Au Centre spatial Kennedy de la Nasa (à l’image), mais également sur l'île d'Hawaï, la suite d'instruments Resolve est testée sur Terre dans des conditions analogues à celles qu’elle rencontrera lorsqu’elle sera déployée sur la Lune. © D. Gerondidakis, Nasa

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La Nasa veut chercher de l'eau sur la Lune

ActualitéClassé sous :Astronautique , lune , exploration lunaire

Avec l'Agence spatiale canadienne, la Nasa projette d'expédier un rover sur la Lune en 2018 pour analyser le régolithe (qui compose le sol) et de tester l'extraction de composés, notamment de l'eau. L'expérience validerait l'idée d'exploiter sur la Lune ou sur Mars les ressources locales pour produire de quoi faire vivre les astronautes (eau et oxygène), voire de fabriquer sur place les ergols nécessaires au retour.

Près de 60 ans après le début de la conquête spatiale, l'Homme n'a toujours pas quitté sa planète. Certes, il s'est aventuré à plusieurs reprises sur la Lune (missions Apollo) et tourne en orbite autour de la Terre à bord de la Station spatiale internationale, mais aucun voyage habité vers des destinations plus lointaines. Les initiatives privées qui se mettent en place, comme celles d'Inspiration Mars ou Mars One, se trouvent confrontées à des difficultés de financement et à l'absence de technologies clés comme celles de l'utilisation des ressources in situ.

En effet, l'exploration humaine impose de produire sur place les consommables qui ne peuvent pas matériellement être transportés : l'eau, l'oxygène pour respirer, voire le carburant du retour. À l'heure actuelle, ces technologies ne sont que partiellement maîtrisées sur Terre.

Le rover Artemis sur lequel est installée la suite d'instruments américano-canadienne Resolve. Si la Nasa prévoit de l'envoyer sur la Lune en 2018, elle a également en projet d'envoyer un certain nombre de ces instruments sur Mars en 2020. © CSA, Nasa

C'est ce défi que la Nasa s'apprête à relever. En 2018, elle compte envoyer sur la Lune un rover conçu en partenariat avec l'Agence spatiale canadienne pour y tester des techniques d'utilisation de ressources in situ (ISRU). Cette mission est également ouverte à d'autres partenariats institutionnels et aussi privés. Compte tenu de l'intérêt grandissant d'un certain nombre de start-ups états-uniennes pour l'exploration et l'exploitation de la Lune, il y a fort à parier qu'un certain nombre d'entre elles y participeront avec des retombées technologiques en vue.

L’eau, aussi précieuse sur Terre que dans l’espace

L'idée est de faire atterrir un rover avec la charge utile Resolve (Regolith & Environment Science, and Oxygen & Lunar Volatile Extraction), vraisemblablement dans le cratère Cabeus près du pôle sud de la Lune. En effet, depuis l'orbite, plusieurs missions ont repéré de fortes quantités d'hydrogène dans le sol lunaire, faisant suspecter la présence d'eau, ou au moins d'hydroxyle (groupement -OH ou radical HO), en particulier dans les régions polaires, mais peut-être aussi au niveau de l'équateur.

D'autres composés d'intérêt pourraient s'y trouver (oxygène, aluminium, silicium, etc.). Avec cette mission, le projet est d'analyser le sol, notamment par forage. Des échantillons seront prélevés et chauffés jusqu'à l'émission de composés volatils. L'espoir principal est de voir apparaître de l'eau.

Un résultat positif démontrerait la validité du concept ISRU, ce qui serait un grand pas vers d'éventuelles prochaines prochaines étapes de l’exploration spatiale. Savoir produire de l'eau (dont l'hydrolyse produira de l'oxygène et de l'hydrogène), c'est l'assurance pour nos futurs explorateurs d'obtenir l'oxygène nécessaire à la respiration, l'alimentation en eau de boisson et la production d'une partie d'une propulsion cryogénique, qui combine l'hydrogène (le carburant) et l'oxygène (le comburant).

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