Anticorps monoclonal, le belimumab ou Belysta est le premier médicament antilupus approuvé par la FDA depuis cinquante-six ans ! D’une efficacité plutôt modeste, il offre tout de même aux patients un espoir de traitement contre cette maladie auto-immune pour laquelle les thérapies se font attendre.
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Rare mais très invalidant, le lupus est une maladie dont les traitements existants sont peu efficaces. Comme tous les ans depuis 2004, une journée mondiale fixée au 10 mai est consacrée à cette maladie auto-immune, l'occasion d'annoncer l'autorisation récente de mise sur le marché par la Food and Drug Administration (FDAFDA) d'une nouvelle moléculemolécule thérapeutique, le Belysta (aussi connu sous son nom générique, le belimumab).

Injecté par voie intraveineuse, le belimumab est destiné à lutter contre les effets indésirables de la maladie, sans pour autant s'attaquer à l'origine même du lupus. Les causes exactes de la maladie ne sont d'ailleurs toujours pas connues totalement, les médecins s'accordant tout de même à désigner la présence d'anticorps circulants antinucléaires (dirigés contre les constituants du noyau des cellules, dont l'ADNADN) comme l'un des éléments principaux permettant le diagnosticdiagnostic du lupus.

Lupus : maladie au masque de loup

Ainsi, chez les patients atteints, le système immunitairesystème immunitaire s'emballe et les anticorpsanticorps s'attaquent aux cellules de l'organisme, causant des symptômessymptômes variés plus ou moins invalidants. L'un d'eux est l'apparition d'une plaque rouge caractéristique sur le haut des joues et à la racine du neznez en forme d'ailes de papillon (comme un masque de loup, d'où le nom de la maladie). 

Parmi les différentes formes connues de lupus, la plus sévère est le lupus érythémateux systémique ou disséminédisséminé. Dans ce cas, c'est l'organisme entier qui est atteint, y compris les articulationsarticulations, la peau, les reinsreins, le cœur... Touchant principalement les femmes entre 15 et 40 ans, le lupus apparaît essentiellement après un événement particulier tel une grossessegrossesse, un stressstress ou une prise de médicament.

La cytokine BLyS, aussi connue sous le nom de BAFF ou de TNFLSF13B, possède une structure moléculaire complexe. © Emw, Wikimedia, CC by-sa 3.0

La cytokine BLyS, aussi connue sous le nom de BAFF ou de TNFLSF13B, possède une structure moléculaire complexe. © Emw, Wikimedia, CC by-sa 3.0 

Réduire le nombre de lymphocytes B anormaux 

Le nouveau médicament, approuvé par l'agence américaine le 9 mars 2011, est un anticorps monoclonalmonoclonal humain (une population d'anticorps strictement identiques, synthétisés in vitroin vitro par des cellules dans lesquelles le gènegène de l'anticorps a été inséré), qui reconnaît spécifiquement la cytokinecytokine BLyS (stimulateur des lymphocyteslymphocytes B) et inhibe son activité biologique.

Habituellement, cette cytokine soluble dans le sang participe à la différenciation et à la sélection des lymphocytes B, mais un taux trop élevé de cette protéineprotéine peut entraîner une mauvaise sélection des lymphocytes et la synthèse d'anticorps dirigés contre le soi. Le belimumab devait donc permettre de réduire le nombre de lymphocytes B anormaux, qui est élevé chez les patients atteints de lupus.

Des essais cliniques mitigés

Ajoutée aux traitements classiques (corticostéroïdescorticostéroïdes, immunosuppresseurs, antipaludéens et anti-inflammatoiresanti-inflammatoires non stéroïdiens), l'administration de belimumab a été testée au cours de deux essais cliniques rassemblant 1.684 volontaires. Selon les résultats obtenus, les patients ayant reçu l'anticorps ont vu leurs symptômes diminuer par rapport à ceux ayant reçu le placeboplacebo, et ont ainsi pu diminuer les doses des autres traitements, qui sont à l'origine d'effets secondaires gênants voire dangereux.

Malheureusement, le traitement est loin d'être miraculeux puisqu'un nombre limité de patients a obtenu un effet positif. De plus, les catégories de populations les plus touchées, pour le nombre et la sévérité de la maladie (les Afro-Américains), ne bénéficient pas des effets positifs de la molécule. Davantage de décès et d'infections sévères auraient aussi été constatés parmi les personnes ayant reçu le belimumab comparativement au placebo.

Malgré ces échecs, des espoirs sont suscités chez les patients en manque de traitement, le belimumab étant le premier médicament (depuis cinquante-six ans) contre le lupus dont la mise sur le marché est autorisée par la FDA. Avant lui, l'aspirineaspirine avait été autorisée dans le traitement de la maladie en 1948 et l'hydroxychloroquine et les corticostéroïdes en 1955.