© Jean-Philippe Ksiazek, AFP

Santé

Coronavirus : la France se prépare à passer au stade 3 épidémique

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[EN VIDÉO] Pandémie de SARS-COV-2 : faut-il s’inquiéter ?  Des mesures sanitaires sont prises par tous les gouvernements européens pour limiter la propagation du virus. Faut-il s’inquiéter de la pandémie en cours ? 

La contagion par le Covid-19, loin d'être une « gripette », continue de se répandre et le stade 3 est en vue. Le pays se prépare à l'accélération de l'épidémie avec l'appel à la réserve sanitaire, l'interdiction des rassemblements de plus de 1.000 personnes et ce, jusqu'au 15 avril. En attendant, les autorités maintiennent les prochaines élections municipales.

L'exécutif prépare les esprits à une accélération de l'épidémie du nouveau coronavirus, excluant pour l'instant des mesures de confinement aussi drastiques qu'en Italie, et tente de trouver une réponse au sévère ralentissement économique. « Nous prenons des mesures adaptées. Aujourd'hui, il n'y a pas lieu de prendre des décisions de cette nature [mais] si, demain ou après-demain, il y avait lieu de le faire, nous l'expliquerions et peut être les prendrions-nous », a déclaré Emmanuel Macron, en réponse à une question sur les mesures adoptées en Italie.

Pour le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, « le passage au stade 3 devrait arriver dans les prochains jours », pouvant accentuer localement certaines contraintes face au coronavirus. La contagion, qui touche désormais le gouvernement avec un ministre contaminé, approche du stade 3 épidémique.

Le dernier bilan officiel, mardi soir, faisait état en France de 33 décès (contre 25 lundi) sur les 1.784 cas confirmés. 86 malades sont en réanimation. Toutes les personnes décédées sont des adultes et pour 23 d'entre elles étaient âgées de plus de 75 ans.

© Guillaume Souvant, AFP

Médecins, infirmiers, étudiants, conviés à rejoindre la réserve sanitaire 

« Nous sommes au tout début de cette épidémie », a estimé Emmanuel Macron alors que la plus forte augmentation de cas confirmés -- 372 en 24 heures -- a été rapportée mardi soir. « Nous vivons une crise exceptionnelle », a-t-il insisté.

Si « 80 à 85 % des formes restent bénignes, a rappelé Jérôme Salmon, il reste de nombreuses incertitudes scientifiques sur ce virus », contrairement à celui de « la grippe qu'on connait depuis 100 ans » et qui fait 10.000 morts chaque année en moyenne dans le pays. « Ce n'est pas une grippette, il peut donner des formes graves sur des personnes pas si âgées que ça », a prévenu M. Salomon.

Face à la progression du virus, les autorités font appel aux volontaires de la réserve sanitaire, pour renforcer les personnels de santé, « y compris des étudiants en médecine ». Par un communiqué de leurs Ordres respectifs, médecins et infirmiers sont également conviés à rejoindre la réserve sanitaire pour lutter contre l'épidémie. Sont concernés les professionnels en retraite depuis moins de cinq ans ou disponibles suite à une cessation d'activité.

Ce n'est pas une grippette, ce virus peut donner des formes graves sur des personnes pas si âgées que ça

Progressivement, le virus se rapproche du sommet de l'État avec un ministre contaminé (Franck Riester, ministre de la Culture) et confiné chez lui. Un test mené sur sa collègue de la justice, Nicole Belloubet, s'est en revanche révélé négatif. L'Élysée a d'ailleurs nettement renforcé les mesures de protection autour du Président et de ses collaborateurs, en limitant visites et réunions.

Environ 1.000 tests de dépistage du coronavirus sont pratiqués chaque jour, a précisé le ministère de la Santé. Pour augmenter les capacités, le gouvernement a autorisé par arrêté, dimanche, les laboratoires de ville à faire des tests. Le syndicat des biologistes a d'ailleurs réclamé des « masques de protection FFP2, mais aussi des masques chirurgicaux indispensables pour prendre en charge les patients à risque » et qui font défaut aux établissements. 

Que des annulations et pas un chat, ici, à La Balme en Haute-Savoie, l'un des premiers foyers de contamination en France. © Philippe Desmazes, AFP

Un quotidien au ralenti et l'économie en alerte

Pour freiner au maximum la propagation du virus, outre la fermeture des écoles dans les régions les plus touchées depuis lundi, et pendant deux semaines, tous les rassemblements de plus de 1.000 personnes sont interdits en France jusqu'au 15 avril, en plein air comme en milieu clos.

À l'image du match de Ligue des champions PSG-Dortmund, qui sera disputé sans public mercredi soir, quelque 450 manifestations sportives de niveau national -- y compris les matches de Ligue 1 et 2 et ceux de l'équipe de France -- et près de 2 millions de spectateurs seront concernés par des mesures de restrictions, selon la ministre des Sports Roxana Maracineanu. Les 24 Heures du Mans motos, prévues en avril, ont été reportées à septembre. Le festival de Cannes reste « raisonnablement optimiste », mais n'exclut pas une annulation de sa 73e édition (12-23 mai), selon des propos de son président, Pierre Lescure, accordés au Figaro.

Ne pas bouder les isoloirs, « pas plus dangereux » que le supermarché

À l'approche des municipales, dont le 1er tour a lieu dimanche, et que le gouvernement exclut de reporter, plusieurs personnalités exhortent les Français à ne pas bouder les isoloirs, « pas plus dangereux » que le supermarché, fait valoir le ministre de la Santé.

Sur le plan économique, de nombreux secteurs sont frappés de plein fouet par les conséquences de l'épidémie, notamment dans les localités touchées par le virus, comme à La Balme en Haute-Savoie, l'un des premiers foyers de contamination en France. « On n'a que des annulations. Il n'y a pas un chat », soupire la gérante d'un hôtel qui a mis son personnel au chômage technique. Un boucher confie avoir  perdu « 40 % de chiffre d'affaires sur une semaine », une coiffeuse, 60 %.

Dans le secteur des loisirs, le Quai d'Orsay a ajouté les croisières aux déplacements à l'étranger qu'il est « préférable de différer » en raison du nouveau coronavirus.

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