilisation par largage du carburant résiduel, pour limiter le risque d'une explosion des imbrûlés qui engendrerait des milliers de nouveaux débris.

Panneaux solaires déployés, chaque satellite de la constellation OneWeb occupera une surface d’environ 3,5 mètres carrés. © OneWeb

Panneaux solaires déployés, chaque satellite de la constellation OneWeb occupera une surface d’environ 3,5 mètres carrés. © OneWeb

Des risques de collision toujours présents

Pour se conformer à ces deux règles qui, rappelons-le, n'ont pas force de loi, OneWeb embarquera dans ses satellites une quantité de carburant supplémentaire pour les désorbiter en fin de vie. À la fin de leur mission (environ 7,5 ans), chacun sera installé sur une orbite plus basse avec un apogée de 1.100 km et un périgée de 200 km. D'après les calculs de OneWeb, depuis cette orbite, il suffira de moins de cinq années, voire quelques mois pour certains, pour que les satellites retombent dans l'atmosphère, alors que l'IADC préconise 25 ans.

Mieux encore, OneWeb prévoit l'installation sur chaque satellite d'un mécanisme qui permettra aux futures missions de désorbitation, actuellement en projet, de venir aisément récupérer les satellites. La manœuvre sera de plus facilitée par une rotation qui deviendra très faible en fin de vie.

Enfin, compte tenu du nombre de satellites de la constellation, 900 seront lancés à 1.200 kilomètres d'altitude sur 18 plans orbitaux (40 satellites par plan) inclinés à 87,9 degrés par rapport à l'équateur, OneWeb a ouvert des négociations avec l'U.S. Air Force qui gère le réseau surveillance de l’espace. L'idée est de mettre en place une procédure de gestion des avertissements de collisions adaptée à la taille sans précédent de cette constellation. Quoi qu'il en soit, la gestion du trafic ne sera pas simple. Chaque alerte de collision imposera le déplacement d'un satellite, une opération qui risque de générer autant de nouveaux problèmes qu'elle en résout. Cette modification de l'orbite peut en effet présenter un risque pour les satellites situés à l'avant et à l'arrière dans le même plan, voire pour d'autres satellites que ceux de OneWeb.

Enfin, ultime précaution, la construction des satellites, qui sera réalisée par Airbus Defence & Space, ne fera pas appel au tungstène et limitera autant que possible l'utilisation de titane, deux matériaux particulièrement résistants à la rentrée atmosphérique.

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