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Diabète : des plantes génétiquement modifiées pour produire de l'insuline

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Aujourd'hui, l'insuline est produite soit en modifiant de l'insuline de porc (on substitue un acide aminé par un autre, cette insuline est dite "hémi-synthétique"), soit par génie génétique au départ de bactéries (escherichia coli), ou de levures (saccharomyces cervisiae). Cette dernière insuline est dite "humaine recombinante". Mais une nouvelle méthode pourrait voir le jour.

Carthame

En cours de mise au point par la société SemBioSys, le procédé consiste à cultiver des plantes de carthame génétiquement modifiées pour produire de l'insuline humaine, selon un taux atteignant 1,2 % de la totalité de la protéine contenue dans la graine.

"Ces résultats prouvent que nous sommes parvenus à produire une molécule d'insuline parfaitement authentique à partir du carthame, dans des proportions commercialement viables. En atteignant l'objectif d'un pourcent d'insuline accumulée dans les graines de carthame, nous apportons la preuve que SemBioSys est désormais capable d'influencer en profondeur les réalités économiques de la production d'insuline", indique Andrew Baum, président-directeur général de SemBioSys Genetics Inc. dans un communiqué de presse. "Grâce à ce taux isolé dans le carthame, nous sommes en mesure de produire plus de deux kilos d'insuline par hectare de culture de cette plante, ce qui représente une quantité suffisante pour assurer le traitement de 2500 patients pendant un an. Nous pensons être capables de répondre aux besoins mondiaux estimés dès 2010, en exploitant moins de 8000 hectares de plants de carthame. Notre objectif est de poursuivre le développement de notre production pour obtenir la quantité d'extraits nécessaire au démarrage d'essais cliniques et au dépôt d'une présentation de nouveau médicament de recherche au cours du second semestre 2007", ajoute-t-il.

Constatant que le nombre de diabétiques dans le monde ne cesse de croître, notamment à la suite de diagnostics de plus en plus précoces, Andrew Baum s'attend à une augmentation significative de la demande d'insuline. Il faut aussi considérer, selon M. Baum, la mutation qui s'opère dans le mode d'administration du médicament, qui est de plus en plus prescrit par voie orale. Or, précise-t-il, cette méthode exige une plus grande quantité de principe actif que par injection, d'où là aussi, une augmentation de production à prévoir.

Autre avantage selon SemBioSys, cette production de masse à partir de plantes cultivées en champ libre permettrait d'abaisser considérablement le prix de revient du médicament, et de le rendre ainsi accessible aux malades du monde entier, y compris des pays en voie de développement.

Les milieux écologistes souhaitent cependant que les études sur ce type de culture se fassent en milieu confiné, afin d'évaluer préventivement les risques qui pourraient être liés à une production à grande échelle. Et de rappeler certains incidents s'étant déjà produits, notamment la contamination en 2002 de soya destiné à l'alimentation humaine par du maïs génétiquement modifié et non comestible destiné à produite un vaccin contre une maladie du porc. Cet accident avait donné lieu à une condamnation et au paiement d'amendes particulièrement sévères. "S'il y a des risques que ces cultures pharmaceutiques contaminent la chaîne alimentaire, nous devons nous inquiéter des risques encourus pour la santé humaine", déclare Clare Oxborrow, membre de la campagne sur les OGM des Amis de la Terre et porte-parole de l'association.

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