Vue d'artiste des satellites présents autour de la Terre, jusqu'à 36.000 kilomètres d'altitude. © Esa

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L'orbite géostationnaire surveillée depuis l'espace

ActualitéClassé sous :surveillance spatiale , orbite géostationnaire , débris spatiaux

Les États-Unis sont le pays dépendant le plus de l'espace. Une situation qui a conduit Washington à mettre en place un important réseau de surveillance de l'espace à l'aide de capteurs terrestres et spatiaux. Ainsi, depuis 2010 le satellite SBSS surveille en permanence l'orbite géostationnaire. Et visiblement, les Américains en sont très satisfaits. Le lancement d'un précurseur de SBSS 2 est prévu en 2017.

Après le lancement récent de deux satellites-espions à des fins de surveillance spatiale, les États-Unis continuent de renforcer leur capacité dans ce domaine. Le réseau dont ils disposent leur permet ainsi, à chaque instant, de connaître la position de plusieurs milliers de débris potentiellement dangereux et d'avoir un œil sur pratiquement tous les autres, d'une taille centimétrique, qui gravitent autour de la Terre. Ils s'appuient sur de nombreux capteurs terrestres, essentiellement des radars auxquels s'ajoutent aussi des télescopes optiques et des capteurs spatiaux.

Cet été, l'U.S. Air Force a donné son feu vert au développement d'ORS 5. Ce satellite sera conçu et construit par le Centre de recherche et de développement du Département de la défense des États-Unis du Massachusetts Institute of Technology (MIT) et sera lancé en 2017 (le lanceur n'a pas encore été choisi). Compte tenu de sa taille et l'orbite basse sur laquelle il sera placé, ce devrait être le Pegasus XL ou le Minotaur 1 d'Orbital Sciences, voire l'Athéna de Lockheed Martin.

Ce satellite fait partie du programme ORS de petits satellites à faible coût conçu pour répondre à des besoins précis touchant la sécurité des États-Unis. Typiquement, ils embarquent des charges utiles novatrices, précurseurs de missions de plus grande importance.

Le Pegasus XL d'Orbital Sciences, un lanceur aéroporté dont la première version a volé en 1990, pourrait suffire à lancer l'instrument de surveillance de l'orbite géostationnaire ORS 5 voulu par l'armée des États-Unis. On voit ici un Lockheed L-1011 Tristar au décollage, en novembre 1996, portant un lanceur Pegasus avec deux satellites sous la coiffe, SAC-B et HETE. © OSF/Nasa

Le Pegasus XL d'Orbital Sciences, un lanceur aéroporté dont la première version a volé en 1990, pourrait suffire à lancer l'instrument de surveillance de l'orbite géostationnaire ORS 5 voulu par l'armée des États-Unis. On voit ici un Lockheed L-1011 Tristar au décollage, en novembre 1996, portant un lanceur Pegasus avec deux satellites sous la coiffe, SAC-B et HETE. © OSF/Nasa

L’orbite géostationnaire sous surveillance

Depuis l'espace, ce satellite garantira aux États-Unis une surveillance exhaustive de l'orbite géostationnaire jusqu'en 2021. Cette vigilance est actuellement assurée par SBSS, lancé en 2010 à quelque 600 kilomètres d'altitude. Avec son télescope de 30 centimètres, dégagé de toutes les contraintes météorologiques et d'alternance du jour et de la nuit, son apport au programme de surveillance spatiale des États-Unis est très important. Toutefois, il n'a été conçu que pour une durée de vie de 7 ans. Son successeur, SBSS-2 n'étant pas prévu avant l'horizon 2021, l'U.S. Air Force n'a pas souhaité de rupture dans la continuité de la surveillance de cette orbite depuis l'espace.

Sans surprise, les caractéristiques et les capacités réelles du capteur embarqué à bord d'ORS 5 n'ont pas été dévoilées. On sait juste qu'il est présenté comme un précurseur à SBSS-2. À ce titre, on s'attend à un satellite nettement plus performant que son prédécesseur.

Pour tous les utilisateurs de l'espace, l'orbite géostationnaire, à 36.000 km de l'équateur, est stratégique. C'est le seul promontoire spatial permettant à un satellite d'observer en permanence la même surface de la Terre sous le même angle. À cette altitude, en effet, un satellite tourne aussi vite que la rotation de la Terre sur elle-même. Mais sa très grande distance par rapport à la surface de notre planète restreint, pour le moment, les possibilités d'applications aux seuls satellites de télécommunications et de météorologie. À l'avenir, ces possibilités pourraient être étendues à des satellites d'observation dans l'optique.

En attendant, le seuil de saturation de cette orbite n'a pas été atteint. Le nombre de satellites en activité est cependant en constante augmentation, ce qui accroît d'autant le risque de collision accidentelle.

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