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Space X : pour la première fois, une fusée privée lance un satellite

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Un lanceur réalisé sur fonds entièrement privés, le Falcon 1 de la société SpaceX, vient de placer avec succès un satellite en orbite.

La capsule Dragon en orbite (vue d'artiste). Crédit SpaceX

Il n'avait jamais cessé d'y croire. Elon Musk, milliardaire américain, et, entre autres réalisations, fondateur de la société de paiement par Internet PayPal, ambitionnait depuis 2002 de construire la première fusée entièrement privée capable de placer un satellite en orbite et ainsi d'entrer en compétition avec les plus grands, voire de desservir la Station spatiale.

Lorsque le lanceur Falcon 1 a décollé dimanche 28 septembre à 23 h 15 TU (19 h 15 locales) du site d'essais militaires Ronald Reagan situé sur l'atoll Kwajalein, à 4.000 kilomètres au sud-ouest de Hawaï, elle laissait derrière elle les souvenirs de trois autres tentatives qui s'étaient soldées par des échecs, souvent provoqués par des problèmes mineurs. Neuf minutes plus tard, après un vol propulsé sans le moindre incident, la charge utile, une simple masse de 165 kg, s'inscrivait sur une orbite de 500 x 700 kilomètres inclinée à 9,2°.

Décollage de Falcon 1 le 28 septembre 2008. Crédit SpaceX

Un  pari gagné

Certes, personne ne s'attentait à ce que SpaceX réussisse son pari dès la première tentative, tant sont nombreuses les difficultés à surmonter pour réaliser une simple mise en orbite. Le 24 mars 2006, le lancement du premier exemplaire se terminait après 25 secondes dans une gerbe de flammes, le premier étage ayant fait explosion à la suite d'une fuite de carburant. Puis le 21 mars 2007, une instabilité du moteur du second étage, provoquée par l'endommagement de la tuyère lors de la séparation, provoquait le basculement de la fusée et sa destruction au bout de deux minutes de vol. Puis le 2 août dernier, un défaut de synchronisation entre la séparation et l'allumage du second étage provoquait une collision entre les deux éléments et la destruction du lanceur.

Séparation du premier étage. Crédit SpaceX
Eloignement du premier étage, allumage du second étage. Crédit SpaceX

Mais cette fois était la bonne. Le décollage après un compte à rebours sans incident se poursuivait d'un vol parfait, accompli sous l'œil des caméras embarquées et le regard de millions de spectateurs via le Web, et l'annonce de l'injection du satellite en orbite était saluée par un tonnerre d'applaudissements rappelant les grandes réussites de la Nasa.

Petite société, grands espoirs

Le pari un peu fou d'Elon Musk est de fiabiliser les lancements de satellites artificiels tout en réduisant le coût de l'opération d'un facteur dix. Certes, ce n'est pas la première fois que de tels propos sont tenus, mais si la jeune société SpaceX impressionne, c'est aussi par... sa modestie. Car avec une agence spatiale comportant tout au plus 550 employés et techniciens, et un lanceur dont le coût est évalué à 8 millions de dollars, une misère en comparaison de la concurrence, il faut reconnaître que ce nouvel acteur pourrait bientôt quelque peu jouer les trouble-fête dans un milieu de plus en plus concurrentiel.

Partie de coiffe du futur lanceur Falcon 9. Crédit SpaceX

D'autant que Elon Musk n'entend pas se limiter au créneau des petits satellites en orbite basse. La fusée Falcon 9, qui devrait voler dès l'année prochaine, permettra d'envoyer 12 tonnes en orbite basse et 4,64 tonnes en orbite de transfert géosynchrone, en attendant la capacité portée à 29 et 15 tonnes par la version lourde dès l'année suivante. Le délai relativement bref entre les deux modèles s'explique par l'emploi d'une technologie éprouvée, puisqu'il s'agit simplement d'accoler à une Falcon 9 de base deux corps de premier étage du même lanceur en guise d'accélérateurs.

Enfin, Falcon 9 devrait aussi emporter dès 2010 le premier exemplaire de la capsule Dragon, un véhicule orbital destiné à desservir la Station Spatiale Internationale (soutenu par la Nasa dans le cadre de son programme COTS), susceptible d'accueillir un équipage de sept astronautes.

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