Un vaisseau d’un kilomètrę de long : rêve ou réalité ? © freestyle_images, Adobe Stock
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La Chine voudrait construire un vaisseau spatial de plus d’un kilomètre de long !

ActualitéClassé sous :exploration spatiale , Station Spatiale , Chine

Les Chinois ont lancé un projet pour un engin massif qui pourrait remplir plusieurs fonctions. Une idée utopique ou techniquement envisageable ?

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[EN VIDÉO] L'ESA étudie la possibilité d'imprimer une base lunaire en 3D  Avec l’avènement de l’impression 3D, de nouvelles idées de construction émergent. Après avoir prouvé que l’impression était possible dans l’espace en utilisant de la poussière lunaire, l’Agence spatiale européenne (ESA) présente un projet ambitieux : une base imprimée en 3D sur la Lune. Découvrez en vidéo comment pourrait s'édifier ce surprenant bâtiment. 

La Chine affiche des ambitions spatiales toujours plus dévorantes... Selon des documents publiés par le département des mathématiques de la Fondation nationale des Sciences naturelles de Chine (NSFC), Pékin envisage de construire des bases spatiales de plus d'un kilomètre de long décrites comme « un équipement aérospatial stratégique majeur pour l'utilisation à venir des ressources spatiales, pour l'exploration des mystères de l'univers et pour la vie à long terme en orbite». À titre de comparaison, la Station spatiale internationale (ISS) ne mesure que 110 mètres de long, et a coûté la bagatelle de 150 milliards de dollars.

Station habitée ou centrale solaire

Bien qu'encore assez vague, le projet pourrait remplir plusieurs fonctions comme celles de servir de télescope spatial, d'héberger des missions habitées ou encore de faire office de gigantesque centrale solaire où l'énergie serait envoyée sur Terre via des faisceaux micro-ondes. Une technologie déjà testée par l’armée américaine et par la Chine, qui a réalisé en août dernier des essais de transmission micro-ondes à partir d'un ballon à 300 mètres d'altitude. On ne peut que s'interroger sur la faisabilité d'un tel mastodonte. Impossible, bien évidemment, d'envoyer une telle masse en une seule fois. La fusée Falcon Heavy, l'une des plus puissante à ce jour, ne peut emporter, au maximum, que 63 tonnes de matériel. La Station spatiale internationale, qui pèse près de 2.800 tonnes, a d'ailleurs été assemblée sur plusieurs années.

De nouvelles techniques de construction en orbite

Pour Mason Peck, ingénieur à l'université de Cornell et ancien directeur de la technologie à la Nasa, le projet est toutefois parfaitement réaliste. « Je ne vois pas d'obstacles insurmontables, mais plutôt des problèmes d'échelle », explique-t-il au site Live Science. Tout dépend de l'usage qui sera fait de la structure : « Si nous parlons de quelque chose qui est simplement très long et pas aussi lourd [qu'une structure habitée], c'est envisageable ». De nouvelles techniques de construction pourraient également réduire le coût d'expédition. La Nasa planche par exemple sur l’assemblage en orbite d'un télescope spatial géant où des miroirs seraient imprimés directement dans l'espace grâce à une technologie nommée ALD (dépôt de couche automatique), consistant à imprimer et solidifier des couches réfléchissantes sur un substrat. Les différents miroirs pourraient ensuite être assemblés directement en orbite grâce à des petits robots. Il serait même possible de s'approvisionner en matières premières sur la Lune, bien que cela nécessite d'abord de bâtir une base lunaire dédiée, ce qui n'est pas envisageable à court terme, avance Mason Peck.

Selon les documents de la NSFC, la recherche va se concentrer sur la création de composants légers pouvant être lancés séparément et assemblés dans l’espace. La future station spatiale chinoise, Tiangong, est d’ailleurs construite selon cette méthode avec des modules individuels raccordés en orbite basse. © CMSA

Un engin difficile à manœuvrer

La construction du vaisseau n'est cependant pas le plus gros obstacle auquel devront faire face les Chinois. « Chaque fois qu'un engin spatial est soumis à des forces, que ce soit en manœuvrant ou en s'amarrant un autre véhicule, le mouvement confère de l'énergie à la structure qui la fait vibrer et se plier, explique Mason Peck. Avec un vaisseau aussi grand, ces vibrations prendront beaucoup de temps à s'atténuer, il est donc probable qu'il aura besoin d'amortisseurs ou d'autres moyens de contrôle pour atténuer ces vibrations ». De plus, en orbite basse, la traînée atmosphérique a tendance à freiner les véhicules ; il faut donc constamment réajuster l'altitude, ce qui nécessite une importante consommation de carburant. Et, évidemment, plus la structure est lourde, plus il en faut.

La question majeure reste toutefois celle du coût. Le budget alloué, qui s'élève à 15 millions de yuans (soit un peu moins de 2 millions d'euros pour cinq projets au total), semble ridiculement faible. Bien qu'il se rapporte pour l'instant seulement à la phase d'études préliminaires, il n'est carrément pas à la hauteur des financements colossaux qui seraient nécessaires. Comme mentionné plus haut, l'ISS a coûté 150 milliards de dollars et son entretien engloutit plus de 3 milliards de dollars par an. Un vaisseau d'un kilomètre de long serait ainsi peut-être faisable technologiquement et en théorie mais difficilement réalisable concrètement.

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