Une version sans renforcement des contrastes de la composition d'images saisies par la sonde Cassini au moment où elle est passée dans l'ombre de Saturne. Trois planètes telluriques sont repérables, dont la Terre (Earth). © Nasa, JPL-Caltech, SSI

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L'extraordinaire image des anneaux de Saturne... et de la Terre

ActualitéClassé sous :Astronomie , saturne , anneau de Saturne

En passant dans l'ombre de Saturne, la sonde Cassini a réalisé une série de photographies inédites. Réunies en une mosaïque, les 141 images montrent les anneaux en couleurs naturelles. En prime, on distingue sur ce panorama trois planètes telluriques : Mars, la Terre et Vénus. Notre Lune est même discernable !

Au mois de juillet dernier, la sonde Cassini, en orbite autour de Saturne depuis juin 2004, est passée dans l'ombre de la géante gazeuse. Profitant de cette éclipse, la Nasa a déclenché une série de 323 clichés avec les appareils photo grand angle et à téléobjectif dirigés vers les anneaux. La sonde Cassini nous a beaucoup appris sur eux, montrant une grande complexité : structures radiales (les spokes), interactions avec les satellites, vagues, collisions, etc.

Le passage dans l'ombre est une bonne occasion pour étudier les anneaux alors qu'ils sont éclairés par le Soleil par l'arrière et que l'angle de vision est de 17° par rapport à leur plan (côté pôle sud de Saturne).

La mosaïque avec des contrastes renforcés produit une très belle image mettant bien en évidence l'anneau extérieur E, très brillant. La sonde Cassini se trouvait alors à environ 1,2 million de km de Saturne et, à cette distance de la planète, un pixel équivaut à 72 km. Des zooms sur l'image font découvrir plusieurs satellites de Saturne (mais pas Titan, le plus grand). © Nasa, JPL-Caltech, SSI

Un panorama de Saturne de 650.000 km de large

C'est aussi un bon moment pour repérer des astres loin au-delà de Saturne. Dans le champ de vision de Cassini se trouvaient alors trois planètes : Vénus, la Terre et Mars. En étudier finement l'image peut renseigner sur les diffusions de lumière au travers des anneaux, et donc en apprendre encore un peu plus sur leur nature. Une image étonnante de la Terre vue de Saturne avait alors été diffusée. La Lune était discernable.

Visiblement, l'image a eu du succès, car la Nasa vient de récidiver en réalisant une mosaïque de 141 images saisies durant ce passage avec l'objectif grand angle et, successivement, trois filtres colorés (rouge, vert et bleu). Le résultat est ce superbe panorama en couleurs couvrant 651.591 km de large. L'image de Saturne elle-même, dans l'obscurité au moment des prises de vue, n'est pas réaliste.

À fond de zoom sur le point noté Earth de la version aux contrastes renforcés, on repère Lune. © Nasa, JPL-Caltech, SSI

Des planètes et des satellites en vedettes

Trois versions de cette mosaïque ont été réalisées : une avec des contrastes renforcés et les deux autres avec des annotations (les seuls noms des planètes pour l'une et, en sus, ceux des satellites pour l'autre). La première incite à la balade en zoomant sur les points lumineux. Il faut grossir l'image pour repérer Mars, de couleur presque rouge, Vénus, bien blanche, et la Terre, reconnaissable à son bleu inimitable. C'est le contraste renforcé qui visualise ces couleurs. En grossissant encore l'éclat bleu, on remarque un pixel gris qui lui est collé : c'est la Lune.

À gauche, le long de l'anneau E (à 240.000 km de Saturne), le point blanc est Encelade, un satellite glacé. Le grossissement révèle un panache : l'éjection de glace à son pôle sud, repérée par la sonde Cassini.

Le satellite Encelade, près de l'anneau E. Le panache glacé éjecté des fissures proches du pôle sud est visible. © Nasa, JPL-Caltech, SSI

En cherchant un peu sous les anneaux à gauche, on déniche Thétys, de teinte marron, découverte par le premier des Cassini, Jean-Dominique de son prénom, en 1684 (22 ans plus tôt, le même décrivait une calotte polaire sur la planète Mars). Pour bien observer les anneaux, en revanche, il vaut mieux scruter la version non contrastée (donc les deux images annotées).

Les observateurs pointilleux noteront la remarque de la Nasa précisant que l'image ne correspond pas exactement à la réalité, puisque la prise de vue a été étalée sur quatre heures. La sonde, les planètes et les satellites ont bougé durant ce laps de temps. Leurs positions relatives sur l'image finale ne sont dues qu'à la superposition de photographies à des instants différents. Mais qu'importe cette entorse à la réalité, reste un spectacle rare...

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