Une vue d’artiste d'un nuage de gaz froid dans notre Voie lactée. Probablement une nuage de matière manquante déformé par une étoile proche. © Université de Sydney
Sciences

Astronomie : une étudiante a trouvé comment détecter l'insaisissable matière manquante

ActualitéClassé sous :Univers , matière manquante , matière baryonique

-

[EN VIDÉO] Kézako : de quoi est composée la matière ? Pourquoi est-ce solide, liquide ou gazeux ?  Les trois états principaux de la matière nous sont familiers. Mais si l’on veut expliquer pourquoi ils existent, il nous faut plonger au cœur de la matière. Plongeons donc dans cet épisode de Kézako, avec Unisciel et l’université de Lille 1, pour découvrir la matière dans tous ses états. 

La moitié de la matière baryonique de notre Univers manque toujours à l'appel. Elle se cache probablement dans des nuages de gaz froids. Une étudiante propose aujourd'hui une méthode qui semble capable enfin de débusquer ces nuages dans la Voie lactée. Voici comment.

Les étoiles, les planètes, les arbres, les poissons et même nous, Homo sapiens. Tout ceci est constitué de ce que les scientifiques appellent de la matière baryonique. L'ennui, c'est que les observations ne parviennent toujours pas à rendre compte de plus de la moitié de ce que devrait être, selon la théorie, la quantité de cette matière présente dans l'Univers. Probablement parce que la matière manquante se présente sous la forme de nuages de gaz froids indétectables par les méthodes conventionnelles. Ils n'émettent pas de lumière visible et sont trop froid pour être détecté par la radioastromonie.

Aujourd'hui, Yuanming Wang, une étudiante de l'université de Sydney (Australie), publie une méthode ingénieuse qui pourrait enfin permettre de la débusquer. En scrutant le ciel à la recherche de sources radio scintillantes. Un scintillement interprété comme le signe que les ondes radio émises par ces sources ont traversé de la matière. Un peu comme le scintillement visible des étoiles est le signe que leur lumière a traversé notre atmosphère.

C’est le large champ de vision du Square kilometer array pathfinder (ASKAP) qui a permis de mesurer la forme du nuage de gaz. Les chercheurs espèrent que l’ASKAP leur permettra à l’avenir de détecter ainsi d’autres structures gazeuses dans la Voie lactée. © ASKAP

Détecter la neige d'hydrogène

Ainsi Yuanming Wang et son équipe ont pointé cinq sources radio scintillantes qu'ils soupçonnent, avant d'arriver jusqu'à nous, d'avoir traversé un seul et même nuage de gaz froid dans la Voie lactée. Ce nuage, situé à un peu plus de 10 années-lumière de la Terre, mesurerait plus de 1.000 milliards de kilomètres de long et quelque 10 milliards de kilomètres de large. Il ne pèserait en revanche pas plus que la masse de la Lune !

Les astronomes ignorent de quoi est constitué ce nuage. Peut-être d'une sorte de « neige d'hydrogène » qui, sous l'effet d'une étoile proche, se serait étiré en longueur. L'hydrogène, en effet, gèle à quelque -260 °C et les chercheurs estiment qu'une partie au moins de la matière manquante baryonique pourrait être enfermée dans de tels nuages de neige d’hydrogène.

Abonnez-vous à la lettre d'information La quotidienne : nos dernières actualités du jour. Toutes nos lettres d’information

!

Merci pour votre inscription.
Heureux de vous compter parmi nos lecteurs !