Le far breton, c’est une affaire de tradition qui remonte au moins au XVIIIe siècle. À cette époque, cette espèce de bouillie à base de farine de blé se cuisait dans un sac et servait d’accompagnement salé à des plats de viande. Puis la recette a quelque peu évolué pour faire du far breton une préparation sucrée. Et en Bretagne, chaque famille détient sa propre recette. Celle de Bernard Laurance qui nous est proposée ici est parue aux éditions Flammarion. Elle constitue une base à laquelle il est possible d’ajouter, selon son goût : pruneaux, pommes, rhum ou encore Grand Marnier.

Le + Santé de la recette

Les marins bretons avaient pris pour habitude d'ajouter des pruneaux -- qui ne sont autres que des prunesprunes séchées -- dans leurs fars. Car ces fruits séchés se conservent particulièrement bien et qu'ils présentent un certain nombre d'atouts nutritionnels. Outre son action en cas de constipationconstipation que tout le monde connaît, le pruneaupruneau est notamment riche en fibres, en vitaminesvitamines -- E, C ou encore A -- et en minérauxminéraux -- magnésiummagnésium, ferfer et borebore entre autres. Il est relativement peu calorique et contient des glucidesglucides qui lui confèrent un fort pouvoir rassasiant.

Notez que le pruneau est 2 à 3 fois plus antioxydantantioxydant que la prune. Un avantage qu'il acquiert au cours de son séchage. Le pruneau donc pourrait aider efficacement à prévenir les maladies cardio-vasculaires. Et la survenue de certains cancerscancers. Il aurait par ailleurs un effet bénéfique sur la densité osseusedensité osseuse des femmes, notamment. Enfin, il aurait tendance à jouer les anxiolytiquesanxiolytiques.

Pour la petite histoire, sachez que dans les années 1960, le pruneau d'Agen a été -- avec le petit pois -- le premier aliment à faire l'objet d'une campagne publicitaire à la télé avec pour slogan : « Y'a du tonus dans le pruneau ! »

Ingrédients
6 personnes


Temps de préparation10 minutes
Temps de cuisson1 heure
750 ml de lait frais entier
240 g de farine
190 g de sucre
4 oeufs
50 g de beurre salé
pruneaux ou raisins, marinés dans du rhum
pommes cuites au beurre et flambées au calvados
<p>© Amélie Roche</p>
Far breton

© Amélie Roche

Préparation de larecette


  1. Préchauffez votre four à 160 °C. Si vous souhaitez incorporer des pruneaux, vous pouvez bien sûr en mettre. Pour ma part, je préfère de loin le farnature, mais c'est une question de goût. 
  2. Vous pouvez mettre à tremper les fruits secs de votre choix dans du rhum ou bien encore du thé pendant 1 heure. 
  3. Mettez le sucresucre et les oeufs entiers dans une jatte. Mélangez-les au fouet.
  4. Ajoutez la moitié de la farine et fouettez vivement pour éviter les grumeaux.
  5. Versez un tiers environ du lait et continuez de bien mélanger. Poursuivez avec un peu de farine et un peu de lait jusqu'à épuisement. En procédant de cette façon, vous n'aurez aucun grumeau. 
  6. Mettez environ un tiers des 50 g de beurre salé dans un plat en terreterre cuite allant au four et étalez-le uniformément pour bien graisser le fond. Versez la pâte dans le plat. La hauteur du far cuit est la même que celle de la pâte versée. Il faut une épaisseur d'environ 2 cm. Vous pouvez à ce stade ajouter les fruits secs égouttés dans le plat. 
  7. Faites fondre le reste du beurre salé et versez-le délicatement à la surface de la pâte crue. 
  8. Enfournez pour environ 1 heure. Vous devez surveiller le far dans le dernier quart d'heure pour éviter qu'il ne brûle. 
  9. À la sortie du four, le far est normalement bien gonflé. Il peut d'ailleurs gonfler de manière impressionnante. Après l'avoir sorti, il va retomber totalement en laissant une belle croûtecroûte sur le bord du plat. Laissez tiédir avant de déguster. Si vous souhaitez un far à la consistance plus crémeuse sur le dessus et plus dense en dessous, le secret est de faire mousser ensemble le sucre et les oeufs avant d'ajouter la suite.
Illustration des conseils du cuisinier

Les conseils ducuisinier

Chaque cuisinière bretonne a sa propre recette familiale secrète et il existe autant de fars que de Bretons. À l'origine, le far est une recette très simple sans fruits macérés : uniquement de la pâte cuite. Ce n'est que récemment que l'on y a ajouté des pruneaux, des raisinsraisins ou encore des pommes. On peut bien sûr y mettre ce que l'on veut. On peut aussi le réaliser de l'épaisseur désirée et surtout le faire flamber au Grand Marnier à la sortie du four ! Mais sachez qu'un far traditionnel est rarement épais et fait généralement entre 1 et 2 cm de hauteur.

Je vous donne ici la recette qui me sert de base pour tous les fars que l'on peut décliner à l'envie. Avec une bonne couche finale de beurre salé fondu, il ne résiste jamais longtemps à une attaque de gourmands affamés !