Santé

Prendre la tension aux 2 bras pour mieux évaluer les risques sanitaires

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En se basant sur les résultats de 28 études, des chercheurs britanniques préconisent de prendre la pression artérielle aux deux bras, car une différence de 15 mm Hg entre les deux indique une augmentation de 70 % des risques de mort pour des raisons cardiovasculaires.

Les tensiomètres électroniques remplacent de plus en plus les sphygmomanomètres couplés avec les stéthoscopes. Les deux nombres qui composent la pression artérielle correspondent à la pression maximale au moment de l'expulsion du sang dans les artères (systole) et la tension minimale quand le cœur se gorge de sang (diastole). On l'exprime souvent en dizaines de mm Hg. Ainsi, une tension de 13-7 correspond à une pression systolique de 130 mm Hg et une pression diastolique de 70 mm Hg. © Julo, Wikipédia, DP

Les visites médicales pourraient être prochainement complétées par un petit test supplémentaire. Au lieu d'une seule mesure de la tension, des chercheurs britanniques de l'université d’Exeter conseillent de doubler la manipulation pour avoir les informations à chaque bras. Selon l'étude qu'ils viennent de publier dans The Lancet, une différence entre les deux mesures permet de diagnostiquer les personnes à risques de développer une maladie du cœur ou des vaisseaux sanguins.

Pour arriver à de telles conclusions, les scientifiques ont passé en revue 28 études qui comparaient les différences de tensions observées entre les deux bras avec l'apparition de certaines pathologies cardiovasculaires. Parmi elles, la sténose subclavière (un rétrécissement des artères subclavières, qui emmènent le sang du cœur vers les membres supérieurs) ou autres problèmes des vaisseaux périphériques, les pathologies vasculaires cérébrales, les maladies cardiovasculaires, en prenant aussi en compte le taux de survie. 

Par des analyses statistiques, ils ont montré qu'une différence de 10 millimètres de mercure (mm Hg) dans les pressions mesurées correspondait à des risques accrus de développer des maladies vasculaires périphériques. Lorsque cet écart monte à 15 mm Hg et au-delà, les probabilités de déclarer des problèmes vasculaires cérébraux sont plus importantes, tandis que les risques de mourir d'un défaut du système circulatoire sont augmentés de 70 %, et de 60 % pour toute autre forme de mortalité.

Le système circulatoire irrigue tout l'organisme en sang oxygéné (rouge) pour fournir aux cellules des différents organes les nutriments nécessaires à leur activité. En échange, elles fournissent les déchets qui vont être excrétés. Des tensions trop basses ou trop élevées indiquent un dysfonctionnement et fournissent des informations sur les risques de développer des troubles cardiovasculaires. © Sansculotte, Wikipédia, DP

L’utilité de la double mesure de la tension en débat

Cependant, les médecins reçoivent cette étude avec une certaine méfiance, réclamant des investigations supplémentaires car d'autres facteurs doivent également être pris en compte. Certains doutent aussi de la pertinence de quelques-unes des études ayant servi de référence aux chercheurs. 

Pour les plus dubitatifs, le problème réside dans le fait que ces travaux n'ont pas mesuré les tensions artérielles simultanément dans les deux bras. Or, cette donnée varie parfois un peu dans le temps, à cause du stress par exemple. Cela peut conduire à un biais expérimental et fausser les résultats. De plus, les généralistes ne disposent pas non plus du matériel adapté pour réaliser ces deux mesures en même temps, ce qui risque la aussi de ne fournir que des données partielles.

Malgré tout, la prise de pression artérielle n'étant ni vraiment invasive ni chronophage, il ne paraît pas insurmontable pour les médecins de doubler la manipulation. Même si l'utilité est discutée aujourd'hui, des analyses approfondies montreront peut-être sa fiabilité à l'avenir.

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