Santé

Des nouveaux neurones qui traiteront un jour les maux de coeur ?

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Un groupe de neurones jusqu'alors inconnu vient d'être découvert par des chercheurs suédois. Dépendants de l'hormone thyroïdienne, ces neurones réguleraient notamment le rythme cardiaque et la tension artérielle. Et pourraient être la cible de nouveaux traitements contre les maladies cardiovasculaires...

Si ces dernières années, on a découvert des neurones sous la dépendance du système nerveux, ils n'avaient jamais été retrouvés dans l'hypothalamus, structure impliquée à de nombreux niveaux de l'organisme, comme la thermorégulation. © Jens Mittag et al.

Elle est très méconnue du grand public et joue pourtant un rôle crucial : la thyroïde, une glande située au niveau du cou, sécrète différentes hormones, impliquées à différents niveaux dans l'organisme. Les conséquences sont visibles en cas de pathologie au niveau de cet organe si la sécrétion des hormones thyroïdiennes est trop forte (hyperthyroïdie) ou, au contraire, trop faible (hypothyroïdie).

Ces deux situations antagonistes ont été associées à des troubles cardiovasculaires, preuve du rôle joué par la glande sur le cœur et ses vaisseaux. Si l'on suppose une action directe des hormones sur le système cardiaque, des scientifiques du Karolinska Institutet de Stockholm (Suède) suggèrent que la thyroïde intervient aussi de façon indirecte, par l'intermédiaire du système nerveux central.

L’hypothalamus s’est trouvé de nouveaux neurones

Personne ne soupçonnait leur existence, et pourtant, ils sont bien là. Des neurones qualifiés de parvalbuminergiques, situés dans l'hypothalamus, au milieu du cerveau, viennent de se montrer pour la première fois dans la revue Journal of Clinical Investigation. Leur particularité : être dépendants des hormones thyroïdiennes pour se développer. Tapissées de récepteurs spécifiques, ces cellules nerveuses dégénèrent si ceux-ci ne sont pas sollicités.

L'hypothyroïdie est connue pour augmenter les risques de bradycardie (cœur trop lent) quand l'hyperthyroïdie est plutôt associée à la tachycardie (cœur trop rapide). Si les hormones thyroïdiennes agissent directement sur le muscle cardiaque, elles peuvent aussi agir à travers certains neurones. © Inserm

Et ce n'est pas tout. Ces neurones ont une fonction bien particulière, intervenant dans le maintien de la fréquence cardiaque et la régulation de la pression artérielle. S'ils disparaissent complètement, le cœur risque l'emballement et les vaisseaux l'hypertension. C'est du moins ce qui ressort des tests chez la souris...

Traiter les maladies cardiovasculaires par le cerveau ?

Ainsi, cette découverte offre une nouvelle voie d'entrée au développement de nouvelles thérapies contre les maladies cardiovasculaires, comptant parmi les premières causes de mortalité dans le monde. L'ambition serait un jour de contrôler ces cellules nerveuses afin de garder la main sur le rythme cardiaque et le diamètre des vaisseaux, pour éviter que les troubles ne se déclarent.

Mais cela relève encore de l'utopie, car on ignore beaucoup de ces neurones parvalbuminergiques de l'hypothalamus. En revanche, ce genre de travail montre que les patients atteints d'une mutation au niveau du récepteur aux hormones thyroïdiennes α1 (THRα1) ont des risques accrus de troubles cardiaques et qu'ils constituent donc une population à risque. 

Autre moment sensible de la vie : la grossesse. Dans le ventre de femmes touchées par l'hypothyroïdie, les bébés à naître pourraient voir le développement de ces neurones perturbé, les amenant à présenter également une éventuelle fragilité cardiovasculaire à l'avenir. On peut espérer dans ce cas, un jour, prévenir plutôt que guérir !

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