Ce sera la belle surprise de cette fin d'année. La comète Garradd (C/2009 P1) mobilise déjà les astronomes et sera observable aux jumelles jusqu'au début du printemps 2012.
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Les astronomesastronomes attendent toujours le passage d'une grande comètecomète depuis Hale-Bopp en 1997. S'ils n'ont rien revu de comparable en quatroze ans (excepté la comète Mc Naught qui a réservé son show aux observateurs de l'hémisphère sudhémisphère sud en 2007) ils profitent cependant régulièrement du passage de nouveaux astresastres chevelus qui, s'ils n'ont pas l'éclat de leurs aînés, restent très intéressants à suivre avec des télescopestélescopes. On se souvient par exemple du passage de 17P/Holmes qui en octobre 2007 multiplia brutalement sa luminositéluminosité par un million ou encore de celui de 103P/Hartley 2 il y a tout juste un an. N'oublions pas non plus la fameuse comète Elenin qui est devenue cet été et pour quelques semaines la coqueluchecoqueluche d'un certain nombre de prédicateurs de catastrophes... avant d'être désintégrée par une éruption solaireéruption solaire le 20 août !

Loin de tout tapage médiatique, voici donc la comète Garradd. À vrai dire ce n'est pas une apparition récente. Comme l'indique son matricule, C/2009 P 1 est une comète découverte dans la nuit du 13 août 2009 à l'observatoire australien de Siding Spring par l'astronome Gordon Garradd. Cet astre chevelu se caractérise par une orbiteorbite un peu particulière presque perpendiculaire au plan de l'orbite terrestre. La comète Garrad nous offre deux passages rapprochés : le premier a eu lieu le 23 août à 208 millions de kilomètres, le second se produira le 5 mars 2012 à 189 millions de kilomètres. Presque neuf mois d'observations possibles avec des petits télescopes d'amateurs, excepté les semaines qui encadrent le passage au plus près du SoleilSoleil (le périhéliepérihélie est fixé au 23 décembre).

La comète Garradd le 2 septembre 2011. Pose unique de 3 minutes avec un télescope de 20 centimètres et un appareil photo numérique. © R. Matania

La comète Garradd le 2 septembre 2011. Pose unique de 3 minutes avec un télescope de 20 centimètres et un appareil photo numérique. © R. Matania

Les observations ne font que commencer

Cet été la comète Garradd est passée sous la magnitudemagnitude 9 (rappelons que plus le chiffre des magnitudes diminue et plus l'éclat augmente) ce qui a permis à l'astrophotographe Richard Morisan de nous la présenter dès le 21 août. Quelques jours plus tard C/2009 P1 croisait le bel amas globulaireamas globulaire Messier 71, offrant un spectacle inédit. Mais la belle visiteuse avait décidé de nous combler avec une autre rencontre céleste. Dans la nuit du 2 au 3 septembre elle passait à proximité de Collinder 399, un drôle d'astérismeastérisme dont les étoilesétoiles dessinent la forme d'un cintre ! Quatre des astres les plus brillants de ce regroupement d'étoiles (à rechercher dans la constellationconstellation du Petit Renard) sont visibles sur l'image que réalisa cette nuit-là Robert Matania (ci-dessus).

Cet astrophotographe installé dans le Perche ne fit alors qu'une seule pose de 3 minutes avec son télescope de 20 centimètres de diamètre et un appareil photo numériquenumérique. Vingt jours plus tard c'est Corine Yahia qui photographiait C/2009 P1 (ci-dessous) au cours des RAAGSO, les Rencontres d'astronomes amateurs du Grand Sud-Ouest, une manifestation qui comme les RAP (Rencontres astronomiques de printemps) permet de rassembler les passionnés sous les étoiles. Présidente de l'association Astronomie Gironde 33, Corine Yahia est passionnée d'astronomie depuis plus de trente ans.

La comète Garradd va donc poursuivre tranquillement son chemin sous la surveillance des télescopes amateurs et professionnels. Sa distance assez élevée par rapport à la TerreTerre la rend inobservable à l'œilœil nu mais réduit considérablement son déplacement apparent, au grand bonheur des astrophotographes. La comète ne bouge que très peu dans la constellation d'Hercule où elle est installée depuis la mi-septembre. On pourra l'observer jusqu'à la fin du mois de novembre avant qu'elle ne s'évanouisse dans les lueurs du Soleil. Son retour fin janvier dans le ciel du matin sera très attendu. Après son passage au périhélie C/2009 P1 dégazera copieusement et devrait avoir encore gagné en luminosité.