La sonde américaine Lunar Reconnaissance Orbiter a réalisé plusieurs centaines d'images au cours de ses passages successifs au-dessus du pôle Sud de la Lune. Le résultat final est une mosaïque révélant l'aspect tourmenté d'une région lunaire qui passionne les scientifiques.
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Même s'il ne découvre pas tous les jours un pont, un trou ou un têtard sur la LuneLune, LRO poursuit méthodiquement sa couverture photographique de notre satellite. Les Américains ne sont pas déçus par cet orbiteur qui a signé leur retour sur la Lune en 2009 après les succès de différentes missions lunaires : l'européenne Smart, la chinoise Chang'e, la japonaise Kaguya et l'indienne ChandrayaanChandrayaan.

Placé à 50 kilomètres d'altitude sur une orbiteorbite polaire qu'il parcourt en deux heures, LRO est principalement destiné à rechercher de l'eau dans les régions polaires, là où la lumièrelumière solaire n'atteint jamais le fond des cratères. L'orbiteur est équipé de trois caméras, deux à grand champ pour des images en couleurscouleurs et une à longue focale pour des images en noir et blanc en haute résolutionrésolution. Un altimètre laserlaser, un radiomètreradiomètre recherchant les zones froides, deux détecteurs d'eau (l'un mesurant le rayonnement de la raie Lyman alpha, l'autre la distribution d'hydrogènehydrogène au sol) et un doseur de rayons cosmiquesrayons cosmiques complètent son instrumentation.

Situé à 100 kilomètres du pôle Sud lunaire, le cratère <em>Cabeus </em>avait été choisi en 2009 pour y précipiter la sonde LCross. © NMSU/<em>MSFC Tortugas Observatory</em>

Situé à 100 kilomètres du pôle Sud lunaire, le cratère Cabeus avait été choisi en 2009 pour y précipiter la sonde LCross. © NMSU/MSFC Tortugas Observatory

Un mois pour photographier le pôle Sud lunaire

Il aura fallu 288 passages de la sonde LRO à raison d'un toutes les deux heures pour photographier toute la région polaire sud. Pris sur un mois, les différents clichés qui composent la mosaïque finale trahissent les changements de position de la Lune par rapport au SoleilSoleil. Un examen attentif révèle un éclairage différent des cratères, le "raccord" entre la première et la dernière série d'images étant visible à environ 90 degrés de longitudelongitude est. La mosaïque montre de nombreux cratères dont le fond est dans l'ombre depuis des centaines de millions d'années. Les scientifiques imaginent que c'est là que subsistent de grandes quantités d'eau gelée apportée par de multiples impacts cométaires.

C'est dans l'un d'eux, le cratère Cabeus, que s'est écrasée la sonde LCross. Cette dernière avait fait le voyage avec LRO, puis avait été précipitée le 9 octobre 2009 dans Cabeus. En observant le panache provoqué par l'impact du propulseurpropulseur Centaur quatre minutes avant son propre crash, la sonde LCross avait révélé la présence d'eau par l'intermédiaire de son spectromètrespectromètre. Pour Mark Robinson, chargé de la caméra de LRO, "L'ombre permanente au fond de certains cratères pourrait favoriser la présence de glace et d'autres moléculesmolécules volatiles datant des débuts du Système solaireSystème solaire, un rêve pour les astrobiologistes".

Reste que la présence d'eau, si elle enthousiasme certains chercheurs, en inquiète d'autres. Les scientifiques chinois viennent en effet de calculer que la diffusiondiffusion de la lumière solaire provoquée par les molécules d'eau pourrait fausser les observations télescopiques réalisées sur la Lune, comme pour la mission chinoise Chang'e.