Comment le corps gère le stress ? © Rido, Adobe Stock
Santé

Comment notre organisme gère-t-il le stress ?

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Avec le grand oral du bac, beaucoup de lycéens connaîtront une période de stress aujourd'hui ! Heureusement, il est passager et notre corps sait s'adapter, mais comment fait-il ? Dans une recherche récente, des scientifiques ont identifié trois protéines qui permettent au corps de s'adapter au stress. Elles pourraient servir de cible thérapeutique pour les personnes qui souffrent d'une maladie pyschiatrique liée au stress.

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Le stress, tout le monde l'a ressenti au moins une fois dans sa vie. Les élèves qui passent un examen, un candidat avant son entretien d'embauche ou le chef de projet avant sa présentation publique. La boule dans le ventre, l'envie d'aller aux toilettes ou une certaine agitation, les symptômes du stress sont nombreux et propres à chacun. Ils sont la plupart du temps passagers, mais dans certains cas, le stress peut devenir chronique et provoquer l'apparition des troubles de l'humeur et de l'anxiété, ou un syndrome de stress post-traumatique.

Biologiquement, les réponses au stress mis en place par le cerveau sont encore peu étudiées. L'axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HHS) fait le lien entre le système nerveux et le système endocrinien, qui libère les hormones. Sa fonction première est de réguler la réponse de l'organisme au stress. À la suite d'une cascade de réactions entre l'hypothalamus, l'hypophyse et enfin les glandes surrénales, la quantité de cortisol, l'hormone du stress, augmente. Cela induit une multitude de changement dans l'organisme qui lui permet d'affronter le stress. Une dérégulation de l'axe HHS est impliquée dans certaines pathologies psychiatriques.

Un groupe composé de chercheurs américains et allemands ont décortiqué finement les réactions métaboliques qui apparaissent pendant le stress dans l'hippocampe. Cette région du cerveau y est particulièrement sensible car elle contient une grande quantité de récepteurs des glucocorticoïdes, la famille d'hormones à laquelle appartient le cortisol. Ils ont identifié trois protéines clés qui, par leur interaction entre elles, engendrent une réponse normale au stress ou une réponse altérée. Ils publient les résultats de cette recherche complexe dans Cell Reports.

Un schéma représentant la communication entre les différentes parties de l'axe hypothalamo-hypophiso-surrénale. Les MR et GR sont situés dans l'hippocampe et l'hypothalamus (PVN). Ce dernier synthétise deux hormones : la corticolibérine (CRH) et la vasopressine (AVP) qui provoque la sécrétion de l'hormone corticotrope (ACTH) activant la sécrétion de glucocorticioides, le cortisol par les glandes surrénales. © Raabe FJ et Spengler D, Wikimédia Commons, CC

Les mécanismes du stress décryptés

La réponse au stress dans l'axe HSS est le fruit d'une balance entre les récepteurs des glucocorticoïdes (GR) et les récepteurs des minéralocorticoïdes (MR). Ces deux récepteurs sont situés dans le noyau des cellules et le cortisol est capable de se lier et d'activer ces deux récepteurs. La troisième protéine qui entre dans la danse est FKBP5, agit comme un interrupteur des GR : quand la protéine est présente, elle inhibe leur activation. Lorsque le corps est en état de stress, le cortisol diminue l'expression du gène qui code pour FKBP5, donc l'activité des GR et la réponse au stress. C'est ce que l'on appelle le mécanisme de « feedback négatif ».

Mais les scientifiques ont observé chez la souris et sur des tissus humains que les minéralocorticoïdes ont aussi un effet sur FKBP5. Quand les MR sont exprimés en nombre, FKBP5 est aussi produite en grande quantité et remplit son rôle d'inhibiteur des GR. La réponse au stress est donc plus faible. Au contraire, moins de MR signifie moins de FKBP5 et donc moins d'inhibition des GR, la réponse au stress est amplifiée. 

Une piste de recherche pour des futurs traitements

Pourquoi ces observations sont-elles intéressantes ? Certaines maladies psychiatriques liées au stress sont provoquées par une dérégulation de ces mécanismes de réponse au stress. Les comprendre le plus finement possible permet aux scientifiques d'identifier de nouvelles cibles thérapeutiques dans l'espoir de traiter des maladies comme le syndrome de stress post-traumatique ou la dépression. « De plus, nos données soulignent davantage le rôle important, mais largement méconnu, de la signalisation par les MR dans les troubles psychiatriques liés au stress, explique Kerry J. Ressler, une scientifique qui a participé à cette recherche. Les résultats de cette étude ouvriront de nouvelles voies pour de futures recherches ».

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