Parce qu'elles doivent baigner dans un environnement vierge de toute interférence radio d'origine humaine, les quelque quatre mille antennes paraboliques, ainsi que les multiples petites antennes totalisant 200.000 mètres carrés, seront construites dans un désert sud-africain ou australien. © SPDO/TDP/DRAO/Swinburne Astronomy Productions

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Le radiotélescope géant SKA : la nouvelle génération se prépare

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Parmi les instruments futurs qui pourraient révolutionner l'astronomie moderne, le Square Kilometer Array (SKA) additionne tous les superlatifs. De par sa conception et ses dimensions, il sera le plus grand, le plus cher et celui qui verra et entendra le plus loin. Même les signaux d'une civilisation extraterrestre !

Le SKA est un réseau d'antennes radio réparties sur une surface pouvant s'étendre jusqu'à plus de 3.000 kilomètres de rayon qui constituera une surface collectrice cumulée atteignant près d'un kilomètre carré, d'où sa dénomination. Quelque 20 pays participent à ce projet gigantesque qui verra l'installation de quatre mille antennes paraboliques, ainsi que 200.000 mètres carrés de petites antennes en réseau. 50 % de la surface collectrice sera répartie sur une surface 5 kilomètres de diamètre, 75 % sur une aire de 150 kilomètres de diamètre et le reste dans différentes stations lointaines. Résultat, le SKA aura une vitesse d'acquisition des images 10.000 fois plus élevée que n'importe quel instrument d'imagerie actuel. En plus d'une plus grande résolution angulaire (moins de 100 millisecondes d'arc) et spectrale , il aura une sensibilité 50 fois plus importante que tous les radiotélescopes actuels.

Le consortium en charge de se projet a décidé que ce réseau d'antennes radio sera construit dans l'hémisphère sud car la majorité des radiotélescopes en service se situent dans l'hémisphère nord. Deux sites sont encore en compétition, un sud-africain et un australien. Le site retenu sera annoncé en février 2012. Il devra répondre à des exigences fortes notamment celles concernant les niveaux d'interférence radio et l'absence de toute activité humaine dans le futur, ce qui nécessitera de solides garanties. Il faut savoir que tous les appareils électriques émettent des ondes radio, très facilement détectables par un radiotélescope et sont donc susceptibles de générer un bruit de fond perturbant les observations.

Des avancées considérables attendues

Ce projet dont le coût est estimé à environ 1,5 milliard d'euros pour la construction et plus de 100 millions d'euros par an pour l'entretien est prévu pour durer 50 ans. Les premiers travaux de construction pourraient débuter en 2016 avec l'aménagement du terrain, et l'assemblage du dispositif lui-même commencerait en 2019 pour être achevé en 2024.

Quant aux objectifs scientifiques, on s'attend évidemment à ce que cet instrument apporte des réponses à des questions actuellement sans réponse. En particulier, SKA explorera les Âges sombres, période de l'histoire de l'univers débutant après la diffusion du rayonnement cosmique, lorsqu'il apparaissait chaud et opaque et avant la formation des premières structures lumineuses constituées d'étoiles et de galaxies à partir de 200 millions d'années après le Big-Bang.

SKA étudiera également le rôle du magnétisme dans l'univers, réalisera un important test de la gravité par l'observation des pulsars et des trous noirs et recherchera la vie et des planètes extrasolaires. On s'attend également à ce qu'il nous aide à comprendre ce qu'est la masse manquante qui imprègne les quatre cinquièmes de l'univers sans que l'on sache de quoi il s'agit ! et peut-être révéler comment la matière noire a contribué à la formation d'étoiles.

En conclusion, comme chaque nouvel instrument, le SKA offrira sûrement des découvertes inattendues qui pousseront les limites de la connaissance et ouvrira d'autres champs d'investigation encore inexplorés. Il est même capable de découvrir des civilisations extraterrestres en captant leurs signaux...

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