Les signatures technologiques seraient plus facilement détectables que les biologiques. © Aliaksandr Marko, Adobe Stock
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Les signaux technologiques des extraterrestres devraient être plus nombreux que les traces biologiques

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Établie en 1961 par l'astronome américain Frank Drake, l'équation de Drake l'affirme : il existe un nombre quantifiable élevé de civilisations extraterrestres intelligentes. Une étude vient de montrer en se basant sur cette équation que nous devrions trouver plus de preuves technologiques que biologiques d'une telle civilisation.

Fondateur des projets Seti -- Search for Extra-Terrestrial Intelligence --, Frank Drake a créé en 1961 ce qu'on appelle l'équation de Drake : elle permet de quantifier le nombre potentiel de civilisations intelligentes autres que la nôtre dans la galaxie. Depuis, de nombreux programmes ont été lancés, à la recherche de signaux électromagnétiques à longue portée qui proviendraient d'une telle civilisation.

Selon cette équation, le nombre de civilisations intelligentes extraterrestres dans la Voie lactée N correspond au nombre de planètes habitables dans un volume donné de l'Univers, Nast, multiplié par la probabilité qu’une civilisation douée technologiquement se développe dans un tel monde, fbt © University of Rochester

Depuis, avec l'avènement des technologies d’exploration et d'analyse, les chercheurs sont partis à la recherche de biosignatures sur des exoplanètes : traces de méthane, d'eau, de molécules organiques... Nombreuses pourraient être les traces laissées par une forme de vie extraterrestre. Mais une équipe de chercheurs américains a remis l'équation de Drake en question dans une étude publiée dans la revue Astrophysical Journal Letters, ou plutôt elle propose des mises à jour : faire deux équations plutôt qu'une. « Si nous pensons aux technosignatures plus largement et si nous ne nous concentrons pas uniquement sur la communication, nous pouvons écrire une paire d'équations de type Drake pour les biosignatures et les technosignatures », écrivent les chercheurs. 

Là où la vie s’arrête, la technologie peut continuer

À partir de l'équation générale, ils obtiennent ainsi deux évaluations séparées et presque indépendantes, qui permettent de distinguer N(bio) et N(tech). En particulier N(bio) dépend de « la fraction de planètes qui développent des biosphères importantes du type qui donnent lieu à des biosignatures détectables à distance » et de  « la durée moyenne pendant laquelle la biosphère reste détectable », détaille l'étude, et N(tech) dépend du « nombre de planètes avec des technosignatures détectables », de « la fraction de planètes avec la vie avec des technosignatures détectables de toutes sortes » et de « la durée pendant laquelle ces technosignatures restent détectables ».

Plus encore, les chercheurs déplorent le fait que les technologies extraterrestres se restreignent à un sous-ensemble des civilisations extraterrestres : une technologie détectable serait forcément associée à un monde vivant, donc à une biosignature préexistante. Ils soulignent le fait que, finalement, la technologie peut s'évaluer indépendamment de la biologie. Notamment car « la technologie peut survivre longtemps à la biologie qui l'a créée », mais aussi car « une fois créée, la technologie pourrait s'auto-répliquer et se propager », expliquent les chercheurs. 

Malgré le paradoxe de Fermi, les signatures technologiques sont encore possibles

Ainsi, selon eux, une technologie créée peut ensuite se répandre dans d'autres mondes dépourvus de biosphère, et plus encore, dans l'espace interstellaire ! Par des vaisseaux spatiaux, mais pas seulement. Toute technologie conçue pour signaler sa présence à d'autres mondes ou pour les explorer devrait être détectable. Ils suggèrent aussi l'éventualité de mondes inhabitables sur lesquels une civilisation alien aurait implanté nombre de technologies, « que ce soit pour l'industrie, la production d'énergie ou même le traitement des déchets, créant des  "technosphères" entières spatialement indépendantes de la biosphère qui les a engendrées ».

De nombreux télescopes sont dédiés à la recherche de signaux provenant d'une civilisation extraterrestre. © ktsdesign, Adobe Stock

Ils font, par cette supposition, un lien avec le paradoxe de Fermi. Il prédit qu'une civilisation extraterrestre ayant développé une technologie capable de voyager dans la galaxie, même à une infime fraction de la vitesse de la lumière, aurait déjà dû venir nous rendre visite. En effet, la Voie lactée, du haut de ses 10 milliards d'années, pourrait abriter un si grand nombre de mondes habitables que la probabilité que dans l'un d'eux une civilisation se soit développée suffisamment est très élevée. 

L’humanité est détectable à travers tout le Système solaire

Ils prennent l'exemple de l'humanité : dans notre cas, N(bio) = 1 car les seules biosignatures sont trouvables sur Terre. Mais N(tech) = 4, car des sondes et des rovers ont été envoyés sur Jupiter, Vénus et Mars ! Quant aux autres facteurs tels que Lb et Lt, qui représentent la durée de vie d'une civilisation ou des technologies qu'elle a créées, sont eux aussi discutables. Car notre seule référence, qu'elle soit dans l'estimation de Lb ou dans l'évaluation des technologies et de leur temps de fabrication, est en fait... nous-mêmes ! Impossible alors de fixer ces deux paramètres. 

L'étoile la plus proche du Système solaire se nomme Proxima du Centaure et se situe à environ 4,2 années-lumière. Elle possède plusieurs exoplanètes, dont l'une a été représentée ici : Proxima b. © M. Kornmesser, ESO

Enfin, les biosignatures sont bien moins détectables que les technosignatures. Les chercheurs argumentent par le fait que, même pour l'étoile la plus proche de nous, Alpha du Centaure, nous ne serions pas capables d'y détecter la vie si elle s'y trouvait. Ils concluent ainsi, après une longue discussion, par le fait que « les technosignatures pourraient être plus abondantes, plus durables, plus détectables et moins ambiguës que les biosignatures ». 


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