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On a retrouvé 90% des galaxies lointaines !

ActualitéClassé sous :Astronomie , ESO , Galaxie

En utilisant deux télescopes géants équipés d'un filtre particulier, les astronomes de l'Eso viennent de découvrir un très grand nombre de galaxies lointaines qui leur échappaient jusqu'à maintenant.

Vu avec la nouvelle caméra Hawk-I couplée au VLT, le champ Goods-sud révèle une multitude de galaxies insoupçonnées jusqu'à présent. Crédit Eso/M. Hayes

Pour sonder l'Univers on a l'habitude d'observer la lumière émise par l'hydrogène, son constituant majeur, et plus particulièrement la raie dite Lyman alpha. Cette raie, découverte au début du vingtième siècle par le physicien américain Theodore Lyman, est émise dans l'ultraviolet à 121,6 nanomètres par certains atomes d'hydrogène excités. Mise à contribution pour étudier de nombreux objets célestes, cette raie a par exemple révélé l'existence d'Himiko, un globule géant, ou encore de proto-galaxies.

Malheureusement, beaucoup de photons Lyman alpha ne parviennent pas à traverser les nuages de gaz et de poussière qui s'interposent entre les sources cosmiques lointaines et nous. Les astronomes étaient donc conscients d'obtenir des images tronquées de l'Univers lointain. Restait à préciser la quantité de galaxies manquantes...

Depuis 2007 le Very Large Telescope dispose d'une nouvelle caméra, Hawk-I (pour High Acuity Wide field K-band Imager). Elle permet d'étudier des grands champs stellaires dans dix longueurs d'onde différentes dont la raie H-alpha. Crédit Eso

Un Univers insoupçonné se dévoile

En utilisant deux des quatre télescopes de 8,2 mètres de diamètre de l'Eso, les astronomes ont pointé une région céleste appelée Goods-sud (pour Great Observatories Origins Deep Survey) qui a déjà été étudiée il y a quelques années par le télescope spatial Hubble. Ils ont effectué deux relevés de cette zone, l'un dans la raie Lyman alpha, l'autre dans la raie H-alpha. Cette dernière est émise dans la partie rouge du spectre à la longueur d'onde de 656,3 nm et n'est presque pas absorbée par le gaz et la poussière interstellaires. Une longueur d'onde accessible à la nouvelle caméra Hawk-I (pour High Acuity Wide field K-band Imager) en service depuis 2007. Cet instrument permet des sondages significatifs en raison de son grand champ (15% de la Pleine Lune environ), bien plus élevé que la précédente génération de capteurs H-alpha.

Couplée à la puissance optique du VLT (le Very Large Telescope), la caméra Hawk-I a montré toute la richesse de la zone Goods-sud, révélant presque 90% de galaxies invisibles dans la raie Lyman alpha. Pour Miguel Mas-Hesse, l'un des auteurs de l'article publié dans la revue Nature, cette découverte du pourcentage de la lumière manquante va permettre d'élaborer de nouvelles représentations de l'Univers. Les astronomes auront désormais accès à un plus grand nombre de galaxies, beaucoup moins lumineuses car beaucoup plus éloignées, leur dévoilant ainsi différents stades de l'évolution de l'Univers.

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