Sciences

Des méthodes de substitution pour les tests de cosmétiques sur animaux

ActualitéClassé sous :recherche , tests de cosmétiques sur animaux , tests in vitro

Depuis le 11 septembre 2004, les expérimentations animales visant à tester des produits cosmétiques finis sont interdites au sein de l'UE. La directive régissant cette question prévoit également l'entrée en vigueur d'une interdiction des tests sur ingrédients ou combinaisons d'ingrédients dès la mise à disposition d'autres méthodes de test.

Afin d'élaborer un calendrier pour la suppression progressive de certains de ces tests, la Commission a mis en place un groupe de travail, rassemblant ses services, des représentants de l'industrie concernée, des associations de défense des animaux et des consommateurs et l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Suite à un examen des connaissances scientifiques actuelles sur les méthodes de substitution aux expérimentations animales, le Centre européen pour la validation des méthodes alternatives (European Centre for the Validation of Alternative Methods - ECVAM) a publié un rapport évaluant le statut actuel et les perspectives d'avenir de certaines de ces méthodes.

Les auteurs du rapport soulignent par exemple les "bonnes avancées" enregistrées dans la mise au point de méthodes de substitution pour évaluer la cytotoxicité basale. Plusieurs études ont démontré que les cultures de cellules, et en particulier les cultures de cellules humaines, pouvaient être utilisées à la place des animaux. Huit tests in vitro sophistiqués, permettant eux aussi d'évaluer la cytotoxicité basale, sont également cités dans le rapport. Selon les experts, certains d'entre eux permettraient de valider et d'approuver les méthodes en l'espace de deux à quatre ans. "Pour remplacer complètement les expérimentations animales, d'autres paramètres, tels que le métabolisme, la toxicocinétique et la toxicité pour des organes cibles potentiellement sensibles doivent toutefois également être pris en compte", peut on lire dans le rapport.

Une proposition de projet intégré (baptisé "A-Cute-Tox") bénéficie d'un financement au titre du Sixième programme-cadre (6e PC) de l'Union européenne. Il s'agira de la première tentative consistant à développer une stratégie simple de test in vitro pour évaluer la toxicité systémique orale aiguë chez les humains. Cette technique pourrait entièrement remplacer les expérimentations animales actuelles. D'après le rapport, la durée nécessaire au remplacement complet des expérimentations animales dépend fortement des conclusions de ce projet mais devrait être de dix ans au moins.

Actuellement, l'ECVAM finance également une étude de validation sur les irritations cutanées. Si ses résultats sont positifs, elle pourrait déboucher sur trois solutions de substitution validées, même si d'autres aspects, tels que la réversibilité et la réponse à dose donnée doivent être traités avant un remplacement total des tests sur animaux. Selon les experts, cela ne devrait pas être possible avant 2009.

Parmi les autres sujets abordés par le rapport, on retrouve les irritations oculaires, la sensibilisation, l'absorption et la pénétration cutanée, la toxicité subaiguë et subchronique, la génotoxicité et la mutagénicité, les effets toxiques des rayons UV, la toxicocinétique et le métabolisme, la cancérogénicité et la toxicité reproductive et de développement.

Etant donné que des méthodes sophistiquées sont déjà validées ou en cours de validation dans ces domaines, les irritations cutanées et oculaires devraient être les premières à bénéficier de tests de substitution. Les domaines de la toxicocinétique et du métabolisme devraient suivre. Ces domaines sont considérés comme des goulets d'étranglement pour le développement de stratégies de tests in vitro portant sur la toxicité systémique. Des progrès enregistrés à cet égard pourraient mener à d'autres avancées en matière de toxicité aiguë, génotoxicité et mutagénicité.

Les domaines où la durée de remplacement des expérimentations animales sera sans doute la plus longue sont ceux de la toxicité de la substance administrée par doses répétées (par ex. sensibilisation cutanée), la toxicité subaiguë et subchronique, la cancérogénicité et la toxicité reproductive et de développement. Les travaux de recherche et développement sont en général en cours dans ces domaines.

"L'un des principaux goulets d'étranglement dans l'obtention de méthodes de substitution réside dans la nécessité de disposer de fonds et de ressources humaines pour la recherche et le développement", peut-on encore lire dans le rapport. "Cependant, une bonne coordination et hiérarchisation des priorités dans la recherche et dans l'optimisation des méthode de substitution susceptibles de prévoir les risques pour la santé humaine sont également cruciales", concluent les auteurs.

Cela vous intéressera aussi