L'alcool aggrave la maladie et accroît le risque de transmission © Minerva Studio, Adobe Stock
Santé

L'alcool, ce fléau complice de la Covid-19

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[EN VIDÉO] À quelle vitesse élimine-t-on l'alcool ?  Depuis le tube digestif, l'alcool passe très vite dans le sang, d'où il atteint rapidement le cerveau, avec les effets que l'on sait. Le corps, ensuite, va métaboliser l'éthanol pour s'en nourrir. Mais ce phénomène-là est bien plus lent... 

En temps normal, la consommation excessive d'alcool est un fléau. En temps de Covid-19, cela ne change pas. C'est même pire. Détails dans cet article. 

La Covid-19 et la consommation d'alcool agissent de concert. Les conditions dans lesquelles nous entraîne la pandémie favorisent la consommation d'alcool. Cette dernière accroît la gravité de la maladie, la susceptibilité de l'infection, la capacité de transmission et amplifie les dégâts psychosociaux qui ont déjà explosé, en partie, à cause des mesures sanitaires. Que font les gouvernements contre ce fléau, complice de la Covid-19 ? Qu'est-ce que la consommation excessive d'alcool ? Un récent rapport publié par plusieurs sociétés savantes suédoises fait le point. 

Les effets physiologiques de l'alcool en temps de pandémie

Les effets néfastes d'une consommation excessive d'alcool ne changent pas selon le contexte. Mais les conséquences de ces effets peuvent, quant à elles, varier en temps de pandémie. Dès lors, les effets de l'alcool sur l'augmentation des récepteurs ACE2 (cible favorite du virus pour s'infiltrer dans nos cellules) et des réactions immunitaires innées très inflammatoires sont fort préjudiciables. Aussi, cet excès entrave le bon fonctionnement des cellules immunitaires ainsi que la réponse effective de nos anticorps. De plus, la consommation d'alcool augmente le risque relatif de souffrir de pathologies (obésité, diabète, pathologie cardiovasculaire) qui sont bien identifiées comme étant des facteurs de risque de la Covid-19 sévère.

Cela amène à conclure, dans une perspective mécaniste et à l'aide de données épidémiologiques, que l'excès d'alcool aggraverait une infection déjà présente et augmenterait la probabilité d'être infecté. Mais ce n'est pas tout. Au niveau cognitif, en inhibant notre attention, l'alcool peut nous conduire à prendre plus de risques, par exemple en respectant moins les gestes barrières comme la distanciation sociale, oublier de se laver les mains ou encore parler plus fort et disséminer plus de gouttelettes. Enfin, il est maintenant établi que le SARS-CoV-2 a un tropisme neurologique. Par conséquent, les modifications immunitaires que l'alcool induit sur le cerveau peuvent s'avérer d'autant plus préjudiciables sur ce dernier. 

Les effets néfastes d'une consommation excessive d'alcool ne changent pas selon le contexte © stnazkul, Adobe Stock

Les conséquences psychosociales de l'alcool en temps de pandémie

Les confinements ont largement augmenté la prévalence des troubles dépressifs et des violences conjugales parallèlement à la consommation d'alcool. C'est un immense problème lorsque l'on sait que l'alcool est un déterminant majeur de ces troubles et de ces violences. On se retrouve alors coincé dans un cercle vicieux terrible pour les individus isolés et pour les victimes. Comme nous le disons également, les effets physiologiques classiques de l'alcool et les diverses pathologies aigües et chroniques qu'il entraîne, couplés aux accidents domestiques et de la route ne prennent pas de repos. Cela a la conséquence dramatique de prendre des ressources à un système médical déjà sur le fil en temps de pandémie. 

Les confinements ont largement augmenté la prévalence des troubles dépressifs et des violences conjugales parallèlement à la consommation d'alcool. © BillonPhotos, Adobe Stock

Que font les gouvernements ? 

Pas grand chose, c'est le moins que l'on puisse dire. Tout d'abord, vous avez pu constater, comme tout un chacun en France, que vous ne pouviez plus, pendant une certaine période, vous procurer des habits pour l'hiver dans les supermarchés mais toujours des bouteilles d'alcools. Ces derniers étaient sur la liste des « biens  essentiels ». Le rapport suggère que ces décisions ont, dans une certaine mesure, été influencées par le lobby alcoolier dans certains pays. 

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