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Odyssée sibérienne, bientôt l'arrivée à Moscou

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Les conditions continuent à être excellentes, un vrai bonheur parce que la rivière que l'on suit depuis 700 km continue à être uniforme, plate, gelée, parfaite. Du coup, les chiens peuvent vraiment donner ce qu'ils ont de meilleur. Comme ils sont en pleine forme, ils font de très bonnes journées, on fait encore entre 100 et 120 km par 24 heures. J'ai donc récupéré la totalité de mon retard, j'avais déjà prévu de pouvoir avancer plus vite en cas de retard après la descente de l'Oural. C'est donc chose faite.

L'arrêt de 48 heures était également prévu et important... Les chiens sont dans la paille, ils bronzent au soleil, étendus de tout leur long, ça fait vraiment plaisir... Pendant 3 mois, je les ai vus roulés en boule, recouverts de givre, et les voilà profitant du soleil, l'œil joyeux et le sourire au lèvres, ça met du baume au cœur...

De belles clôtures enneigées © Sacha Romanov - Reproduction et utilisation interdites.

Nous avons de belles matinées, il fait encore -30°, -25°C ce qui nous permet d'avancer correctement à condition de partir très tôt et de s'arrêter en milieu de journée, aux heures où le soleil est au plus haut. De plus, la rivière que l'on suit est parsemée de villages et les gens prévenus de mon passage, sortent très souvent de leur maison pour m'offrir à boire, soit un petit bol de thé, soit un petit verre de vodka, une miche de pain, ou du poisson pour les chiens, ce sont vraiment de belles journées et j'espère que cela va continuer ainsi jusqu'au bout...

Une hésitation quant à la destination à suivre.... © Nicolas Vanier - Reproduction et utilisation interdites.

Les infos sont plutôt bonnes concernant la descente vers Moscou. A priori, je peux utiliser la Volga. Par endroits seulement, parce que le dégel a commencé mais d'une rive à l'autre, on va continuer à descendre sur 3 ou 400 km. Toute l'arrivée est en train de s'organiser, et ce n'est pas une mince affaire puisque les derniers 150km vont se faire dans un entrelacs de routes, de voies ferrées, de villes, pas une sinécure mais tout ça s'organise, c'est assez motivant.

Un repos bien mérité © Nicolas Vanier - Reproduction et utilisation interdites.

L'une des grosses difficultés de cette fin d'expédition, c'est cette fin de parcours en milieu du genre « urbain ». Surtout pour les chiens qui doivent rester absolument concentrés. Je dois pouvoir leur indiquer où aller, où s'arrêter, il y a beaucoup d'endroits où il faut tourner.

Quand on est sur une piste, ou sur un fleuve, les chiens sont beaucoup moins sollicités. Il n'y a qu'une trace à suivre et on la suit, de temps à autre il y a quelques ordres. Mais là ils sont dissipés par des tas de choses : c'est un chien qui aboie, ce sont des véhicules, des gens qui crient... Les chiens sont très sollicités et distraits et on peut facilement perdre le contact. Il me faut donc beaucoup parler au chien de tête, lui faire comprendre qu'on est toujours avec lui, s'arrêter souvent, aller le voir chaque fois qu'il perd le contact avec moi, chaque fois que je le sens perdre ce lien. En plus de cela, on risque tout de même beaucoup d'accidents, pratiquement à tout moment, au milieu des voitures, des trains, c'est donc un peu stressant pour nous... il va falloir rester concentré. C'est vraiment la dernière grosse difficulté. Pas facile quand on commence à ressentir un frémissement d'arrivée, on sait qu'on est plus très loin, on se déconcentre, c'est dangereux. Cette semaine, j'ai donc 80 km de prévus par jour jusqu'aux deux derniers jours où là on fera carrément 40km en agglomération et enfin, l'arrivée sur la place Rouge après 20km en pleine ville de Moscou, ça va être une journée complètement dingue...

Une petite maison relais © Nicolas Vanier - Reproduction et utilisation interdites.

Je sais qu'il y a près de 500 personnes mobilisées : la police, le ministère des situations d'urgence. Tout le monde se mobilise pour que ça se passe au mieux, et surtout pour que les chiens puissent arriver en toute sécurité jusqu'à la place Rouge. J'ai eu donc la confirmation, amenée avec beaucoup de gentillesse par son excellence l'ambassadeur de France, Jean Cadet, que nous pouvions arriver en traîneau, avec les chiens, sur la Place Rouge, chose tout à fait exceptionnelle. Un très grand honneur que nous fait la Russie de nous recevoir sur cette place prestigieuse... Je pense que cette journée sera exceptionnelle...

Moscou, nous voilà ! Spassiba Russia !

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