On parle de traitement orthopédique conservateur par corset en ce qui concerne la scoliosescoliose. Le terme conservateur signifie que la mobilité du rachisrachis n'est pas définitivement supprimée. Certaines chirurgieschirurgies sont dites conservatrices lorsqu'elles ne modifient pas ou très peu la mobilité. On utilise également le terme d'orthèse du tronc pour désigner les corsets de scoliose.

Le traitement orthopédique par corset. © Dan Race, Fotolia
Le traitement orthopédique par corset. © Dan Race, Fotolia

Des progrès majeurs ont été réalisés dans la réalisation des corsets au cours de ces 50 dernières années.

  • Le moulage digitaldigital a progressivement remplacé le moulage plâtré traditionnel. Le moulage digital permet une meilleure correction de l'angulation en corset. L'une des techniques les plus sophistiquées la « Raster-Stéréographie » a été développée en Europe et permet un full 3D de la forme externe du tronc quasi instantané.
  • Le moulage segmentaire consiste à superposer trois moulages digitaux, chacun corrigeant une région du rachis. Le premier corrige les ceintures pelviennesceintures pelviennes et scapulaires, le second la région lombaire et le troisième la région thoracique.
Amélioration progressive d'une cyphose en corset. © Docteur Jean-Claude de Mauroy. Tous droits réservés/Reproduction interdite
Amélioration progressive d'une cyphose en corset. © Docteur Jean-Claude de Mauroy. Tous droits réservés/Reproduction interdite
  • Des progrès ont également été réalisés dans l'utilisation de plastiques de plus en plus rigides et légers tels que le polycarbonate.
  • Le nouveau corset lyonnais qui associe moulage segmentaire digitalisé et polycarbonate permet une réduction moyenne en corset de 70 % de l'angulation initiale et une amélioration du dos plat dans le plan sagittal.
  • Comme lorsque l'on prend un bébé, la prise est latérale au niveau axillaire. La détorsion s'effectue entre cette « prise axillaire » et la « prise pelvienne ». Il n'y a plus d'appui et contre-appui (système 3 points), le contact est semblable à celui d'une balle de foin recouverte d'une fine couche de plastique.
Pour un corset, comme lorsque l’on prend un bébé, la prise est latérale au niveau axillaire. © Docteur Jean-Claude de Mauroy. Tous droits réservés/Reproduction interdite
Pour un corset, comme lorsque l’on prend un bébé, la prise est latérale au niveau axillaire. © Docteur Jean-Claude de Mauroy. Tous droits réservés/Reproduction interdite

Les principes du traitement par corset

Tous les corsets à ce jour sont des systèmes trois points multiples visant à corriger la déformation dans les trois plans de l'espace.

L'évolution des corsets. © Docteur Jean-Claude de Mauroy. Tous droits réservés/Reproduction interdite
L'évolution des corsets. © Docteur Jean-Claude de Mauroy. Tous droits réservés/Reproduction interdite

Seul le nouveau corset lyonnais ARTbrace réalise une détorsion en dessous de la prise axillaire.

Le corset lyonnais ARTbrace. © Docteur Jean-Claude de Mauroy. Tous droits réservés/Reproduction interdite
Le corset lyonnais ARTbrace. © Docteur Jean-Claude de Mauroy. Tous droits réservés/Reproduction interdite

Les critères de succès d’un traitement par corset

Le succès chez l'enfant repose sur deux critères :

  • la réduction immédiate en corset ;
  • la compliance qui dépend de l'enfant et de sa famille, mais également du corset. Un corset ne sera pas porté s'il comprime trop la cage thoracique ou certaines zones du thoraxthorax, s'il est non réglable avec la croissance, si le plastique choisi favorise trop la transpiration...

Un joker est l'action dans le plan sagittal. Un corset qui augmente le dosdos plat n'est pas un bon corset.

Combien de temps le corset doit-il être porté dans la journée ?

Chaque corset a un protocoleprotocole précis qu'il faut respecter.

Habituellement, le traitement débute par un plâtreplâtre ou un port « full time » 24 h/24 (juste 10' d'ablationablation pour la douche). Ce premier temps est destiné à réajuster la longueur des ligaments (fluage) et à habituer l'enfant au corset selon le principe de la montre. La peau ne perçoit plus la pression, lorsque le port est permanent. Il est de un à quatre mois selon l'angulation de la scoliose.

La comparaison entre la radiographieradiographie initiale et la radiographie sous corset correspond à la réductibilité de la scoliose.

Ce premier temps est fondamental, car il conditionne la pratique de l'activité sportive par la suite.

Le deuxième temps est le port partiel de l'orthèse. Les premiers quatre mois sont fonction de l'angulation initiale de la scoliose, de l'âge de l'enfant, du type de corset... Il varie de 23 h/24 à un port uniquement nocturnenocturne 8 h/24. Le port nocturne est justifié par la croissance qui s'effectue essentiellement la nuit.

Par la suite, la durée de port de l'orthèse sera fonction de l'élasticité de la scoliose, c'est-à-dire la différence entre radiographie en corset et radiographie sans corset au contrôle à quatre mois. Si l'élasticité est inférieure à 9°, on diminue le temps de port de l'orthèse.

Quand peut-on enlever définitivement le corset ?

Chaque scoliose évolue de manière différente, mais habituellement, le temps minimum de port d'un corset est de 18 mois comme un appareil dentaire.

L'angulation initiale est l'élément majeur :

  • inférieure à 30°, on retire le corset à la fin de la croissance en taille (environ 15 ans chez les filles) ;
  • entre 30° et 40°, l'ablation a lieu un an après la fin de la croissance en taille ;
  • lorsque l'angulation initiale dépasse 40°, il faut prévoir un an et demi après la fin de la croissance en taille.

Le problème est celui de la résistancerésistance du corps vertébral. Cette résistance va augmenter progressivement entre 15 et 20 ans. Plus l'angulation est importante, plus le corps vertébral s'éloigne de la ligne de gravitégravité et plus les pressions sont fortes dans la concavité, ce qui explique la prolongation du port de l'orthèse.

Quand peut-on savoir que le traitement a réussi ?

Le résultat d'un traitement s'évalue deux ans après l'ablation de l'orthèse. Jusqu'à présent les objectifs sont modestes. Aux États-Unis, dans l'étude BrAIST, le critère de réussite est que la première intervention avant l'âge de 20 ans a été évitée. En Europe, outre le fait d'éviter la chirurgie, on tient compte de la stabilité angulaire à 5° près. Même si la première chirurgie a été évitée, une accentuation angulaire de plus de 5° est un mauvais résultat.