Cette image de la comète Garradd a été obtenue le 1er avril 2012 par le télescope Swift. On observe en rouge la lumière solaire réfléchie par les poussières autour du noyau de la comète et en bleu l'émission des radicaux hydroxyles provenant de la photodissociation des molécules d'eau. © Nasa/Swift/D. Bodewits (UMD) et S. Immler (GSFC) et DSS/STScI/Aura

Sciences

Le télescope Swift traque la comète Garradd

ActualitéClassé sous :Astronomie , Télescope Swift , comète Garradd

Initialement conçu pour étudier les mystérieux sursauts gamma, l'observatoire spatial américain Swift sait se montrer éclectique et s'intéresse actuellement à l'activité de la comète C/2009 P1, alias Garradd.

On avait un peu oublié la comète Garradd ces dernières semaines, tant l'actualité astronomique a été dominée par l'activité planétaire : opposition de la planète Mars, festival de Vénus et maintenant opposition de Saturne. Rappelons que C/2009 P1 est, comme son matricule l'indique, une comète non périodique découverte en 2009 (le 13 août exactement) par l'astronome Gordon Garradd depuis l'observatoire australien de Siding Spring. Après un premier passage à 210 millions de kilomètres de la Terre l'été dernier, la comète Garradd est revenue nous voir il y a un peu plus d'un mois à 189 millions de kilomètres. Ce double rapprochement s'explique par l'orbite particulière de la comète presque perpendiculaire à l'orbite terrestre.

L'astre chevelu n'est pas assez brillant pour être visible à l'œil nu mais on peut suivre actuellement son lent déplacement dans le ciel entre les constellations du Lynx et de la Grande Ourse à l'aide d'un petit télescope. Les astronomes sont toujours friands de rencontres avec les comètes, comme on a pu le constater début 2012 avec le passage remarqué de Lovejoy. C'est chaque fois l'occasion de réaliser de belles images mais également la possibilité d'étudier ces astres qui sont peut-être à l'origine de l'apparition de la vie. C'est au télescope Swift qu'a été confiée la mission de surveiller le dégazage de C/2009 P1.

Le 27 août 2011, la comète Garradd (C/2009 P1) passait à proximité de l'amas d'étoiles Messier 71. © John Chumack

De l'eau et de la poussière

À priori Swift n'a pas vraiment le profil pour traquer les comètes. Ce télescope américain mis en orbite en novembre 2004 est chargé d'enregistrer des bouffées de photons gamma (GRB ou gamma-ray bursts) qui sont parmi les phénomènes les plus violents observés dans l'univers. Dans sa panoplie d'instruments Swift dispose d'un télescope optique et ultraviolet (Uvot) réalisant des images entre 170 et 650 nanomètres. C'est justement dans ces longueurs d'onde qu'on peut identifier des radicaux hydroxyles produits par la photodissociation des molécules d'eau des comètes sous l'effet du rayonnement ultraviolet du Soleil. À partir des observations de la comète réalisées le 1er avril par le télescope Swift, alors que Garradd se trouvait à 1,5 UA de la Terre, les ingénieurs de la Nasa ont estimé que la comète déversait chaque seconde dans l'espace environ 1.500 litres d'eau et 3,5 tonnes de poussières.

Les chercheurs pensent que la sensibilité des instruments de Swift va leur permettre d'étudier l'évolution du dégazage de la comète Garradd jusqu'en avril 2013, date à laquelle elle sera à plus de 5,5 UA de la Terre.    

Abonnez-vous à la lettre d'information La quotidienne : nos dernières actualités du jour.

!

Merci pour votre inscription.
Heureux de vous compter parmi nos lecteurs !

Cela vous intéressera aussi