Les blazars tiennent leur nom de l’anglais to blaze qui signifie flamboyer. Car ils émettent dans l’Univers, des quantités étonnantes de rayonnements. Et celui que des astronomes viennent de mettre au jour à ceci de très particulier qu’il est le plus lointain jamais observé. Sa lumière a mis 12,8 milliards d’années à nous parvenir.

PSO J030947.49+271757.31. Un nom pas facile à porter ! Pourtant, c'est bien celui qui vient d'être attribué à un blazar tout particulier. Selon des chercheurs de l'Institut national d'astrophysiqueastrophysique italien de MilanMilan, c'est le blazar le plus lointain jamais observé. Il affiche un redshiftredshift record de 6,1. Lorsque sa lumièrelumière a commencé à voyager dans notre UniversUnivers, ce dernier n'avait pas plus d'un milliard d'années. De quoi le placer à 12,8 milliards d'années-lumièreannées-lumière de notre TerreTerre.

Rappelons que les astronomesastronomes qualifient de blazar, une source radioradio éclatante quasi stellaire associée à un colossal trou noir supermassif qui émet des jets relativistes en direction de notre Système solaireSystème solaire. Les blazarsblazars sont parmi les objets les plus violents de notre Univers. Le trou noir qui alimente PSO J0309+27 serait d'une massemasse égale à un milliard de fois celle de notre SoleilSoleil. Et dans le domaine des rayons Xrayons X seulement, il dégagerait une énergieénergie équivalente à plus d'un billion de fois -- soit mille milliards de fois -- celle de notre étoileétoile sur la totalité des longueurs d'ondelongueurs d'onde !

Le trou noir qui alimente PSO J0309+27 serait d’une masse égale à un milliard de fois celle de notre Soleil. En comparaison, le trou noir supermassif au centre de la Voie lactée — ici, à l'image — n’est l’équivalent que de quatre millions de fois la masse de notre étoile. © Digital Sky LLC, Wikipedia, CC by-SA 2.5
Le trou noir qui alimente PSO J0309+27 serait d’une masse égale à un milliard de fois celle de notre Soleil. En comparaison, le trou noir supermassif au centre de la Voie lactée — ici, à l'image — n’est l’équivalent que de quatre millions de fois la masse de notre étoile. © Digital Sky LLC, Wikipedia, CC by-SA 2.5

De nombreux autres blazars à découvrir

« Lorsque nous observons un blazar, nous pouvons imaginer qu'il existe une centaine de sources similaires qui, parce qu'elles sont orientées différemment, apparaissent hors de portée de nos observations », explique Silvia Belladitta, chercheur, dans un communiqué de l'Institut national d’astrophysique italien.

Ainsi, la découverte de PSO J0309+27 renseigne les astronomes sur l'origine des trous noirs supermassifs. Il est en effet la preuve qu'il en existait déjà un grand nombre dans le premier milliard d’années de notre Univers. « Cela impose des contraintes strictes à nos modèles théoriques », commente encore Silvia Belladitta. Avec son équipe, elle assure par ailleurs que d'autres blazars lointains seront découverts grâce aux nouvelles générations d'instruments hypersensibles à venir.