De nouveaux vaisseaux sanguins se forment dans notre organisme tout au long de notre vie. Ce mécanisme, qui porte le nom d'angiogenèse, est essentiel notamment en cas d'infarctus du myocarde, d'attaque cérébrale ou d'ischémie des membres. A l'inverse, ce même mécanisme permet aux tumeurs de continuer à croître en leur assurant un apport en nutriments et en oxygène.
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Des chercheurs de l'Inserm à l'Hôpital Lariboisière et à l'Institut Curie viennent de montrer le rôle clé joué par la lactadhérine dans la formation des nouveaux vaisseaux sanguins. Cette découverte offre des perspectives thérapeutiques prometteuses pour traiter les maladies cardiovasculaires, première cause de mortalité en France, ou pour bloquer le développement des tumeurstumeurs. Ces travaux sont publiés dans la revue Nature Medicine de mai 2005.

Notre organisme est le siège d'une intense circulation indispensable à son alimentation, en nutrimentsnutriments et en oxygèneoxygène, ainsi qu'à l'élimination des déchetsdéchets qui s'accumulent et peuvent devenir toxiques. Tous ces convoyages, ainsi que le transport d'une partie des messages nécessaires au bon fonctionnement de l'ensemble, passent par un "réseau routier" complexe et très étendu : la circulation sanguine.
Sous l'impulsion du coeur, le sang est transporté dans des vaisseaux à travers tout le corps. Il apporte les nutriments nécessaires aux muscles, nettoie les recoins de notre organisme, élimine le dioxyde de carbonedioxyde de carbone, apporte des messages d'un bout à l'autre de notre corps, véhicule des anticorpsanticorps... Ainsi, pour survivre, les cellules doivent être à une distance n'excédant pas 50 μm d'un vaisseau sanguin.

De nouveaux vaisseaux apparaissent régulièrement afin d'assurer un rayonnement permanent sur l'ensemble de l'organisme. Ils prennent naissance au niveau d'un capillaire sanguin déjà existant.
En revanche, des anomaliesanomalies du développement des vaisseaux à l'âge adulte sont responsables de maladies très fréquentes comme l'insuffisance cardiaqueinsuffisance cardiaque après infarctus en cas de défaut de vascularisation. Par ailleurs, le « détournement » de la formation de nouveaux vaisseaux permet, quant à lui, aux tumeurs de continuer à croître.

Un nouvel acteur de l'angiogenèse découvert

A l'Hôpital Lariboisière, l'équipe Inserm de Ziad Mallat et Jean-Sébastien Silvestre du réseau European Vascular Genomics Network dirigé par Alain Tedgui étudie les mécanismes induisant l'angiogenèseangiogenèse.
A l'Institut Curie, l'équipe Inserm de Clotilde Théry et de Sebastian Amigorena étudie le fonctionnement de petites vésicules membranaires naturelles, les exosomesexosomes.

La collaboration de ces deux équipes a permis de découvrir un nouvel acteur de l'angiogenèse : la lactadhérine.
Le facteur de croissance VEGF (vascular endothelial growth factor, facteur de croissancefacteur de croissance de l'endothélium vasculaire) est d'ores et déjà connu comme étant l'un des principaux régulateursrégulateurs de l'angiogenèse. Si on l'introduit localement dans l'organisme, il se forme de nouveaux vaisseaux sanguins.

La lactadhérine est une protéineprotéine de surface sécrétée par les cellules mammaires sur les globulesglobules lipidiques du lait, mais aussi présente sur les exosomes. Cette protéine est en outre présente en grande quantité dans certaines tumeurs.
Lorsque la lactadhérine est inactivée chez la souris, l'introduction du facteur de croissance VEGF n'entraîne plus d'angiogenèse : il n'y a plus de formation de vaisseaux sanguins en réponse à une ischémieischémie.

L'étude des chercheurs de l'Hôpital Lariboisière et de l'Institut Curie montre en outre que la lactadhérine, à elle seule, peut remplacer le VEGF pour induire l'angiogenèse.
La lactadhérine est une cible prometteuse pour de nouveaux traitements : en l'empêchant d'agir, on bloque l'angiogenèse et par conséquent le développement des tumeurs et, à l'inverse, sa stimulationstimulation pourrait favoriser l'apparition de nouveaux vaisseaux et donc la réparation de tissus endommagés par l'ischémie.