L'ESA recherche ses futurs astronautes. © hutangach, Adobe Stock
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Il y a trois fois plus de candidats pour la quatrième promotion d’astronautes de l’ESA, dont 24 % de femmes

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Le nouveau souffle de l'exploration spatiale portée par le New Space et les grands projets d'instillations de bases sur la Lune et de missions habitées à destination de Mars favorisent-ils les vocations d'astronautes ? Oui, si l'on en croit les premiers chiffres de la campagne de recrutement lancée par l'Agence spatiale européenne le 31 mars 2021. Découvrez par pays, par genre et situation de handicap, le nombre de candidats qui ont postulé. 

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[EN VIDÉO] Bientôt une base permanente sur la Lune ?  La Lune est l’astre le plus proche de la Terre. Pourtant, depuis la fin du programme Apollo, notre satellite naturel n’a plus connu de visite. Cela pourrait bientôt changer car l'Agence spatiale européenne (Esa) prépare la construction d’une base permanente à sa surface. La chaîne Euronews nous parle de ce projet ambitieux dans ce nouvel épisode de Space. 

Lors d'une conférence en ligne, l'Agence spatiale européenne a dévoilé les premiers chiffres de sa campagne de recrutement pour devenir astronaute européen. Et très bonne surprise, bien que ces chiffres ne soient pas définitifs, on compte 22.589 dossiers de candidature, dont  24 % sont des candidates.

Lors du dernier appel à candidature en 2008, le nombre de candidats qui avait fourni un certificat médical et finalisé leur formulaire de demande en ligne était de 8.413, dont seulement 15,5 % étaient des femmes. Concernant la France, en 2008, 303 Françaises avaient postulé contre 1.616 Français. Cette fois-ci, on compte 1.662 femmes et 5.475 hommes.

Le tableau de gauche détaille le nombre de candidats, par nationalité et genre, qui ont postulé pour devenir astronaute européen. Le tableau de droite, concerne les personnes en situation de handicap qui ont postulé pour devenir membre du corps de réserve des astronautes de l'ESA. © ESA

Cette nouvelle campagne de recrutement est également ouverte aux personnes en situation de handicap, en gardant à l'esprit que tous les handicaps ne sont pas éligibles pour candidater. Résultats, 257 personnes ont postulé, dont 60 femmes. On compte 17 Françaises et 50 Français.

Pour l'heure, il est seulement question d'intégrer un ou deux « parastronautes » dans le nouveau corps d'astronautes de réserve de l'ESA. L'idée de départ était d'inciter les personnes avec un handicap physique à postuler pour participer à une étude de faisabilité sur l'accès des vols spatiaux aux « parastronautes ». Concrètement, le candidat retenu (peut-être deux) ne réalisera certainement pas une mission habitée. Mais son rôle sera important car il travaillera avec l'ESA pour déterminer les adaptations nécessaires pour qu'un tel astronaute serve en tant que membre d'équipage dans une future mission habitée.

Les futurs astronautes européens seront présentés à la fin de l’année 2022

Le processus de sélection va se poursuivre et six étapes sont à franchir d'ici octobre 2022 avant que l'Agence spatiale européenne ne sélectionne ses futurs astronautes. Pour cette future promotion d'astronautes qui sera la quatrième -- après celles de 1978, 1992 et 2009 --, l'ESA a décidé de sélectionner quatre à six astronautes, mais aussi de se doter d'un corps d'astronautes européens de réserve. Ce corps sera essentiellement composé d'astronautes des « petits » États membres de l'Agence spatiale européenne qui n'auraient pas été sélectionnés pour intégrer le corps principal ou qui en souhaiteraient un deuxième.

En effet, de nombreux États membres, dont la contribution au budget de l'ESA est limitée, ont bien moins de chances de voir un de leurs astronautes réaliser un vol habité avec l'ESA par rapport aux quatre gros contributeurs que sont typiquement l'Allemagne, la France, l'Italie et le Royaume-Uni. Et pour ceux qui ont déjà eu la joie de voir un de leurs concitoyens voler dans l'espace, les chances sont encore moindres.

Pour en savoir plus

L'ESA veut voir si des personnes souffrant d'un handicap physique peuvent devenir astronaute

Article de Rémy Decourt publié le 17/02/2021

Hier, l'Agence spatiale européenne a organisé une conférence de presse virtuelle pour expliquer les enjeux de la nouvelle campagne de recrutement d'astronautes qui sera plus ouverte aux femmes et aux personnes en situation de handicap. L'ESA s'est engagée à réaliser une étude pour identifier les adaptations potentielles pour permettre à un astronaute handicapé de voler dans l'espace.

L'Agence spatiale européenne qui débutera fin mars le processus de sélection de la quatrième promotion d'astronautes européens, après celles de 1978, 1992 et 2009, devrait retenir quatre, voire six astronautes. Initialement, l'ESA souhaitait recruter seulement de deux à quatre astronautes. Mais, sous la pression d'États membres, vraisemblablement plus pour des questions de prestige que pour des opportunités supplémentaires de vols, le directeur de l'agence a été contraint d'augmenter ce quota.

