Pour les chercheurs, la nature constitue une belle source d’inspiration. Et ce ne sont pas les chercheurs de l’université de Wuhan (Chine) qui diront le contraire. Ils viennent de débusquer dans l’encre de seiche, des nanoparticules qui semblent efficaces à lutter contre le cancer.

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Pour tromper leurs prédateurs, certains céphalopodescéphalopodes sécrètent un liquideliquide connu sous le nom d'encre de seiche. Et des chercheurs de l'université de Wuhan (Chine) viennent de découvrir que cette encre contient des nanoparticulesnanoparticules aux pouvoirs étonnants. Composées notamment de mélaninemélanine, d'acides aminésacides aminés, de sucressucres simples et de métauxmétaux, celles-ci se sont en effet montrées en mesure d'inhiber la croissance des tumeurs cancéreuses chez la souris.

Ces nanoparticules ont une bonne biocompatibilité

« Ces nanoparticules présentent une bonne biocompatibilité et pourraient s'inscrire dans le cadre d'un traitement par immunothérapieimmunothérapie tumorale et d'une thérapiethérapie photothermique simultanée », explique Xian-Zheng Zhang, chimiste à l'université de Wuhan.

Rappelons que l'immunothérapie tumorale consiste à lutter contre le cancercancer en stimulant le système immunitaire. La thérapie photothermique cherche quant à elle à détruire localement les cellules cancéreuses en les brûlant. Mais les nanoparticules synthétiques développées pour l'heure à cet usage par les chercheurs sont coûteuses et délicates à produire.

Les nanoparticules contenues dans l’encre de seiche sont sphériques et mesurent environ 100 nanomètres de diamètre. Sur cette image, la comparaison entre les tailles des tumeurs après 16 jours de traitement aux nanoparticules de seiche (CINPs) ou aux nanoparticules de seiche doublées d’irradiations (CINPs+laser). © Deng et al., American Chemical Society
Les nanoparticules contenues dans l’encre de seiche sont sphériques et mesurent environ 100 nanomètres de diamètre. Sur cette image, la comparaison entre les tailles des tumeurs après 16 jours de traitement aux nanoparticules de seiche (CINPs) ou aux nanoparticules de seiche doublées d’irradiations (CINPs+laser). © Deng et al., American Chemical Society

Un traitement efficace sur les souris

Mais les chercheurs de l'université de Wuhan ont découvert que les nanoparticules d’encre de seiche sont capables de reprogrammer les macrophagesmacrophages - des leucocytes ou globules blancsglobules blancs présents dans certaines tumeurstumeurs - d'un type M2, immunosuppresseur, à un type M1M1, antitumoral. Dans des expériences in vitro, ils ont irradié ces nanoparticules dans le proche infrarougeinfrarouge et ont ainsi éliminé 90 % des cellules cancéreuses. Probablement grâce à leur forte teneur en mélanine.

Des tests sur des souris atteintes de tumeurs se sont révélés efficaces même sans irradiation. Toutefois, les souris traitées à la fois aux nanoparticules et à l'irradiation ont présenté une inhibitioninhibition presque complète de la croissance tumorale.

Les chercheurs ont pu identifier près de 200 gènesgènes impliqués dans les fonctions immunitaires et associés à la régulation de la réponse inflammatoire et à la destruction cellulaire qui sont régulés par le traitement évoqué. Et il s'avère que celui-ci déclenche non seulement la phagocytosephagocytose des cellules tumorales, mais encourage aussi le système immunitairesystème immunitaire à produire différents facteurs antitumoraux importants pour l'inhibition de la croissance tumorale.