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PH1, la planète aux quatre soleils !

ActualitéClassé sous :Astronomie , PH1 , exoplanète

Les astronomes citoyens du programme Planet hunters, les « chasseurs de planètes », viennent d'installer un superbe trophée à leur tableau de chasse : en analysant les données du télescope spatial Kepler, ils ont permis la découverte d'un étonnant système planétaire comportant quatre étoiles et au moins une planète, baptisée PH1.

Une vue d'artiste de la planète géante gazeuse PH1, au premier plan, avec les deux étoiles doubles autour desquelles elle tourne, comme deux autres étoiles, bien plus éloignées. © Haven Giguere/Yale

Longtemps, on a cru impossible la formation de systèmes planétaires autour d'étoiles doubles (c'est-à-dire tournant l'une autour de l'autre), pourtant un cas fréquent dans la Galaxie. Les perturbations gravitationnelles sont telles que ces deux corps massifs devraient interdire des orbites stables. C'est le télescope spatial Sptizer qui a ébranlé le dogme en laissant suspecter que des planètes tournaient bien autour d'étoiles doubles. Un autre instrument spatial, Kepler, spécialisé dans la chasse aux exoplanètes, a levé le doute en mettant clairement en évidence trois cas de planètes à double lever de soleil : Kepler 16b, Kepler 34b et Kepler 35b. Cet été, il faisait mieux avec Kepler 47, une étoile double où il a déniché deux exoplanètes, dont, cerise sur le gâteau, l'une se trouve dans la zone habitable. En tout, actuellement, on ne connaît que 6 exoplanètes orbitant autour d'un système double.

Aujourd'hui, le bestiaire stellaire s'enrichit d'un nouveau cas, inattendu : une planète géante, baptisée PH1, gravitant en 138 jours dans un système comportant quatre étoiles ! Situé à 5.000 années-lumière de la Terre, ce système planétaire hors normes comporte en son centre deux étoiles, de 0,41 et 1,5 masse solaire, tournant l'une autour de l'autre en 20 jours. Autour de ce couple gravitent plusieurs corps, dont, à 0,6 unité astronomique (UA), l'exoplanète PH1, un peu plus grande que Neptune (6,2 fois la taille de la Terre) et au plus deux fois moins massive que Jupiter. Mais beaucoup plus loin, à environ un millier d'UA, tourne une paire d'étoiles, ce qui porte à 4 le nombre de levers de soleil que pourraient observer les - très hypothétiques - habitants de PH1.

Une vue d'artiste du transit de PH1 (le cercle noir en bas à gauche) devant la plus grosse des deux étoiles (représentée comme une étoile ressemblant au Soleil) autour desquelles tourne cette exoplanète. C'est ce transit, trahi par une très légère baisse de luminosité, qu'ont repéré les astronomes amateurs du programme Planet hunters en analysant les données du télescope spatial Kepler. Le compagnon de la grande étoile est représenté comme une naine rouge. Plus loin, deux étoiles tournent elles aussi, comme des planètes... © Haven Giguere/Yale

Des citoyens assistent les scientifiques

La découverte a elle aussi été réalisée grâce au télescope spatial Kepler, dont le travail est de surveiller en permanence plus de 100.000 étoiles, quelque part entre la constellation du Cygne et celle de la Lyre, deux belles formations de notre ciel d'été, dont les deux étoiles les plus lumineuses (pour nous) sont respectivement Deneb et Vega.

Kepler, avec son télescope de 950 mm de diamètre et son superbe appareil photo (un photomètre, plus exactement) de 94.617.600 pixels, mesure précisément la luminosité des étoiles qu'il surveille. Ses relevés mettent en évidence des variations qui trahissent (éventuellement) le passage d'une planète dans la ligne de visée : c'est la méthode du transit. La Nasa manquant de main d'œuvre, c'est la communauté des internautes qui est mise à contribution par le programme Planet hunters (Chasseurs de planètes) pour aider à analyser les données de Kepler, d'où le nom de la planète : PH1, l'objet numéro 1 du tableau de chasse des Planets hunters. Nous vous présentions cette opportunité de chasser les exoplanètes à l'occasion de la Fête de la science sur le thème de la science citoyenne, celle à faire soi-même ou au moins depuis chez soi.

La découverte initiale revient ainsi à deux astronomes amateurs américains, Kian Jek et Robert Gagliano. Elle a ensuite été confirmée par une équipe internationale, dirigée depuis l'université de Yale (États-Unis) grâce à des observations réalisées avec le télescope Keck, sur le Mauna Kea, à Hawaï.

Cette découverte est donc remarquable à double titre : une planète en orbite dans un système à quatre étoiles est une première en astronomie et c'est l'analyse des données réalisées par des cerveaux bénévoles qui l'a permise !

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