Le risque de Parkinson augmente avec l’âge. © Chinnapong, Fotolia
Santé

La maladie de Parkinson pourrait apparaître avant la naissance

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[EN VIDÉO] La maladie de Parkinson  La maladie de Parkinson est la seconde maladie neurodégénérative la plus répandue, derrière la maladie d'Alzheimer. 

La maladie de Parkinson est une maladie neurodégénérative qui touche essentiellement les personnes âgées de plus de 70 ans. Néanmoins, certains patients la contractent plus jeunes. Des recherches américaines suggèrent que l'altération des neurones, pour la forme précoce, commencerait à un stade embryonnaire, bien avant la naissance.

En France, plus d'un million de personnes sont touchées par la maladie de Parkinson. Le nombre de cas a plus que doublé entre 1990 et 2015 en accord avec la courbe du vieillissement général de la population. Pourtant, il existe une forme précoce de cette maladie neurodégénérative qui touche les moins de 65 ans et qui représente 17 % des cas.

La maladie de Parkinson est une affection chronique à évolution lente caractérisée par des troubles moteurs (tremblements, rigidité musculaire, etc). Chez ces patients, les neurones fabriquant la dopamine -- un neurotransmetteur qui aide à la coordination des mouvements --, sont défectueux ou meurent précocement.

Une étude, menée par l'hôpital Cedar Sinaï de Los Angeles et parue dans Nature Medecine, suggère que les personnes qui contractent la maladie avant 50 ans auraient une altération des neurones très précoce jusqu'alors inconnue. Grâce à une technique de biologie cellulaire, les chercheurs ont remonté le temps jusqu'à la formation des premiers neurones dans l'embryon.

Deux anomalies neuronales identifiées dans la forme précoce de la maladie de Parkinson

Les scientifiques ont induit des cellules souches pluripotentes (appelées iPSC) à partir de cellules sanguines des patients atteints d'une maladie de Parkinson précoce. Ils ont dédifférencié ces cellules pour les faire retourner à leur stade de cellules souches embryonnaires.

Ainsi, ces cellules issues du patient peuvent reformer n'importe quel type cellulaire, tout en ayant le même patrimoine génétique. Dans le cas présent, les scientifiques ont produit des neurones producteurs de dopamine et ont observé leur évolution. « Notre technique nous a ouvert une fenêtre sur le passé pour voir comment les neurones à dopamine fonctionnaient au tout début de la vie du patient » explique le docteur Clive Svendsen, responsable de l'étude.

Cela a conduit à l'identification de deux anomalies chez les patients atteints de la forme précoce de la maladie de Parkinson. La première est l'accumulation d'une protéine, l'alpha-synucléine (ou corps de Lewy), typique de cette maladie. La deuxième est une mauvaise fonction des lysosomes, des structures cellulaires « poubelles » qui contiennent les déchets cellulaires. Ces deux anomalies combinées altèrent les neurones et augmentent leur mortalité. Pour le moment, elles n'ont été qu'observées dans une culture cellulaire in vitro, et non dans un embryon naturel.

« Il apparaît que les neurones à dopamine de ces patients ne gèrent pas correctement les dépôts d'alpha-synucléine sur une période de 20 à 30 ans, causant l'apparition des symptômes de la maladie de Parkinson », souligne Clive Svendsen.

Illustration d'un neurone où les corps de Lewy sont représentés par les sphères rouges. Les corps de Lewy sont des amas protéiques d'alpha-synucléine toxiques pour les neurones. © Kateryna_Kon, Adobe Stock

Une nouvelle cible thérapeutique pour traiter les formes précoces de la maladie de Parkinson

Avec la détection de ces dysfonctionnements, s'ouvre un nouveau champ des possibles thérapeutiques. Existe-il une molécule pharmaceutique capable de contrôler les quantités intracellulaires d'alpha-synucléine ? Les scientifiques de l'hôpital de Cedar-Sinaï ont testé en modèle murin plusieurs molécules.

L'une d'entre elle, PEP005, diminue les taux d'alpha-synucléine dans les neurones. Déjà approuvée par la FDA (Food and Drug Agency) pour ses effets anti-cancéreux, elle pourrait alors avoir une nouvelle vie comme traitement contre les formes précoces de la maladie de Parkinson. Cependant, un travail de formulation est à faire, pour le moment la molécule PEP005 n'est disponible que sous forme de gel.

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