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La mission ExoMars 2016 a bien du mal à décoller

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Une nouvelle fois la mission ExoMars est sur la sellette. La participation américaine à la mission de 2016 pourrait être réduite à la portion congrue, ce qui signifie qu'ExoMars 2016 se retrouve sans lanceur ! La Russie est appelée à la rescousse.

Telle qu'elle est envisagée, la mission ExoMars 2016 prévoit l'orbiteur (Trace Gas Orbiter) et le démonstrateur EDM d’entrée, de descente et d’atterrissage. © Esa-AOES Medialab

En raison de grande incertitude sur ses budgets futurs, la Nasa a indiqué à l'Agence spatiale européenne (l'Esa) qu'elle ne pouvait pas maintenir son engagement dans la mission ExoMars 2016. Une décision qui plonge l'Esa dans l'expectative, la Nasa devant fournir le lanceur Atlas 5 pour envoyer cette mission sur Mars.

Pour éviter l'abandon de la mission, l'Esa n'a guère d'autre choix que de se tourner vers la Russie. L'idée de financer une Ariane 5 pour remplacer l'Atlas 5 n'est pas à l'ordre du jour. Et de toute façon irréaliste. En Europe, la crise de la dette n'incite guère les États membres qui participent à ExoMars 2016 à augmenter leur participation à ce programme, d'ailleurs considéré comme facultatif de l'Esa.

D'où l'initiative du directeur général de l'Esa, Jean-Jacques Dordain, d'inviter Roscosmos à rejoindre la mission et à y participer activement. En jeu, la fourniture d'un lanceur Proton et quelques expériences. Une proposition qui ravit évidemment la communauté des « martiens russes » et qui représente une véritable aubaine pour Vladimir Popovkine, le directeur de Roscosmos, qui a récemment indiqué vouloir renforcer ses programmes d'exploration du Système solaire.

Le Conseil de l'Esa, qui s'est tenu la semaine dernière, a entériné cette proposition et attend maintenant la réponse russe avant le Conseil de février 2012, date à laquelle sera prise la décision définitive sur l'avenir de ce programme.

Mission ExoMars : bref rappel historique

C'est en 2002 que l'Agence spatiale européenne choisit la mission ExoMars dans le cadre de son programme Aurora. Dotée d'une foreuse, cette mission a pour objectif de détecter des traces de vie éteintes, voire actives. En 2005 son choix est entériné lors du Conseil des ministres de l'Esa. Le scénario prévoit un lancement en 2011 et une arrivée sur Mars en 2013 mais l'Esa abandonne le module orbital de 2002 qui devait stationner en orbite autour de Mars pour relayer les communications entre le rover et la Terre. En 2007, le profil de la mission est de nouveau modifié avec un lancement en 2013 par une Ariane 5. Le relais de données sera assuré par la Nasa avec l'orbiter Mars Reconnaissance Orbiter. Quant au rover (205 kg), il embarque un foret capable de pénétrer le sous-sol jusqu'à 2 m et les 16,5 kg du Pasteur Payload Package. Quant à l'atterrisseur, il est doté d'une charge utile de 30 kg (Paquet Géophysique).

Mais, en 2009, l'accord signé entre l'Esa et la Nasa concernant une exploration commune et pragmatique de la planète Mars provoque un nouveau report du lancement et une nouvelle configuration de la mission qui est scindée en deux parties. ExoMars devient la première mission commune avec deux lancements distincts, en 2016 et 2018. La mission de 2016, réalisée sous maîtrise d'œuvre de l'Esa, comprend l'orbiteur Trace Gas et un atterrisseur de 600 kilos qui doit permettre à l'Europe d'apprendre à se poser sur Mars. Quant à la mission de 2018, dirigée par la Nasa, elle prévoit de déposer sur la surface de Mars deux rovers, l'un américain et l'autre européen (ExoMars), à l'aide du même atterrisseur.

En avril 2011, une énième réduction de budget contraint la Nasa à réduire sa participation dans ExoMars 2018. Dans ce nouveau contexte, Max-C qui devait être le second robot d'ExoMars est abandonné mais... reste une priorité pour les Américains. L'idée est d'étudier le développement d'un engin Nasa-Esa qui s'appellerait ExoMars-C, « C » pour catching dont l'objectif est de collecter des échantillons, de les mettre dans un conteneur et d'attendre qu'un engin vienne le récupérer pour l'expédier sur Terre.

Ce rover sera construit autour de la même plateforme que Curiosity à la différence qu'il sera alimenté par des panneaux solaires et non pas par un générateur à isotopes (RTG), comme c'est le cas pour l'américain qui sera lancé le 25 novembre 2011.

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