Avec cette nouvelle promotion, David Parker, directeur de l'Exploration humaine et robotique à l'ESA, a déclaré « vouloir représenter toutes les parties de notre société » et que la diversité au sein de l'ESA ne doit pas « seulement tenir compte de l'origine, de l'âge, des antécédents ou du sexe de nos astronautes, mais peut-être aussi des handicaps physiques. Pour faire de ce rêve une réalité, parallèlement au recrutement des astronautes, je lance le projet de faisabilité des "parastronautes" - une innovation dont l'heure est venue ».

Les personnes de petite taille ou avec un handicap des membres inférieurs peuvent postuler

Pour l'heure, il est seulement question d'intégrer un ou deux « parastronautes » dans le nouveau corps d'astronautes de réserve de l'ESA. Comme cela a été précisé lors de la conférence, l'idée est d'inciter les personnes avec un handicap physique à postuler pour participer à une étude de faisabilité sur l'accès des vols spatiaux aux « parastronautes ».

Comme le souligne Guillaume Weerts, responsable de la gestion du centre des astronautes européens, dans une interview accordée au site Internet handicap.fr, l'ESA sélectionnera des personnes avec « un handicap d'un ou des deux membres inférieurs (amputation ou déficience congénitale), de préférence en dessous du genou, un critère technique lié à l'adaptation du matériel ou encore celles ayant une jambe plus courte que l'autre et les personnes de petite taille (de moins de 1 m 30) ».

Des aménagements possibles

Cette étude de faisabilité doit démontrer que ces personnes sont capables de rejoindre la Station spatiale internationale en sécurité et avoir la même fonction que les autres astronautes. Comme à chaque handicap correspond un certain nombre de problématiques, l'étude passera en revue les adaptations éventuellement nécessaires, soit dans les procédures, soit dans le matériel, pour s'assurer que le parastronaute travaille et exécute les tâches comme tout autre astronaute.

L'étude se focalisera également sur les vols à bord des véhicules Crew Dragon de SpaceX et Starliner de Boeing. Il est aussi question de voir si des aménagements intérieurs seront nécessaires. Ce qui préoccupe l'ESA, c'est la capacité de ces parastronautes à s'extraire seuls de leur capsule dans une situation d'urgence sans mettre en danger les autres membres de l'équipage, lors d'un abandon de lancement par exemple.

Si cette étude se solde par une note positive, il ne fait aucun doute qu'un parastronaute réalisera un vol dans l'espace, voire à bord d'un complexe orbital. Peut-être pas un de ceux sélectionnés dans le corps d'astronautes de réserve, mais plus vraisemblablement un de ceux de la cinquième promotion. À suivre...


L'Agence spatiale européenne recrute des astronautes !

Article de Rémy Decourt publié le 16/02/2021

L'Agence spatiale européenne va recruter une nouvelle promotion d'astronautes à un moment où l'ESA prépare les futures étapes de l'exploration humaine à destination de la Lune. Cette quatrième promotion dans l'histoire de l'ESA pourrait compter un astronaute avec un handicap physique et un nouveau corps de réserve devrait également être mis sur pied. Nos explications.

Le 16 février, l'Agence spatiale européenne donnera davantage de détails sur sa nouvelle campagne de recrutement d'astronautes qui débutera le 31 mars. Cette future promotion d'astronautes sera la quatrième, après celles de 1978, 1992 et 2009. L'appel à candidatures sera ouvert du 31 mars au 28 mai 2021, et l'ESA ne prendra en considération que les candidatures soumises sur le site de l’ESA Career dans les huit prochaines semaines. Le processus de sélection en six étapes commencera ensuite, et devrait s'achever en octobre 2022.

Cette future promotion pourrait compter autant d'hommes que de femmes et, souligne David Parker, directeur de l'Exploration humaine et robotique à l'ESA, « la diversité au sein de l'ESA ne doit pas seulement tenir compte de l'origine, de l'âge, des antécédents ou du sexe de nos astronautes, mais peut-être aussi des handicaps physiques ». Et, ajoute t-il, pour « faire de ce rêve une réalité, parallèlement au recrutement des astronautes, je lance le projet de faisabilité des parastronautes -- une innovation dont l'heure est venue ». Cependant, la sélection d'un astronaute avec un handicap physique n'est pas garantie. Des études de faisabilité sont en cours pour démontrer les capacités d'un tel astronaute à travailler dans l'espace en sécurité.

