SpaceX, qui est parvenu en décembre à faire revenir sur Terre une capsule lancée dans l'espace, vient de remporter un premier contrat pour lancer un satcom en orbite de transfert géostationnaire. La mission est prévue en 2013 avec un Falcon 9, qui dans cette configuration n’a pas encore réalisé de vol d’essai. © SpaceX

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Une première : un satellite géostationnaire confié à une société privée

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SpaceX vient d'engranger son premier contrat de lancement sur une orbite de transfert géostationnaire. L'entreprise lancera en 2013 le satellite de télécommunications SES-8.

Spécialiste de la télévision satellitaire, le groupe luxembourgeois SES va confier le lancement d'au moins un de ses satellites de télécommunications à SpaceX. L'annonce a été faite au salon Satellite 2011 qui se tient actuellement à Washington. SES est donc le premier opérateur de satellite à confier un lancement en orbite géostationnaire à la société fondée par le milliardaire d'origine sud-africaine Elon Musk.

Jusqu'à présent, SES recourait traditionnellement aux services d'Arianespace et d'ILS. Pour SpaceX, qui espère une place privilégiée sur le marché de l'accès à l'espace, c'est une étape de plus. Récemment, la Nasa a choisi cette entreprise privée comme candidate pour transporter du fret vers l'ISS, voire lancer des Hommes si ses systèmes de transport en cours de développement aboutissent.

Ce contrat prévoit le lancement du satellite SES-8 qui sera construit par Orbital Sciences et permettra à SES de renforcer sa couverture de l'Inde et de l'Asie du Sud-Est. Il devrait être lancé par un Falcon 9, au premier trimestre 2013, depuis Cap Canaveral (Floride). C'est le deuxième gros coup signé par SpaceX après la commande de 492 millions de dollars obtenue d'Iridium Communications pour le lancement entre 2015 et 2017 d'une partie des satellites de la constellation Iridium Next.

SES est l'un des premiers opérateurs de satellites dans le monde. En Europe, il partage le marché des services satellitaires avec Eutelsat. © SES

Une pierre dans le jardin d'Arianespace ?

Le montant du contrat de lancement n'a pas été rendu public. SES a simplement révélé que le coût d'achat d'une fusée, de son lancement et de son assurance, pouvait atteindre 250 à 300 millions d'euros pour une société comme la sienne et qu'« un peu de compétition dans le secteur était bienvenu ». Une façon polie de mettre la pression sur Arianespace qui pratique les prix les plus élevés du marché. Évidemment, ce contrat ne remet pas en cause la relation qui lie les deux groupes à travers des contrats cadres à long terme.

SpaceX qui se présente comme un lanceur low-cost a vraisemblablement fait un effort important pour obtenir ce premier lancement GTO (Geostationary Transfer Orbit, orbite de transfert géostationnaire), quitte à lancer sans marge. Cependant, la société n'a de low-cost que le nom. Des 45 millions de dollars, les 4,5 tonnes en GTO annoncées au début du développement de Falcon 9, SpaceX a dû réévaluer son offre et la porter à 65,70 millions de dollars. À ce niveau de prix, on s'approche de ce que propose Arianespace. Alors certes le prix est plus élevé mais la performance, la fiabilité et les délais sont sans commune mesure avec ce que propose, sur le papier, SpaceX.

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