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Une planète extrasolaire bientôt à la portée des télescopes optiques

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L'exoplanète la plus proche de notre Système solaire tourne autour d'Epsilon Eridani, une jeune étoile de seulement 0,83 masse solaire située à 10,5 années-lumière, une misère à l'échelle de l'Univers. Et il est très possible que le télescope spatial Hubble puisse bientôt la discerner par l'observation directe.

La courbe d'irrégularités observée par effet Doppler sur Epsilon Eridani.

Environ 1,55 fois plus massive que Jupiter, cette géante gazeuse dénommée Epsilon Eridani b tourne en 2502 jours (moins de 7 années) autour de son étoile à une distance de 3,39 UA. Bien que déjà suspectée dès 2000, sa découverte en 2002 avait été effectuée par analyse des oscillations qu'elle induit par effet de gravitation sur son propre système.

Les observations de Hubble indiquent que la planète tourne dans le même plan qu'un disque de poussières dont la présence avait déjà fait soupçonner sa présence plusieurs années auparavant. Suivant les chercheurs, il est très possible, et même probable que des analyses ultérieures des irrégularités orbitales démontrent la présence d'une deuxième planète plus éloignée, Epsilon Eridani c, de seulement un dixième de la masse de Jupiter et tournant en 280 années à 40 UA de l'étoile centrale.

Mais surtout, les astronomes estiment qu'Epsilon Eridani b pourrait devenir visible en 2007 lors de sa plus grande distance angulaire avec son étoile par Hubble, ainsi que par certains instruments terrestres parmi les plus performants. Déjà, des programmes d'observation sont planifiés.

Fritz Benedict, de l'Université du Texas, estime qu' Epsilon Eridani b pourrait retenir des satellites de nature tellurique dont la température de surface permettrait de conserver de l'eau à l'état liquide, réunissant ainsi des conditions favorables à l'éclosion de la vie.

Rappelons que l'observation directe depuis la Terre de planètes extrasolaires se heurte à de très grandes difficultés, essentiellement induites par la grande différence de luminosité entre les deux astres et au halo qui noie l'exoplanète. A titre de comparaison, observer une géante gazeuse orbitant autour d'une étoile de catégorie moyenne revient à discerner, depuis Lyon, une luciole voletant à 40 centimètres de la lentille d'un phare situé en Bretagne.

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