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Leishmaniose viscérale : réussite d'un essai vaccinal sur des chiens

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La leishmaniose viscérale, qui représente la forme la plus sévère des leishmanioses, affecte 500 000 personnes chaque année dans le monde. Elle est due à un protozoaire, Leishmania infantum, transmis par la piqûre d'un insecte, le phlébotome.

Chien infecté par la leishmaniose viscérale. Il est réservoir domestique de la maladie. © IRD/Fournet, Alain

Cette maladie, pour laquelle il n'existe aucun vaccin, s'avère rapidement mortelle en absence de traitement. Dans les zones touchées, la population canine, massivement affectée, constitue un "réservoir" de parasites pour l'homme.

Ce protozoaire flagellé utilise comme vecteur un insecte qui ressemble à un petit moucheron, le phlébotome, dont il colonise l'intestin puis les glandes salivaires. L'insecte
femelle, qui se nourrit de sang de mammifère, peut ainsi transmettre le parasite à l'homme par simple piqûre. Une fois introduit dans la circulation sanguine, L. infantum se réfugie dans des cellules particulières du système immunitaire, les macrophages. Ceux-ci finissent par éclater, libérant les parasites qui vont pénétrer dans de nouvelles cellules. La maladie se traduit chez la personne infectée par des poussées de fièvre, une anémie et un amaigrissement.

Le phlébotome se nourrit également du sang d'autres mammifères que l'homme. C'est ainsi que sur le pourtour méditerranéen, 5 millions de chiens, soit 1 à 42 % selon la zone, sont atteints de leishmaniose viscérale. Ces animaux constituent un véritable réservoir de parasites, qui approvisionne de manière continue le cycle mammifères-phlébotome-homme.

Les chercheurs se sont également penchés sur les changements immunitaires induits par la vaccination chez les animaux. Des expériences réalisées au laboratoire montrent que l'efficacité du vaccin se traduit par une activation de certaines cellules du système immunitaire, les lymphocytes T de type Th1. Ceux-ci induisent la production, par les macrophages infectés, d'un véritable poison cellulaire, l'oxyde nitrique. Ce processus, absent chez le chien non traité, permet ainsi aux macrophages de se débarrasser des parasites qui les infectent. L'animal est ainsi protégé à long terme contre la leishmaniose viscérale.

La mise au point d'un vaccin canin pourrait, en réduisant ce réservoir, limiter la transmission de la maladie à l'homme. Un tel traitement de prévention vient d'être testé avec succès sur des chiens par une équipe de l'IRD de Montpellier, en collaboration avec la clinique vétérinaire du Rocher (La Garde, Var) et l'entreprise biopharmaceutique Bio Véto Test (La Seyne-Sur-Mer, Var).

Les premiers résultats, qui révèlent en effet une protection totale et durable de ces animaux contre la maladie, pourraient ouvrir la voie à l'élaboration d'un éventuel vaccin humain.

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