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Des tomates goûteuses ... c'est possible !

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Produite toute l'année, la tomate est le second légume consommé en Europe, après la pomme de terre. Afin d'amélioration sa qualité gustative il faut utiliser la biodiversité. L'amélioration de la tomate s'est pendant longtemps adaptée aux besoins des producteurs (variétés productives, aptes à la production en serre hivernale, résistantes aux maladies) ainsi qu'à ceux des distributeurs (fruits fermes, ayant une bonne durée de conservation et d'apparence attractive).

Afin de répondre aux souhaits des consommateurs, l'amélioration de la qualité organoleptique du fruit est devenue un nouvel enjeu pour les sélectionneurs. C'est l'objet d'un important programme de recherche à l'INRA, basé sur l'exploitation de la biodiversité de la tomate.

A la demande des consommateurs, la qualité des fruits est aujourd'hui prise en compte dans les programmes de sélection. Il s'agit d'un critère composite, multi-caractères (aspect externe et interne du fruit, saveurs, arômes, texture), fortement influencé par les conditions environnementales, avec des relations antagonistes fréquentes, notamment entre qualité et quantité.

Analyse de la diversité

Les recherches menées visent à mieux maîtriser cette complexité. L'unité INRA de Génétique et Amélioration des Fruits et Légumes contribue à l'analyse exhaustive de la diversité et de l'hérédité des composantes de la qualité des tomates. Les chercheurs caractérisent des gènes et des QTL (Quantitative Trait Locus - régions chromosomiques contrôlant les caractères quantitatifs) ayant un rôle déterminant pour la qualité. Les recherches sur l'amélioration de la qualité s'appuient sur une collection de variétés traditionnelles de tomates conservée par l'unité INRA de Génétique et Amélioration des Fruits et Légumes. Ces variétés, provenant du monde entier, sont caractérisées et régulièrement multipliées. Elles fournissent le matériel à la base d'études fines portant sur le contrôle génétique de la qualité des fruits ou sur les résistances aux bio-agresseurs.

Les études de diversité ont permis aux chercheurs d'identifier une lignée, de l'espèce Lycopersicon esculentum, aux fruits de très petite taille, de type cerise et aux caractéristiques aromatiques remarquables. Cette lignée a été croisée avec une lignée de la même espèce, à gros fruits mais à valeur gustative limitée. Une population composée de 150 lignées issues de ce croisement a été créée et une carte génétique a été construite à l'aide de marqueurs moléculaires. La qualité des fruits de chaque lignée a été évaluée pour des composantes physiques (poids, couleur, fermeté), chimiques (teneurs en sucres, acides, pigments et composés volatils) et sensorielles (saveur sucrée, acide, intensité aromatique, arôme pharmaceutique, agrume, bonbon, texture ferme, farineuse, juteuse, fondante). De nombreuses régions chromosomiques impliquées dans la variation des caractères ont été détectées, certaines expliquant une part importante de la variation de la qualité. Les gènes favorables proviennent principalement du parent à petits fruits.

Un programme visant à transférer les QTL de la lignée de type cerise dans plusieurs lignées fermes et de bonne valeur agronomique a été ensuite conduit. Il a permis de créer des génotypes de bonne qualité organoleptique mais dont les fruits sont trop petits pour que ces prototypes soient exploités directement par les circuits de production et de distribution. Un second niveau d'approche s'avère donc nécessaire pour faire progresser les connaissances fondamentales et les intégrer en vue de l'innovation variétale.

La génétique n'est qu'une composante de la qualité organoleptique

Si l'amélioration variétale constitue une première étape dans l'amélioration de la qualité organoleptique de la tomate, il ne faut pas exclure l'influence de nombreux autres paramètres. Le suivi de règles optimales pour la conduite des cultures, le choix du stade de récolte, la conservation après récolte et la commercialisation seront en effet également déterminants pour le niveau de qualité final de la tomate. Par conséquent, c'est par l'intermédiaire d'une approche multi-disciplinaire, combinant la génétique, la physiologie, la technologie et l'agronomie que la compréhension et la maîtrise de la qualité organoleptique pourront progresser.

La collection de tomates de l'INRA

L'unité INRA de Génétique et Amélioration des Fruits et Légumes conserve une collection de variétés traditionnelles de tomates provenant du monde entier. Ces variétés sont caractérisées et régulièrement multipliées.

Elles fournissent le matériel à la base d'études plus fines portant sur le contrôle génétique de la qualité des fruits ou sur les résistances aux bio-agresseurs.

La collection de l'INRA a été constituée peu à peu dès les années 50, selon les besoins de la sélection. Au début des années 60, l'INRA a reçu des échantillons de graines des cultivars-variétés fixées cultivées en France, pour les essais du Comité technique permanent de la sélection (CTPS) dans le cadre de la création en 1966 du Catalogue officiel des variétés de tomate : 61 variétés ont été inscrites à cette date.

La tomate a été choisie comme modèle de plante maraîchère autogame pour la mise sur pied d'un réseau de gestion des ressources génétiques, comprenant l'INRA et 3 partenaires privés membres du groupement d'intérêt économique (GIE) Clause-Limagrain (soit Clause, Tézier et Vilmorin). Aujourd'hui la collection regroupe plus de 1 000 variétés, dont un grand nombre de variétés traditionnelles françaises (Marmande, St Pierre, Plate de Chateaurenard), mais aussi une grande part de variétés traditionnelles provenant de pays méditerranéens ou autres. Elle est utilisée par les chercheurs principalement pour la recherche de gènes de résistance ou de critères de qualité.

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