Après l'approbation par la FDA du Belysta, médicament contre le lupus, les recherches continuent pour lutter contre cette maladie auto-immune, et des chercheurs français ont obtenu 100 % d'efficacité pour un vaccin antilupus, en étude préliminaire. Un autre traitement, à base de vitamine D, a également obtenu de bons résultats. Que peut-on en espérer ?
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Les résultats prometteurs de deux traitements expérimentaux français contre le lupus, un vaccinvaccin potentiel et de la vitamine Dvitamine D à haute dose, sont présentés à la conférence annuelle de l'American College of Rheumatology réunie cette semaine à Chicago.

Le vaccin développé par la firme de biotechnologiebiotechnologie française Neovacs, vise à neutraliser une protéineprotéine appelée interféroninterféron alpha (IFNa) qui joue un rôle clé dans la régulation du système immunitaire et le lupus, une maladie auto-immune chronique touchant surtout les jeunes femmes.

Les chercheurs ont mené un essai cliniqueessai clinique avec 28 personnes souffrant d'un lupus allant de léger à modéré. Ils ont administré quatre doses de ce vaccin (IFNa-Kinoïde) à une majorité de ces participants tandis que les autres ont été traités avec un placeboplacebo.

Les résultats ont « démontré une efficacité à 100 % pour induire des anticorpsanticorps anti-interféron alpha et une réduction de la surexpression des gènesgènes liés à la production dinterféron alpha et au lupus », explique dans un communiqué Frédéric Houssiau, chef du service de rhumatologie à l'université catholique de Louvain à Bruxelles, qui a dirigé cette étude clinique. « Dans ce groupe de patients le traitement IFNa-Kinoïde a permis de neutraliser la production de l'interféron alpha sans effets secondaires notables », a-t-il ajouté.

La prochaine étape consistera à mener un essai clinique plus large pour évaluer l'efficacité du traitement, a expliqué ce médecin qui doit faire une présentation orale des résultats de cette étude mardi à la conférence de l'American College of Rheumatology (ACR).

Des injections de vitamine D pour lutter contre le lupus

L'autre traitement expérimental antilupus dont les résultats ont été présentés oralement dimanche à la conférence de l'ACR par Benjamin Terrier de l'Hôpital Pitié-Salpetrière à Paris, a consisté à une injection de vitamine D à très haute dose (100.000 unités internationales) une fois par semaine pendant quatre semaines suivie d'une injection mensuelle pendant six mois.

La vitamine D, en injection à haute dose, semble efficace pour lutter contre le lupus. © Wikipédia, DP

La vitamine D, en injection à haute dose, semble efficace pour lutter contre le lupus. © Wikipédia, DP

L'essai clinique a été mené avec 24 personnes montrant aucun ou de faibles symptômessymptômes de lupus et dont les teneurs sanguines de vitamines D étaient faibles.

« Cette étude préliminaire a donné des résultats encourageants qui semblent indiquer un rôle bénéfique des compléments de vitamine D pour les patients souffrant de lupus », a souligné le Dr Terrier, indiquant que le traitement avait été très bien toléré. « Mais, a-t-il dit, ces résultats doivent être confirmés dans des essais cliniques étendus. »

La guerre contre le lupus aura-t-elle lieu ?

Le lupus peut affecter quasiment toutes les parties du corps dont la peau, les articulations, les reinsreins, les poumonspoumons et le système nerveux en générant des anticorps qui attaquent surtout l'ADNADN des cellules.

Selon la Lupus Foundation of America, jusqu'à 1,5 million de personnes en seraient atteintes aux États-Unis et 5 millions dans le monde. La maladie, aux origines inconnues, survient généralement chez les personnes de 15 à 45 ans dont 90 % sont des femmes. Les symptômes peuvent être une fatigue extrême, des articulationsarticulations douloureuses et enflées, de la fièvrefièvre, des rougeurs, des problèmes rénaux et de l'inflammationinflammation cardiaque et pulmonaire.

L'arsenal thérapeutique reste limité. En mars dernier, l'Agence américaine des médicaments (FDAFDA) a approuvé le premier traitement en cinquante-six ans. Il s'agit du Belysta, qui cible une protéine mais différente de celle de Neovacs.

Le marché du lupus est estimé par les analystes à plusieurs milliards de dollars par an.