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Quand bâillons-nous le plus souvent ?

Dossier - Le plaisir de bâiller en sept questions
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Le bâillement n'est pas une simple ouverture de la bouche, mais un mouvement d'étirement musculaire. Pourquoi bâille-t-on ? Est-ce un plaisir ? un réflexe ? À quoi cela sert-il ? Pourquoi le bâillement est-il communicatif ? Les réponses sont dans ce dossier, alors restez éveillés !

  
DossiersLe plaisir de bâiller en sept questions
 

Le bâillement est associé à la somnolence, que ce soit en état de fatigue, à l'approche de l'endormissement, ou au sortir de celui-ci, au réveil. L'éveil semble le moment privilégié de l'association bâillements et étirements.

L'ennui, générateur d'une baisse de la vigilance, favorise les bâillements. © Wavebreakmedia, Shutterstock

Bâillements, fatigue et grossesse

La grossesse, la plénitude gastrique, ou le jeûne sont des circonstances où la fréquence des bâillements augmente. Le mal des transports (cinétose) débute par des crises de bâillements répétés. De même, lors de l'installation d'un malaise vaso-vagal, la sensation de malaise général s'accompagne de bâillements et de sudation.

Les activités répétitives et monotones favorisent l'apparition de bâillements répétés comme l'ont montré des études chez des travailleurs postés. Les activités alternées hebdomadairement, appelées 3 fois 8, favorisent des épisodes de somnolence précédés de salves de bâillements, par dette de sommeil et perturbations des rythmes circadiens (cortisol).

Lors de la conduite automobile, en particulier pour de grandes distances sur autoroute, la répétition des bâillements est un signal d'alarme pouvant prévenir le chauffeur du risque d'endormissement. Des conditions d'environnement comme le confinement dans un local de dimensions réduites, la chaleur excessive, sont des facteurs majorant la fréquence des bâillements causés par l'ennui. Greco et Baenninger ont établi que la fréquence des bâillements est élevée dans quatre situations de la vie quotidienne : lire, voyager dans un transport en commun, conduire, attendre.

Charlie Chaplin en plein bâillement. © DP

Fréquence du bâillement

Comme il existe de grands et de petits dormeurs, il existe des bâilleurs rares et des bâilleurs fréquents. Il n'existe pas de différence entre les sexes (à la différence des primates non humains chez qui le bâillement est testostérone-dépendant). Le bâillement apparaît aussi lors des changements d'état de vigilance chez le prématuré.

La pratique de l'échographie a montré que le fœtus bâille pendant la vie intra-utérine. La revue anglaise New Scientist du 10 avril 1999 rapporte un travail du centre de diagnostic prénatal de Signal Montain (Tennessee) où W. Blackburn et R. Roberts estiment que le bâillement, détecté dès la douzième semaine, constitue un élément essentiel au bon développement pulmonaire du fœtus. Le bien être fœtal peut aussi être évalué par l'étude du bâillement fœtal. Une augmentation de fréquence des bâillements est corrélée à une anémie fœtale et semble essayer de procurer une augmentation du retour veineux vers le cœur.

L'embryologie du système nerveux et de la face montre un parallélisme étroit entre bâillement et succion : mêmes structures neuroanatomiques, même période d'apparition fœtale. Succion et bâillements sont les deux seules activités motrices cordonnées présentes dès la vie intra-utérine et après la naissance, témoin de la maturation fonctionnelle harmonieuse du tronc cérébral...

Le bâillement et l'âge

Nous avons tous constaté que nouveau-nés et petits nourrissons bâillent très fréquemment avec constamment des étirements prolongés. L'imitation du bâillement par le bébé n'apparait qu'au cours de la deuxième année de vie. Mais l'adulte regardant bâiller un bébé est sujet à sa contagion. La fréquence des bâillements diminue avec l'avancée en âge, parallèlement à la réduction de la durée de sommeil.

Chez l'enfant, le bâillement est aussi en relation avec les rythmes scolaires et les habitudes de vie. Lors du passage de l'école maternelle - peu contraignante - à la première année de primaire - où se fait l'apprentissage de la lecture et du calcul qui nécessitent une attention soutenue et des efforts mentaux importants - la proportion d'enfants bâilleurs croit significativement. L'augmentation a lieu au début de la matinée (à 9 heures 68 % des enfants bâillent contre 53 % en maternelle) et l'après-midi (à 14 heures 68 % contre 40 %). La fréquence évolue aussi parallèlement : elle serait de 12 par minutes en maternelle, puis de 30 par minute en cours préparatoire de première année.