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Comment améliorer le sort des animaux de laboratoire ?

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Plusieurs universités finlandaises, ainsi que l'association finlandaise des laboratoires vétérinaires (FALAV), viennent de publier des recommandations communes concernant les alternatives aux expérimentations animales dans le cadre du Septième programme-cadre de recherche (7e PC). D'après elles il faut donner la priorité à la réduction et au raffinement de l'expérimentation animale plutôt qu'au remplacement.

Comment améliorer le sort des animaux de laboratoire ?

Le groupe voudrait que les "trois R" - remplacement, raffinement et réduction - soient abordés par le 7e PC, mais en mettant surtout l'accent sur le raffinement (c'est-à-dire l'optimisation) et la réduction qui, d'après le groupe, ont été négligés jusqu'ici.

"À ce jour, l'alternative 'remplacement' a bénéficié de beaucoup plus d'attention et de possibilités de financement communautaire que les deux autres 'R' - 'réduction' et 'raffinement'. Nous estimons que les trois 'R' devraient avoir la même importance et bénéficier d'un soutien identique en matière de financement au titre de la recherche", indique le groupe dans sa déclaration de principe. "Le 'remplacement' n'est pas toujours possible et parfois même il n'est pas souhaitable. En conséquence, il faut encourager la recherche sur les deux autres 'R' afin d'améliorer le bien-être des animaux qui sont encore utilisés, pour que les animaux soient de meilleure qualité et permettre la 'réduction' du nombre d'animaux utilisés. De plus, il se pourrait que l'application du principe des deux 'R' aboutisse à l'amélioration des sciences".

Les critères relatifs au raffinement et à la réduction signifient qu'il est scientifiquement prouvé que les méthodes ont des effets bénéfiques sur les animaux et, parallèlement, qu'elles n'ont aucun impact sur les résultats des études.

La nécessité de traiter la question des alternatives à l'expérimentation sur les animaux est devenue urgente à cause d'une double pression, d'après les auteurs de la déclaration: celle du public, qui veut que le bien-être des animaux soit amélioré, et celle des scientifiques, dont les exigences en matière de qualité et de validité scientifiques dans le cadre de la recherche biomédicale sont croissantes. Les institutions finlandaises sont également préoccupées par le fait que l'accroissement du budget de la recherche communautaire "conduira inévitablement à l'augmentation du nombre d'animaux utilisés à des fins de recherche fondamentale" et, en conséquence, elles soulignent que "la nécessité de financer des études sur les meilleurs moyens d'appliquer les méthodes des deux 'R' est aiguë et urgente".

"Les deux 'R' devraient être étudiés suivant une double approche : nous devrions nous concentrer sur les procédures et méthodes douloureuses afin de soulager la douleur, mais nous devrions en même temps améliorer globalement le bien-être des animaux de laboratoire, déclare le professeur Timo Nevalainen, de l'université de Kuopio. Le second aspect représente de petits progrès concernant un grand nombre d'animaux, tandis que le nombre d'animaux exposés à des procédures douloureuses est beaucoup moins important. Les deux aspects sont susceptibles d'aboutir à un raffinement considérable".

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