Le dégoût nous aiderait à éviter les personnes, animaux, objets ou comportements à risque. © Wayhome Studio, Fotolia

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Science décalée : à quoi sert le dégoût ?

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Une plaie purulente, de la nourriture pourrie, un rat qui court entre nos pieds. Ces images éveillent en nous un sentiment de dégoût plus ou moins marqué. Et des chercheurs nous confirment aujourd'hui que notre sens de la délicatesse peut nous aider à rester en vie.

Jouer avec son caca. Voire même en goûter un petit morceau... C'est dégoûtant ? Pour vous peut-être, mais pas pour un petit enfant, tout juste sur le point de sortir de ses couches. Car le sentiment de dégoût se construit et évolue avec l'âge. C'est l'une des conclusions d'une étude menée récemment par des chercheurs de l'École d’hygiène et de médecine tropicale de Londres (Royaume-Uni).

Et si vous êtes aujourd'hui dégoûtés à la simple idée de marcher pieds nus sur une limace, de découvrir une plaie purulente sur la main de votre voisin de table ou d'apprendre que votre frère soulage ses envies dans le fond du jardin, c'est plutôt bon signe pour vous. Signe que votre inconscient travaille bien pour vous aider à rester en bonne santé.

Le dégoût est en effet reconnu comme une émotion à laquelle notre corps recourt pour éviter le contact avec de potentielles infections. C'est ce que les spécialistes appellent la « théorie de l'évitement parasitaire ». Ainsi les chercheurs britanniques pensaient pouvoir catégoriser les déclencheurs de dégoût en fonction des menaces potentielles de maladies.

Parmi les choses qui dégoûtent le plus des gens : les plaies purulentes ! © Hans, Pixabay, CC0 Creative Commons

Le dégoût, une émotion structurée

Mais l'étude qu'ils ont menée en ligne sur quelque 2.500 volontaires anglophones - laissant quelques doutes sur la représentativité de l'échantillon - montre que les causes de cette émotion particulière sont plutôt à classer selon les mesures à prendre pour éviter les maladies en tout genre. Il en ressort six grandes catégories de déclencheurs du dégoût :

  • la mauvaise hygiène ;
  • les animaux ou les insectes potentiellement vecteurs de maladie ;
  • les comportements sexuels à risque ;
  • les problèmes d'apparence physique ;
  • les lésions corporelles ;
  • les aliments présentant des signes de détérioration.
Le dégoût pour éviter les risques ?

Autre conclusion de l'étude : les femmes éprouvent des sentiments de dégoût globalement plus marqués que les hommes. Serait-ce le reflet de la tendance de ces derniers à s'engager dans des comportements à risque ? C'est ce que suggère une autre étude - pas encore publiée - qui, au-delà de la volonté d'éviter une maladie, associerait le dégoût à une volonté d'éviter toute forme de risque. Qu'il s'agisse de sports de l'extrême ou de conversations délicates avec son patron.

D'autres résultats seront encore nécessaires pour confirmer tout cela. Mais le professeur Val Curtis en est convaincu : « Nous avons montré que le dégoût est structuré, qu'il reconnaît et répond aux menaces d'infection afin de nous protéger. » Moyennant quoi les chercheurs proposent d'exploiter cette information pour élaborer des messages de santé publique plus efficaces.

  • Le dégoût évolue avec l’âge.
  • Les femmes éprouvent des sentiments de dégoût plus marqués que les hommes.
  • Le dégoût nous encourage à éviter le contact avec de potentielles maladies.
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