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La mission ExoMars 2018 remodelée par des coupes budgétaires

ActualitéClassé sous :Astronautique , Nasa , budget de la nasa

Nouvel amaigrissement pour le projet ExoMars qui prévoyait deux lancements en 2016 et 2018. Afin de réduire le coût de la seconde mission, l'Agence spatiale européenne et la Nasa concevront un unique rover commun. L'orbiteur et l'atterrisseur de 2016, eux, sont toujours planifiés.

En raison de restrictions budgétaires, le projet ExoMars qui prévoyait deux lancements en 2016 et 2018 a été remanié. Si l'orbiteur et l'atterrisseur de 2016 ne sont pas concernés, la Nasa et l'Esa ont décidé de remplacer les deux rovers qui étaient initialement prévu en 2018 par un autre rover unique. Exit donc Max-C et ExoMars et place à un ExoMars plus grand. © Esa

David Southwood, le directeur du programme scientifique et de l'exploration robotique de l'Agence spatiale européenne (qui s'apprête à passer la main à Alvaro Giménez Cañete), confirme à Futura-Sciences qu'ExoMars 2018 reste une « mission audacieuse » malgré la nouvelle révision de son concept. Dans ce nouveau scénario, les États-Unis fourniront le lanceur Delta IV, le système d'atterrissage tandis que les Européens auront en charge la construction de l'engin. L'Esa, qui joue gros dans cette mission, a reçu l'assurance des Américains que « quoi qu'il arrive dans l'avenir, la mission sera bel et bien lancée ».

Confronté à une nouvelle donne politique, l'administration Obama doit composer avec les républicains, majoritaires à la Chambre des représentants et bien moins enclins à laisser filer les déficits que les démocrates. Au terme d'un affrontement de plusieurs semaines, un compromis a été trouvé, de sorte que le budget 2011 de l'État prévoit une réduction de 38,5 milliards de dollars et le gel jusqu'en 2018 de celui de la Nasa. Ce scénario rend impossible la participation américaine dans la mission ExoMars 2018 et sa réalisation telle qu'elle était prévue initialement avec le dépôt sur Mars, à l'aide du même atterrisseur de deux rovers, l'un américain et l'autre européen. En conséquence, la Nasa et l'Esa ont « décidé de remanier la mission ». Le nouveau plan ne prévoit plus qu'un seul rover. Il s'agit en quelque sorte de « fusionner les objectifs et les fonctions des deux rovers dans un seul engin plus grand ».

Des échantillons destinés à revenir sur Terre

Cette nouvelle monture du scénario ne « remet pas en cause les objectifs scientifiques de la mission ». À savoir, rechercher des signes de vie éteinte et présente sur Mars, étudier l'exobiologie martienne et comprendre comment l'environnement géochimique varie. Mais en prévoyant un seul rover, certes plus grand qu'ExoMars, les places vont être chères pour embarquer des instruments scientifiques des deux agences. La foreuse, pierre angulaire de la mission, est « évidemment conservée ». «  On va ajouter un mécanisme » qui aura pour fonction de conditionner des échantillons, « récupérés dans le sous-sol » et de les stocker, « sans qu'ils soient altérés par les conditions de surface ». L'idée est en effet de récupérer ces échantillons lors d'une prochaine mission (2020 ?) et les ramener sur Terre. Le fait qu'il n'y ait qu'un seul rover constitue une difficulté de plus pour intégrer ce mécanisme.

Quant à la construction de l'engin, elle sera du « ressort de l'Europe, sous la maîtrise d'œuvre de Thales Alenia Space, en charge de la première version d'ExoMars 2018 ». Alors que les Américains n'avaient pas beaucoup avancé dans la conception du Max-C, les industriels et scientifiques européens engagés dans ExoMars sont à un stade bien plus avancé, ce qui justifie leur reconduite.

Report de James Webb

Concernant l'atterrissage, la masse de l'engin interdit l'utilisation d'airbags ou de ballons comme cela a été le cas pour les missions précédentes. Pour le faire descendre en douceur, l'Esa et la Nasa font appel « au système qui sera utilisé pour la première fois lors de l'atterrissage de Curiosity en août 2012 ». La descente de l'engin sera ralentie par un bouclier thermique, des parachutes et des rétrofusées avant qu'une grue aéroportée le dépose au sol, ce qui n'a jamais été fait auparavant.

On signalera également le report de plusieurs années du lancement du télescope spatial James Webb. Initialement prévu en 2014, son lancement par une Ariane 5 est maintenant évalué à 2018. Une situation qui va contraindre l'Esa à financer le stockage des deux instruments scientifiques qu'elle s'apprêtait à livrer aux États-Unis au titre de sa participation. Quant à la commande du lanceur à Arianespace, elle va également poser problème étant donné qu'elle doit d'être passée trois ans avant le lancement. Or 2018 est donné à titre indicatif.

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