Un corps d'astronautes de réserve

Pour cette quatrième promotion d'astronautes, l'ESA a décidé de sélectionner quatre à six astronautes, mais aussi de se doter d'un corps d'astronautes européens de réserve. Ce corps sera essentiellement composé d'astronautes de « petits » États membres de l'Agence spatiale européenne qui n'auraient pas été sélectionnés pour intégrer le corps principal ou qui en souhaiteraient un deuxième. En effet, de nombreux États membres, dont la contribution au budget de l'ESA est limitée, ont bien moins de chances de voir un de leurs astronautes réaliser un vol habité avec l'ESA par rapport aux quatre gros contributeurs, typiquement l'Allemagne, la France, l'Italie et le Royaume-Uni. Et pour ceux qui ont déjà eu la joie de voir un de leurs concitoyens voler dans l'espace, les chances sont encore moindres.

Pour comprendre cette situation, qui peut surprendre, il faut savoir que le choix des futurs astronautes de l'ESA ne se fait pas seulement sur des critères physiques, psychologiques, médicaux et d'aptitudes professionnelles. En effet, lorsque le processus de sélection a éliminé plusieurs milliers de candidats astronautes pour n'en garder qu'une petite centaine, tous sont évidemment capables de devenir astronautes et de faire le job en orbite ! La sélection du petit groupe final d'une vingtaine d'astronautes, ne se fera pas seulement sur des critères partiaux. Un compromis politique devra être trouvé entre les États membres de l'ESA qui contribuent le plus, et les autres. Cela peut paraître étonnant car, normalement, tous les citoyens européens devraient avoir les mêmes chances de devenir membres du corps européen des astronautes, choisis sur la base de critères partiaux.

Dit autrement, le directeur de l'ESA devra donc tenir compte du niveau de contribution de chaque pays au budget de l'ESA avant de choisir ses astronautes. Un équilibre politique à trouver qui explique pourquoi cette nouvelle promotion ne devrait pas compter d'astronautes danois, suédois, néerlandais, ni de suisses. Même s'ils contribuent modestement au budget de l'ESA, ces pays ont déjà vu un de leurs astronautes intégrer le corps européen des astronautes qui, par la suite, a réalisé un vol habité. La Suisse a cependant un peu plus de chances car le seul astronaute suisse de l'ESA, Claude Nicollier, s'est retiré du service actif il y a déjà 20 ans.

Thomas Pesquet à l'entrainement pour se préparer aux sorties en scaphandre dans le cadre de sa mission Alpha. © Nasa, Robert Markowitz

Destination l'ISS et la Lune

Les astronautes de cette future promotion réaliseront des missions à destination de l'ISS et, dans un deuxième temps, dans la prochaine décennie vers la Lune et à bord du Gateway. Très certainement, l'un d'eux devrait marcher sur la Lune. Cela dit, le premier Européen à fouler son sol sera issu de la promotion de 2009, celle de Thomas Pesquet.

Quant aux membres du corps d'astronautes de réserve, ils ne recevront pas la même formation que ceux du corps principal ; ce sera une formation de base et ils n'auront aucune certitude de voler dans le cadre d'une mission ESA. 

L'intérêt de ce corps de réserve est d'entraîner des astronautes dont l'État d'origine souhaiterait réaliser un vol habité en dehors du cadre de l'Agence spatiale européenne. L'objectif est que les agences spatiales de ces pays négocient directement auprès de l'ESA un vol habité « étranger » plutôt qu'elles ne s'adressent directement auprès d'un fournisseur privé tel que SpaceX, voire la Nasa, comme cela a été le cas avec l'Italie dans le passé.


L’Esa présente ses six nouveaux astronautes

Article de Jean Etienne Decourt publié le 21/05/2009

C'est fait. L'équipe d'astronautes européens, avec cinq hommes et une femme, est au complet. Ces six personnes ont franchi toutes les étapes d'une très rude sélection...

L'Esa (Agence spatiale européenne) a présenté le 20 mai 2009 les six nouveaux astronautes qu'elle vient de recruter parmi... 8.413 candidatures.

Il s'agit de :

  • Samantha Cristoforetti (Italie),
  • Alexander Gerst (Allemagne),
  • Andreas Mogensen (Danemark),
  • Luca Parmitano (Italie),
  • Timothy Peake (Royaume-Uni),
  • Thomas Pesquet (France).
De gauche à droite : Luca Parmitano, Timothy Peake, Thomas Pesquet, Simonetta Di Pippo, Andreas Mogensen, Samantha Cristoforetti, Alexander Gerst. © Esa

Ces six heureux élus, que l'on peut désormais qualifier d'astronautes, ont été choisis à l'issue de tests psychologiques, médicaux et professionnels. Ils seront les premiers à rejoindre le corps des astronautes européens depuis 1992. Leur entraînement de base commencera bientôt à l'Esa/EAC (Cologne, Allemagne).

« Nous sommes à un tournant des activités de l'Esa dans le domaine des vols habités. L'année dernière, avec le lancement du laboratoire Columbus et du véhicule de transfert automatique Jules Verne, l'Esa est devenue un partenaire à part entière de l'ISS. Nous abordons maintenant une nouvelle phase consistant à utiliser les capacités exceptionnelles de l'ISS et à préparer l'exploration internationale de la Lune et de contrées plus lointaines », déclare le directeur général de l'Esa Jean-Jacques Dordain.

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