Au décollage, un lanceur Delta 4 Medium+ (4,2) qui sera utilisé ce soir pour le lancement des trois satellites de l'armée américaine. © United Launch Alliance

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Aux États-Unis, lancement ce soir de deux nouveaux satellites espions

ActualitéClassé sous :Astronautique , orbite géostationnaire , surveillance spatiale

Dans la nuit du 24 au 25 juillet, les États-Unis prévoient de lancer deux satellites qui devraient être suivis de près par de nombreuses puissances spatiales étrangères. En effet, ils appartiennent au Commandement de l'Espace de l'Armée de l'Air (AFSPC) et ont des vocations essentiellement militaires.

Dans le monde, les États-Unis sont très certainement le pays dont l'économie, la défense et un grand nombre d'activités de la vie quotidienne des citoyens dépendent le plus de leur infrastructure spatiale. Ce que savent très bien, d'ailleurs, ses ennemis. Il est loin le temps où les États-Unis et la Russie étaient les seuls en course.

Dans ce contexte de dépendance, les Américains n'ont pas d'autres choix que de protéger leur infrastructure spatiale et, comme cela a déjà été fait au sol, sur mer et dans les airs, ils souhaitent asseoir leur supériorité dans la banlieue terrestre. Il est difficile de voir clair dans cette stratégie, d'autant que la plupart des programmes sont, bien sûr, tenus secrets. Le lancement prévu ce soir est un des maillons de ce concept.

Détails du lanceur Delta 4. © United Launch Alliance

Des missions chargées de surveiller d’autres satellites

Il s'agit de deux satellites GSSAP et du nanosatellite baptisé Angels. Tous trois ont des capacités applicables à un large éventail de missions spatiales civiles et militaires. Leur lancement par un Delta 4M+ de United Launch Alliance, après un report de 24 heures, est prévu dans la nuit du 24 au 25 juillet, entre 22 h et 23 h TU, à Cap Canaveral.

Le fait que GSSAP fut tenu secret jusqu'en février, date à laquelle l'US Air Force a révélé son existence et une partie de ses objectifs, est très intéressant. Il s'agit, en effet, de satellites qui évolueront sur une orbite quasi géostationnaire à des fins de surveillance de « menaces potentielles » pour les intérêts des États-Unis dans l'espace. Ils fonctionneront en tandem avec le réseau terrestre de surveillance spatiale du United States Strategic Command. Dotés d'une certaine maniabilité, ils seront amenés à abaisser ou augmenter leur orbite afin de collecter des informations sur les satellites qui évoluent dans cette région puis à déterminer avec précision les capacités de leurs congénères étrangers.

Quant à Angels, il s'agit d'un programme qui a pour but de développer des technologies de monitoring et de surveillance des petits satellites en opération de proximité autour d'autres. Pour l'instant, il se cantonnera à évaluer des technologies pour la détection, le suivi et la caractérisation d'objets spatiaux.

Ces missions militaires ne seront pas les seules pour ces deux engins. Une partie du temps de travail de GSSAP et d'Angels sera dédié à la surveillance des satellites, civils ou autres. La démocratisation de l'espace attire un grand nombre de pays et d'entreprises privées, ce qui contribue notamment à augmenter les risques de prolifération de débris et de collision.

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